Brest

Énergie

SDMO-Kohler bouleverse sa stratégie

Par Isabelle Jaffré, le 02 mars 2017

Le spécialiste brestois de groupes électrogènes SDMO a enfin apposé le nom de sa maison mère à son nom. Un changement qui survient alors que le groupe amorce un virage stratégique, passant d'assembleur à fabricant.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Douze ans après sa cession par le groupe Meunier à l'américain Kohler, SDMO change de nom et de logo pour intégrer le nom de sa maison mère. Un changement qui n'est pas qu'esthétique car le fabricant de groupes électrogènes vient d'amorcer un changement de stratégie majeur dans son secteur. Le groupe a en effet lancé fin 2016, une nouvelle gamme, KD Series, de groupes électrogènes diesel de grandes puissances, de 800 kilovoltampère (kVA), pour de grands supermarchés ou des cliniques par exemple, à 4.200 kVA, qui peuvent servir à de grands hôpitaux.

Partenariat avec Liehberr

Le changement se trouve dans la fabrication des moteurs. « C'est un codéveloppement avec l'Allemand Liebherr, qui fabriquera en exclusivité les moteurs diesels sous la marque Kohler de ces groupes électrogènes, explique Hervé Prigent, le directeur général de SDMO Industries. C'est un important changement de stratégie pour nous, mais aussi une sorte de « big bang » pour notre secteur. On bascule d'assembleur à fabricant avec une solution intégrée en s'appuyant sur un partenariat fort avec Liehberr. Désormais, nous contrôlons la conception et la production de A à Z, ce qui va permettre aussi de mieux contrôler la qualité, les certifications, etc. »

Un changement qui prépare le futur des groupes électrogènes avec l'arrivée des smartsgrids, où réseau de distribution d'énergie intelligent. Au total, cela représente 500 millions d'euros d'investissement pour le groupe Kohler et ses partenaires. Le changement de stratégie ne concerne pas Brest directement. « On ne va pas se mettre à fabriquer des moteurs ici », indique le DG. Il devrait néanmoins y avoir une activité plus importante liée au service et aux pièces de rechanges.

Nouveau siège

Ce qui ne veut pas dire que SDMO soit laissé de côté, bien au contraire. Quatre millions d'euros viennent d'être investis pour un nouveau siège. L'historique, situé rue de la Villeneuve à Brest, était devenu trop enclavé dans la ville. L'ancien siège conserve son lieu de stockage, en attendant que l'entreprise prenne une décision sur l'avenir de ce site. « Dans les années 70, il n'y avait rien autour », rappelle Hervé Prigent.

En février, 130 salariés des services finances, comptabilité, les commerciaux France et export et la direction générale principalement, ont donc rejoint l'ancien bâtiment de Veolia, zone de Kergaradec, laissé libre depuis la mise en place de la régie eau à Brest. « Cela tombait bien pour nous, car ce bâtiment est pratiquement collé à notre usine, il n'y a même pas de route entre les deux ». L'investissement a servi à une refonte totale des lieux. La société brestoise ICC était maître d'ouvrage. « Un autre avantage est que les clients ou fournisseurs qui nous rendaient visite ne pourront plus se tromper, sourit le dirigeant. Cela arrivait parfois ».

3 millions d'euros d'investissement en 2017

Juste à côté, a également été transféré le service après-vente des appareils portatifs et SDMO s'est équipé d'un « meeting center », une salle de visioconférence équipé d'outils modernes. En 2017, d'autres investissements sont déjà prévus, concernant cette fois le process industriel. « Nous prévoyons environ 3 millions d'euros pour de nouvelles lignes de montage ». SDMO va également, dans les années à venir, investir pour modifier son système de dessin pour intégrer des vues éclatées voire, à terme de la réalité augmentée. « Nous allons aussi changer notre ERP, (progiciel de gestion intégrée) pour nous aligner sur celui de Kohler. Cela fait partie du changement de stratégie sur l'organisation de notre production », note le DG. Autre projet, dès 2017, l'ouverture d'une filiale à Moscou, où SDMO avaient déjà des bureaux. « La filiale nous permettra de facturation en roubles », explique Hervé Prigent.

La Russie a été, pendant un temps, le deuxième pays de ventes de SDMO (derrière la France). Sur fond d'embargo et de crise économique russe, « nous avons connu une baisse de 70 % de nos ventes, mais c'est en train de repartir ». Après une année 2015, où l'Afrique du Sud était au deuxième rang des ventes, c'est le Royaume-Uni qui s'est adjugé cette place en 2016. D'où une surveillance accrue des événements politiques récents comme le Brexit. « La livre sterling a plongé, or cette devise représente 10 % de nos affaires, contre 60 % pour l'euro et 30 % pour le dollar. Ce n'est pas neutre », confie le DG. L'entreprise réalise 80 % de ses ventes à l'export en étant présente sur les marchés européens, africains, du Moyen-Orient et d'Amérique Latine tandis que Kohler se charge de l'Amérique du Nord et de l'Asie. Une répartition qui ne devrait pas changer, même si SDMO commercialise désormais ses groupes électrogènes sous la marque SDMO-Kohler.

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