Brest

Numérique

OSO AI lève 4 millions d'euros grâce à son "oreille augmentée pour soignants"

Par Jean-Marc Le Droff, le 14 octobre 2020

Deux ans seulement après sa création, la start-up brestoise OSO AI vient de boucler un tour de table de 4 millions d'euros. De quoi lancer la commercialisation de sa solution d'analyse de sons visant à faciliter le travail des soignants du secteur médico-social.

OlivIer Menut a fondé OSO AI en novembre 2018 à Brest, avec trois autres associés parmi lesquels figure le chercheur finistérien Claude Berrou.
OlivIer Menut a fondé OSO AI en novembre 2018 à Brest, avec trois autres associés parmi lesquels figure le chercheur finistérien Claude Berrou. — Photo : © OSO AI

Chutes, vomissements, apnée du sommeil, appels de détresse… À l’aide d’un simple boîtier placé dans la chambre du patient, l’application développée par OSO AI analyse la situation et prévient à la moindre alerte les personnels soignants sur leurs smartphones. « C’est une sorte d’oreille augmentée qui leur permet de gagner du temps pour intervenir », résume Olivier Menut, le président et l’un des quatre fondateurs de la start-up brestoise OSO AI. Une solution qui repose sur des algorithmes d’intelligence artificielle, qui permettent de comprendre les sons avec une richesse et une subtilité d’analyse jusqu’à présent inégalées. Cette "oreille augmentée" est le résultat de travaux menés par Claude Berrou, professeur à IMT Atlantique et également fondateur de l’entreprise. Un nom loin d’être inconnu dans le milieu des télécommunications. Membre de l’académie des sciences, il est notamment à l’origine des turbo codes, une avancée majeure dans le domaine des communications numériques.

L’analyse des sons, parent pauvre de l’IA

« De nombreuses applications visuelles de l’intelligence artificielle ont déjà été mises sur le marché comme la reconnaissance faciale, l’analyse de scène, etc. Mais les techniques développées autour de l’apprentissage machine de l’environnement sonore restent encore relativement confidentielles. Pourtant, dans de nombreuses situations, le son apporte autant, sinon plus d’information que l’image », poursuit Olivier Menut. « En créant OSO AI, notre objectif a été en premier lieu de mettre cette technologie au service des publics fragiles accueillis en Ehpad, en établissements de santé ou encore hospitalisés à domicile ». De quoi séduire les investisseurs. Après une phase de tests menée auprès de quatre grands groupes d’Ehpad, OSO AI vient de lever 4 millions d’euros auprès de trois partenaires principaux : Innovacom, Novinvest Partners et Breizh Up, le fonds d’investissement de la région Bretagne.

Commercialisation d’ici la fin de l’année

« Cette levée de fonds va notamment nous permettre de lancer la commercialisation de notre solution d’ici la fin de l’année, et d’étoffer notre équipe d’une dizaine de collaborateurs supplémentaires pour atteindre une vingtaine de salariés d’ici six mois », détaille Olivier Menut. Pour continuer à se développer, OSO AI a par ailleurs noué un partenariat avec un grand groupe hospitalier. « Nous travaillons actuellement sur d’autres applications, et le développement à l’international fait bien entendu partie de nos axes prioritaires », ajoute-t-il. En pleine pandémie, les solutions d’OSO AI pourraient bien trouver un écho supplémentaire : « Nous proposons notamment des fonctionnalités de suivi de la toux, qui pourraient avoir un intérêt dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 », confie le président.

OlivIer Menut a fondé OSO AI en novembre 2018 à Brest, avec trois autres associés parmi lesquels figure le chercheur finistérien Claude Berrou.
OlivIer Menut a fondé OSO AI en novembre 2018 à Brest, avec trois autres associés parmi lesquels figure le chercheur finistérien Claude Berrou. — Photo : © OSO AI

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