Finistère

Environnement

Ecotree veut en finir avec le greenwashing

Par Isabelle Jaffré, le 28 mars 2016

Entretien avec Erwan Le Méné, président de la start-up brestoise EcoTree qui propose aux particuliers et aux entreprises d’investir dans des arbres. Elle a été créée par Erwan Le Méné, Baudouin Vercken (stratégie de vente) et Vianney de la Brosse (stratégie forestière).

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le Journal des Entreprises : D’où vous est venue l’idée d’EcoTree ?

Erwan Le Méné : On y pense depuis cinq ans. Comment faire pour que le geste environnemental soit récompensé ? Je travaillais dans une entreprise où l’on pouvait apporter sa propre tasse à la machine au lieu de prendre un gobelet. C’est très bien. Mais le prix du café était le même pour sa tasse ou le gobelet. Quel est l’intérêt ? On a ensuite pensé à la forêt. Il y a une rentabilité intrinsèque à environ 4 % par an, mais à long terme, entre 25 et 30 ans. On libère nos clients des frais de gestion, des démarches administratives,¬etc. Donc les clients peuvent espérer 2 % par an environ.

Où sont vos forêts ?

E.L-M. : Nous en avons pour l’instant quatre. Deux dans les Côtes d’Armor et deux dans le Morbihan. Nous choisissons délibérément de les avoir près de nous. Car Vianney de la Brosse est sur le terrain. C’est lui qui choisit les essences, qui s’en occupe. Ce ne sont pas des forêts à l’autre bout du monde. Quand vous achetez des arbres, vous avez les coordonnées GPS, vous savez quelle essence c’est. La traçabilité est très importante. Nous regardons aussi des forêts en Mayenne car nous avons besoin de plus d’arbres. On vise 200 000 arbres en 2020.

Qui sont vos clients ?

E.L-M. : Nous avions au départ pensé travailler avec les distributeurs et les industriels sur des coupons apposés sur des produits. Mais c’était beaucoup trop complexe. Finalement nous avons opté pour des ventes d’arbres à des particuliers (150 en deux mois) mais surtout à des entreprises. Celles-ci en ont souvent marre du greenwashing. Avec cet investissement, elles peuvent afficher les compensations en CO2 car nous faisons ces calculs. Et c’est un véritable investissement sans les risques que cela comporte quand on le fait soi-même. Pour l’instant 15 entreprises ont adhéré au « livret arbre ». C’est un placement récurrent qui nous permet aussi d’augmenter notre parc au fur et à mesure. Notre équilibre se fera autour de 30 à 40 000 arbres. On mise sur un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros en 2020 si tout va bien.

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