Finistère

Energie

ETT part à la conquête de l’Est

Par Pierre Gicquel, le 22 mars 2018

Le spécialiste finistérien de la pompe à chaleur Énergie Transfert Thermique s'ouvre de nouvelles portes à l’international, sur les chantiers dits spéciaux. Agréée fournisseur officiel par Total, l'entreprise peut désormais espérer de nouveaux contrats dans le monde entier.

Yves Millot, PDG de ETT, devant une pompe à chaleur de la dernière gamme Roof Top.
Yves Millot, PDG de ETT, devant une pompe à chaleur de la dernière gamme Roof Top. — Photo : Pierre Gicquel

Depuis son siège historique de Ploudalmézeau (Finistère), Énergie Transfert Thermique (ETT), le spécialiste de la pompe à chaleur pour la grande distribution, les piscines ou les cinémas, vient de s’ouvrir de nouvelles portes à l’international, sur les chantiers dits spéciaux. Après la participation réussie à l’immense chantier gazier de Yamal en Sibérie, ETT possède désormais une carte de visite infaillible car elle est agréée fournisseur officiel par Total. De quoi espérer de nouveaux contrats dans le monde entier, tout en revendiquant son ancrage finistérien.

Mesurant de 2 à 25 mètres de long, 1 500 systèmes de climatisation sortent des ateliers d'ETT chaque année.
Mesurant de 2 à 25 mètres de long, 1 500 systèmes de climatisation sortent des ateliers d'ETT chaque année. - Photo : Pierre Gicquel

Leader sur le premium

«Depuis la création d’ETT en 1979, le positionnement est clairement axé sur une offre premium, en proposant des pompes à chaleur certes plus chères à l’achat que la concurrence possédant des standards low cost, mais avec des performances plus importantes, plus de longévité et une économie sur la facture énergétique. Le prix d’achat ne représentant en fait que 25% du coût global d’une machine sur sa durée de vie, nous sommes donc moins chers sur le coût global.» C’est ainsi qu’Yves Millot, PDG d’ETT, résume ce qui fait le succès des systèmes monoblocs de ventilation et climatisation issus de ses ateliers de Ploudalmézeau. «50% de notre activité concerne le tertiaire commercial, le reste concernant l’industrie, les loisirs et spectacles et le tertiaire pur, comme les immeubles de bureaux», ajoute Yves Millot. Aujourd’hui, ETT est le leader en France pour la grande distribution. «Nous fabriquons 1 500 machines par an, de toutes tailles. En face, on trouve des groupes américains comme Lennox et Carrier.»

Au tableau de chasse récent d’ETT,  le Centre Pompidou à Paris, «où nous avons installé treize machines de 25 mètres de long», mais aussi les toits d’Arkéa au Relecq-Kerhuon, le magasin Babou de Brest, Océanopolis, des sites Airbus à Toulouse et encore le multiplexe UGC de Vélizy. «Nous progressons également en Ukraine, Roumanie et Russie, où nous équipons les nouvelles implantations pour Auchan, Décathlon, Leroy-Merlin... Être dans le sillage de ces grands groupes nous ouvre d’autres marchés sur place.»

ETT est de loin la plus grande entreprise de Ploudalmézeau, située à l'entrée de la commune du nord Finistère.
ETT est de loin la plus grande entreprise de Ploudalmézeau, située à l'entrée de la commune du nord Finistère. - Photo : Pierre Gicquel

De Ploudal à Yamal

La Russie, un pays où ETT a récemment ouvert une filiale et où l’entreprise a gagné de nouveaux galons. Fin 2017, elle y a terminé avec succès sa participation de trois ans à Yamal, le plus grand chantier du monde, pour lequel elle aura livré et installé une centaine de machines destinées à refroidir des salles électriques et des salles de contrôles. «Un chantier à 9 millions d’euros pour ETT qui est venu valider notre savoir-faire auprès de Total, pour qui nous avions déjà travaillé », confie le chef d’entreprise qui compte désormais 270 salariés en France, dont 210 à Ploudalmézeau, et qui a réalisé un chiffre d’affaires de 46,5 M€ en 2017. «Yamal est une carte de visite très importante, une forme de consécration qui nous fait gagner en crédibilité sur les marchés très techniques. Cela nous ouvre la porte à d’autres chantiers de l’oil and gas en Russie, en Afrique et en Iran, pour Exxon et Perenco par exemple. Et cela nous permet aussi de viser de nouveaux marchés, comme l’éolien offshore.»

De quoi augmenter encore la part de l’export dans son activité de 15 à 20%, alors qu’elle avoisinait les 8% en 2014, et atteindre l’objectif avoué de 50 M€ de chiffre d’affaires en 2020, après avoir déjà doublé son volume d’activité et ses effectifs sur les dix dernières années.

Le siège d'ETT a vu le nombre de ses effectifs doubler en dix ans et en compte aujourd'hui 210.
Le siège d'ETT a vu le nombre de ses effectifs doubler en dix ans et en compte aujourd'hui 210. - Photo : Pierre Gicquel

International, marchés spéciaux et services

Après de gros investissements au début des années 2000 dans l’agrandissement de son siège finistérien et l’équipement en machines dernier cri, les trois dernières années ont été consacrées à la refonte totale des systèmes informatisés de l’entreprise, soit 2,5 M€ d’investissement.

«Notre objectif de développement s’établit sur trois axes: développer l’international et les marchés spéciaux, mais aussi développer les services. La vente d’un produit est importante, assurer la continuité de services derrière l’est autant. Sans compter aussi l’innovation. Nous comptons par exemple un bureau de R&D de 11 ingénieurs. Nous développons de nouveaux produits et services en permanence, comme ETT Mediacom, un système de connexion à distance qui équipe plus 2 000 machines, qui nous apporte une connaissance plus fine de leurs performances.»

ETT conçoit, usine et commercialise l'ensemble de ses produits depuis son siège de Ploudalmézeau. Ici, un robot soudeur dernier cri lors de la fabrication d'un coffre en aluminium.
ETT conçoit, usine et commercialise l'ensemble de ses produits depuis son siège de Ploudalmézeau. Ici, un robot soudeur dernier cri lors de la fabrication d'un coffre en aluminium. - Photo : Pierre Gicquel

Nouvelle gamme Roof Top

Lancée il y a quelques mois, la nouvelle gamme Roof Top témoigne de ce soucis d’innovation. Installées sur les toits des bâtiments, ces machines représentent 50% de la production d’ETT. «Elle évolue tous les 4 ou 5 ans. Cette fois elle anticipe les futures normes ERP 2021 et gagne 15 à 20 % de performance par rapport à l'ancienne génération, avec un matériel plus compact et léger, et qui permet de réduire de 15 % les fluides frigorigènes.»

Yves Millot, PDG de ETT, devant une pompe à chaleur de la dernière gamme Roof Top.
Yves Millot, PDG de ETT, devant une pompe à chaleur de la dernière gamme Roof Top. — Photo : Pierre Gicquel

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