Finistère

Agroalimentaire

Interview Flocon : « Dans le Finistère, c'est plus facile de se développer et de recruter qu'à Paris »

Entretien avec Juliette Iserin et Géraldine Esnous, cofondatrices de Flocon

Propos recueillis par Pierre Gicquel - 26 novembre 2018

Juliette Iserin et Géraldine Esnous ont posé leurs valises remplies de recettes de biscuits bio et sans gluten à Châteauneuf-du-Faou fin 2017, en plein centre-Finistère. Un choix qui n’avait rien d’évident pour les deux jeunes créatrices de la marque Flocon, toutes deux originaires de Paris.

Juliette Iserin et Géraldine Esnous, cofondatrices de l'entreprise Flocon, dans le Finistère.
Juliette Iserin et Géraldine Esnous vont tenter de conquérir le marché porteur du biscuit apéritif sain depuis l'atelier-relais de Châteauneuf-du-Faou. — Photo : Pierre Gicquel

Le Journal des Entreprises : Pourquoi avoir choisi une petite commune du Finistère pour vous installer ?

Juliette Iserin : C’est grâce à notre rencontre avec Christian Le Naour, qui est désormais le troisième associé dans Flocon. Nous l’avons rencontré lors d’une formation à Arras (Nord), où il nous a vanté les atouts du Finistère. Il a trente ans d’expérience dans la biscuiterie et bénéficie d’une solide réputation dans la région. Une autre raison, plus technique, est le travail efficace de la communauté de communes de Haute Cornouaille, dont fait partie Châteauneuf-du-Faou (située à 30 km au nord-est de Quimper, NDLR) pour rendre leur territoire attractif. Elle a mis à notre disposition un bâtiment-relais flambant neuf et adapté à notre activité !

Ce savoir-faire breton en agroalimentaire a donc joué un rôle important ?

Géraldine Esnous : On trouve ici une réelle synergie entre les entreprises et les collectivités, avec des dispositifs d’accompagnement rodés, le tout en effet, au cœur d’une région très avancée en termes d’industrie agroalimentaire. Nous sommes entourées d’entreprises qui ont les mêmes problématiques que nous, avec des voisins comme Socopa, Guyader, Secret de famille... Recruter des ouvriers biscuitiers qui ont le savoir-faire est plus facile ici qu’à Paris.

« Les Bretons œuvrent beaucoup au rayonnement de leur région. Ici, nous ne sommes et nous ne sentons pas seules. »

J. I. : Nous sommes souvent sollicitées pour faire visiter notre entreprise, de la part d’élus et d’entreprises, ce qui nous a permis de se construire très vite un réseau. Une autre force de ce territoire, ce sont ses habitants. Les Bretons œuvrent beaucoup au rayonnement de leur région et y être intégrées nous donne beaucoup d’énergie et de confiance. Ici, nous ne sommes pas seules et nous ne nous sentons pas seules.

Souvent pointé du doigt, l’enclavement de ce territoire n’a donc pas été rédhibitoire ?

J. I. : Lorsque que nous avons commencé à prospecter, nous avons regardé en Normandie, un territoire très attractif et proche de Paris, mais il n’y avait pas de bâtiment-relais adéquat. Nous avons aussi regardé les offres dans le sud de la France mais là, c’est au niveau du feeling que ça ne passait pas. Originaires de la capitale, ayant travaillé dans la mode et la finance à Londres et Paris, nous n’avions aucune attache en Bretagne, à part Christian Le Naour qui nous a généreusement hébergées les premiers mois ! Avec le recul cela a été le bon choix car, au-delà de la production et le fait d’avoir pu commercialiser nos produits dès le mois de mars, nous avons vite construit un réseau de distribution, avec 75 points de vente en Bretagne.

G. E. : Les magasins et les consommateurs ici sont avertis et leurs retours ont été constructifs et ont permis d’aboutir à un meilleur produit, qui devrait bientôt être distribué dans toute la France par le biais de la centrale Naturalia. Quant à la question du transport, c’est le point noir du point de vue personnel même si nous avons trouvé un bon équilibre, une semaine sur deux, entre Paris et la Bretagne. La LGV jusqu’à Rennes est un plus mais il nous faut trois heures pour faire Paris-Lorient, plus une heure en voiture… En revanche, pour le transport des marchandises, nous sommes en bordure de voie-express donc nous n’y perdons pas au change.

Juliette Iserin et Géraldine Esnous, cofondatrices de l'entreprise Flocon, dans le Finistère.
Juliette Iserin et Géraldine Esnous vont tenter de conquérir le marché porteur du biscuit apéritif sain depuis l'atelier-relais de Châteauneuf-du-Faou. — Photo : Pierre Gicquel