Finistère

Biotech

Hemarina veut investir 19 millions d'euros à Morlaix

Par Isabelle Jaffré, le 21 octobre 2021

La biotech de Morlaix spécialisée dans les transporteurs d'oxygène a décidé d'investir 19 millions d'euros pour construire son propre bâtiment pour ses bureaux, son laboratoire et son site de production.

Franck Zal, fondateur d’Hemarina, prévoit d’investir 19 millions d’euros pour construire un nouveau bâtiment à Morlaix.
Franck Zal, fondateur d’Hemarina, prévoit d’investir 19 millions d’euros pour construire un nouveau bâtiment à Morlaix. — Photo : Isabelle Jaffré

L’entreprise de biotechnologie marine Hemarina (25 salariés, chiffre d'affaires non communiqué), spécialisée dans le développement de transporteurs d’oxygène innovants, va investir 19 millions d’euros pour une nouvelle usine à Morlaix (Finistère).

Annoncé cet été, cet investissement va peut-être bénéficier de l’aide du plan France Relance. "Nous avons postulé dans le cadre de la souveraineté nationale dans le secteur pharmaceutique", explique Franck Zal, le fondateur d’Hemarina, qui n'a pas encore reçu de réponse.

Un bâtiment de 5 000 à 6 000 m²

"Cela va nous permettre de quitter la pépinière que nous occupons actuellement", explique le PDG. Le nouveau bâtiment se situera sur un terrain de trois hectares juste de l’autre côté de la RN12, non loin des bureaux actuels. "Ainsi, nous aurons sur place notre propre laboratoire et zone de production", poursuit le dirigeant. Actuellement, Hemarina a un partenariat avec une entreprise de Tours, Delpharm, spécialisé dans la fabrication de médicaments. "L’objectif est d'avoir un site de production de secours. Nous aurons ainsi le contrôle de la production, de l’extraction moléculaire au produit fini", précise-t-il. Franck Zal prévoit 5 000 à 6 000 m² de bâtiment, ce qui permettrait de garder un peu de réserve foncière.

Début 2021, Hemarina a procédé à une augmentation de capital pour lui permettre de poursuivre son activité. Mer Invest, le fonds d’investissement de la Banque Populaire, est ainsi entré au capital en février à hauteur de 500 000 euros.

Évolution de la réglementation européenne

Hemarina développe des transporteurs d’oxygène universels pour des besoins médicaux à base de vers marins, que l’entreprise élève elle-même dans une ferme aquacole à Noirmoutier (Vendée). Parmi ses produits, HEMO2life, sa solution pour la préservation de greffon, fait l’objet d’un essai actuel avec 480 patients. "L'essai se passe bien. Mi-septembre, nous étions à 374 transplantations. Nous avons été sollicités pour une greffe qui concerne tout le bras d’un patient. Hemo2life a déjà été utilisé pour une greffe de la face", indique Franck Zal.

Actuellement, la société est particulièrement occupée avec le changement de réglementation européenne sur les dispositifs médicaux, passant d’un MDD (medical device directive) à MDR (medical device regulation). "Sur 20 salariés, quatre travaillent sur cet aspect réglementaire, sans compter sur les huit personnes au contrôle qualité, rappelle Franck Zal. Nous espérons déposer le dossier en janvier 2022.

Après des essais par l’armée américaine d’un produit d’Hemarina pour traiter les cas d’hémorragies aiguës et d’accidents vasculaires cérébraux dus à des explosions, l’entreprise morlaisienne se concentre désormais sur le marché européen.

Franck Zal, fondateur d’Hemarina, prévoit d’investir 19 millions d’euros pour construire un nouveau bâtiment à Morlaix.
Franck Zal, fondateur d’Hemarina, prévoit d’investir 19 millions d’euros pour construire un nouveau bâtiment à Morlaix. — Photo : Isabelle Jaffré

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