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Energie

Pourquoi Imeon Energy pose un pied en Australie

Par Pierre Gicquel, le 31 janvier 2018

En cinq ans, la jeune entreprise brestoise Imeon Energy a réussi à commercialiser ses onduleurs intelligents pour l'énergie photovoltaïque dans plus de 70 pays. Témoignage de son fondateur, Christophe Goasguen.

Photo : Matthieu Le Gall

La société fondée en 2013 par Christophe Goasguen continue son ascension dans le marché de l’énergie photovoltaïque en autoconsommation. Grâce à son onduleur smart grid, une innovation made in Brest qui utilise simultanément plusieurs sources d’énergie (photovoltaïque, batteries, réseau public), Imeon Energy pallie à la fluctuation de la production solaire. « Notre système de gestion intelligente du flux et du stockage de l’énergie, permet de diviser entre deux et quatre fois le nombre de cycles de recharge des batteries, et donc de multiplier autant de fois leur durée de vie, assure le jeune dirigeant. Le boîtier Imeon assure une alimentation constante en énergie, à un prix compétitif à celui du réseau, autour de 15 à 17 centimes du kWh, et permet de produire 30% d’énergie en plus que nos concurrents. »

Photo : Imeon Energy

Un carton en Australie

Le concept a convaincu hors de nos frontières, puisque l’entreprise brestoise réalise 90% de son activité à l’international, dans plus de 70 pays : « Nous avons vendu environ 5 000 pièces sur l’année 2017, avec un dernier mois à 400 pièces… Cela augmente plus vite que ce qu’on espérait. On a donc augmenté nos capacités de production, dont une partie est faite en Chine. Mais la conception reste à Brest» ajoute Christophe Goasguen. Cependant, pour assurer une veille technique de proximité, le service center brestois couvrant l’Europe ne suffisait pas. Imeon a donc ouvert un second service center fin 2016 à Port Elisabeth (Afrique du Sud), suivi d’un troisième à Melbourne (Australie) fin 2017, pour faire face à une demande exponentielle: «Nous avons besoin de réactivité sur place, avec un stock de pièces de rechange et d’un vrai support technique. Nous sommes arrivés là-bas il y a à peine un an, avec une technologie qui regroupe tout, sur un marché très dynamique mais sans leader. De plus, l’État y est très actif pour le solaire, avec beaucoup de systèmes ouverts. Ce que la France fait aujourd’hui, ils l’ont fait il y a dix ans. »

«En France, ça commence à bouger»

Ce retard de la France, qui représente seulement 10% de son activité, pourrait bientôt être rattrapé selon lui: « En France, c’était mollasson mais là, ça commence à bouger. L’État veut pousser à produire sa propre énergie et le sujet de l’autoconsommatioin devient intéressant. Le prix du kWh est passé en peu de temps de 12 centimes du kWh, à 15 centimes ». Imeon espère ainsi devenir compétitif dans deux ou trois ans.

Une levée de fonds en 2018

Si Christophe Goasguen préfère rester discret sur le chiffre d’affaires de son entreprise, il n’hésite pas à mentionner l’obtention du Pass French Tech « qui certifie notre hypercroissance. » Pour accompagner ce développement fulgurant, il annonce une seconde levée de fonds, « à mon avis dans l’année 2018 ». Ce qui ferait suite à un premeir tour de table effectué au printemps 2016, et qui avait apporté 1,6 millions d'euros à l’entreprise. « Il faut financer la R&D, continuer à améliorer notre monitoring mais aussi payer des certifications à l’export qui coûtent près d’un demi-million d’euros quasiment dans chaque pays ». En attendant, l’entreprise se dit à l’écoute du marché : « S’adapter et innover très vite, c’est notre atout par rapport aux grosse entreprises allemandes. Ce qui nous donne deux ans d’avance au niveau technologique ».

Photo : Matthieu Le Gall