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La start-up brestoise de location d’avions électriques Green Aerolease prépare son envol

Par Isabelle Jaffré, le 26 septembre 2022

Avec 40 avions électriques biplaces déployés d’ici la fin de l’année et 120 prévus d’ici trois ans, le loueur d’avions électriques brestois Green Aerolease a amorcé son développement. Son fondateur Charles Cabillic compte aussi sur les progrès des avionneurs pour augmenter les capacités et l’autonomie des appareils que la société proposera.

Avion électrique de Green Aerolease en vol.
Avion électrique de Green Aerolease en vol. — Photo : Green Aerolease

Passionné d’aviation et serial entrepreneur, le Brestois Charles Cabillic (Groupe W3, Epopée Gestion, Finist’Air, Openfly, etc.) a créé Green Aerolease début 2021. La nouvelle société, basée à Guipavas, près de l’aéroport de Brest, est un loueur d’avions un peu particuliers puisque ses engins sont tous électriques.

Pour l’instant, l’entreprise ne propose à la location qu’un avion léger biplace monomoteur, le Velis Electro du constructeur Slovène Pipistrel, premier avion électrique au monde à recevoir une certification de l’Agence européenne de la sécurité aérienne.

Progrès rapide sur l’autonomie

Ce petit avion est donc principalement dédié à la formation des pilotes, amateurs comme professionnels. "Nos clients sont des aéroclubs et des écoles de formation comme l’Enac (École Nationale de l’Aviation Civile, NDLR) et même l’armée danoise. Au fur et à mesure de l’arrivée de nouveaux modèles d’avion à la location, nous pourrons en proposer à des compagnies aériennes ou d’avions de transport", explique Charles Cabillic.

Green Aerolease se développe ainsi progressivement. 40 avions seront loués à la fin de l’année 2022 et le business plan prévoit de déployer 120 avions sur 3 ans partout en France et en Europe. "Près de 2 000 avions thermiques en aéroclub en France sont amenés à être remplacés d’ici 10 à 15 ans", indique-t-il.

Si les avions électriques présentent de nombreux avantages (moyen de transport décarboné, moins de bruit que l’aviation classique, etc.), les modèles actuels restent limités. "L’autonomie actuelle des avions électriques n’est que de 1 h 07. Cela permet de se promener autour du terrain mais pas de faire de voyage pour l’instant", reconnaît Charles Cabillic, qui voit cependant pointer des avancées. "Cela progresse très vite. À horizon 18 mois, je pense qu’on va réussir à gagner 50 % d’autonomie sur les batteries actuelles. Ainsi , le même avion pourra faire 1 h 30 voire 1 h 40 de vol."

Préparation d’une levée de fonds

Pour le patron de Green Aerolease, l’aviation décarbonée n’en est qu’à ses débuts. "Il y a une trentaine de projets aujourd’hui d’avions qui vont de 4, 6, 9 et même 19 places, 100 % électriques. Certains projets à l’hydrogène vont aussi arriver progressivement entre 2024 et 2026", informe-t-il.

Une perspective qui ouvre la possibilité d’envisager, à moyen terme, des vols vers les îles comme Ouessant depuis Brest ou encore Belle Île (Morbihan) pour celui qui est également patron de la compagnie aérienne Finist’Air. "Je pense également au patron de PME qui vit dans une ville un peu isolée, qui n’est pas desservie par la LGV. Vous aurez des avions, 100 % décarbonés, qui auront donc un impact écologique plus faible que les voitures et que les trains. Cela va complètement changer l’approche de l’aviation. Cela permettra aussi de revoir la façon de se déplacer. À ce moment-là, vivre en région sera un atout pour le futur", assure Charles Cabillic.

L’entreprise est financée, par trois "family offices" et en autofinancement, pour les 60 premiers avions. "Nous préparons une levée de fonds avec des acteurs plus gros, nationaux voire internationaux pour financer des avions qui suivront", annonce le dirigeant.

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