Brest

Maritime

"La Sea Tech Week est un véritable carrefour de notre écosystème"

Par Jean-Marc Le Droff, le 14 septembre 2022

Du 26 au 30 septembre, la Sea Tech Week réunira pour sa 13e édition à Brest des scientifiques de renom et des acteurs des sciences et technologies de la mer. Un rendez-vous incontournable pour Yann Guichoux, spécialiste de l’océanographie opérationnelle et dirigeant de l’entreprise brestoise eOdyn (11 salariés, CA NC), qui développe des solutions d’analyse des courants marins.

Spécialiste de l’océanographie opérationnelle, Yann Guichoux a fondé l’entreprise eOdyn en 2015 à Brest.
Spécialiste de l’océanographie opérationnelle, Yann Guichoux a fondé l’entreprise eOdyn en 2015 à Brest. — Photo : Jean-Marc Le Droff

Depuis combien de temps participez-vous à la Sea Tech Week, qui a lieu tous les deux ans depuis plus de 20 ans à Brest ?

Je participe à chaque édition depuis la création de mon entreprise eOdyn, en 2015. Mais j’y assistais aussi régulièrement par le passé en tant qu’auditeur, car j’ai travaillé une dizaine d’années dans le secteur de l’océanographie opérationnelle, puis dans la sécurité maritime au ministère de l’Ecologie. Cette année, je participe aussi en tant qu’intervenant à l’une des sessions consacrée aux derniers développements technologiques dans le domaine de l’AIS, le système d’identification automatique des navires en mer.

En quoi est-ce important pour vous d’y participer ?

C’est avant tout un excellent moyen de se tenir au courant de l’état de l’art et des innovations et évolutions technologiques dans le domaine maritime, et de rester en veille par rapport à la concurrence. Et en tant que chef d’entreprise, je considère cet événement comme un véritable carrefour de l’écosystème scientifique et industriel maritime mondial, qui regroupe majoritairement des utilisateurs ou des partenaires potentiels pour les solutions que nous développons. C’est un événement local auquel il est très facile pour nous de participer, mais dont la portée est internationale et qui peut nous permettre de croiser des personnes qu’on ne peut rencontrer qu’à des salons maritimes de cette ampleur… Et même des partenaires locaux qu’on ne rencontre pas forcément facilement le reste du temps !

Où en êtes-vous dans le développement de votre plateforme d’analyse des courants marins, qui intéresse tout autant les scientifiques que les industriels ?

Après une phase de mise au point et de validation qui a duré cinq ans, en partenariat avec des organismes comme l’Ifremer, le CNES et l’ESA, nous entrons enfin dans la phase de commercialisation. Nous commençons par un service de monitoring des courants marins destiné dans un premier temps au secteur de l’énergie off-shore. Nous avons d’ores et déjà entamé des démonstrations avec des acteurs comme Total Énergies ou encore l’italien Saipem. Nous basculerons en utilisation réelle dès 2023. En parallèle, nous travaillons sur un service de routage maritime afin d’optimiser la consommation de carburant des navires, avec notamment un projet de démonstration avec la CMA CGM. Nous avançons aussi dans le secteur de la défense, car notre algorithme peut également contribuer à la lutte anti-sous-marine. Et nous travaillons également sur un dernier secteur qui nous alimente beaucoup en ce moment : le spatial, car notre technologie peut venir compléter les informations des satellites radars. Nous prévoyons par ailleurs quatre recrutements d’ici la fin de l’année prochaine, et réfléchissons à une éventuelle levée de fonds pour soutenir notre développement.

Comment voyez-vous l’avenir transport maritime, le thème retenu pour cette édition ?

Il sera très orienté sur la décarbonation, comme le prouve le succès des voiliers cargos de Towt, Grain de Sail ou encore Neoline. Ou encore le fait que des constructeurs d’automobiles comme Renault ou Kia nous sollicitent lors d’appels d’offres visant à réduire la consommation des navires qui transportent leurs véhicules. Toutes ces initiatives vont dans le bon sens, et la Bretagne a une véritable carte à jouer dans ce domaine.

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