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Coronavirus : les acteurs finistériens du BTP font bloc contre les pressions à la reprise

Par Jean-Marc Le Droff, le 19 mars 2020

Alors que le gouvernement fait pression sur le secteur du BTP pour que l'activité reprenne au plus vite, l'ensemble des acteurs de la filière finistérienne fait bloc pour assurer la sécurité du personnel.

Chantier de construction
Partout en Finistère, le secteur du BTP fait bloc pour ne pas reprendre l'activité tant que la sécurité des salariés ne sera pas assurée. — Photo : EJ Yao on Unsplash

« La situation se complique encore : maintenant nous devons en plus gérer un bras de fer avec le gouvernement. C’est inadmissible ! », se désespère Jean-Charles Le Borgne, secrétaire général de la FFB du Finistère. « Le préfet nous somme de nous remettre au travail alors que tous nos fournisseurs sont fermés, que les transporteurs sont exsangues et que nos salariés refusent, - et on les comprend -, de se mettre en danger car nous n’avons pas les moyens suffisants pour assurer leur sécurité. En parallèle, le gouvernement ne veut pas prendre en charge le chômage technique et veut utiliser les marchés publics pour faire pression. Voilà où on en est. On marche sur la tête ! Et encore, à ce stade la Bretagne semble être parmi les régions les plus épargnées : les remontées que nous font nos collègues de l’Est sont encore plus catastrophiques… »

Brest Métropole Habitat en soutien malgré les pressions

Une position également soutenue par Georges Bellour, directeur général de Brest Métropole Habitat, le premier donneur d’ordre public du Finistère. « Nous avons pris la décision d’arrêter tous les chantiers tant que les entreprises ne seront pas en mesure d’assurer la sécurité de leurs salariés. Et à ce stade je ne vois pas comment les dirigeants pourraient le faire car ils manquent de tout. Il serait tout à fait irresponsable de notre part de demander aux entreprises de continuer à travailler alors même que l’essentiel de notre personnel est confiné. La position du gouvernement et du préfet n’est juste pas sérieuse », estime-t-il.

« Nous repartirons uniquement quand la sécurité de nos salariés sera assurée »

Pour Éric Druais, directeur général de Britton (68 salariés, 14 M€ de CA) à Plabennec, un poids lourd du BTP finistérien, il est tout simplement impensable de reprendre l’activité tant que les donneurs d’ordre n’auront pas mis à jour leurs plans généraux de coordination de sécurité et de protection de la santé sur les chantiers. « Comment sommes-nous censés décontaminer les chantiers, les véhicules, les bases de vie ? Quelles procédures ? Comment fait-on quand nos équipes voyagent habituellement à cinq par fourgon ? On envoie 15 véhicules pour les équipes de 15 personnes ? Où trouve-t-on les produits pour décontaminer, les masques, etc. », interroge-t-il.

« Heureusement que la plupart des donneurs d’ordre publics ont le bon réflexe en arrêtant les chantiers malgré les pressions de la préfecture », poursuit Éric Druais. « De toute façon, nous avons énormément de difficultés d’approvisionnement, les camions ne circulent pas, nos salariés se font contrôler à chaque rond-point par la police. Et les mesures barrières sont juste impossibles à mettre en place sur les chantiers. Depuis hier, nous avons tout arrêté. Ceux de nos salariés qui le peuvent sont en télétravail, les autres sont en solde de RTT ou en congés payés pour au moins 15 jours. Nous sommes prêts à repartir, mais uniquement quand la sécurité de nos salariés sera assurée ».

Chantier de construction
Partout en Finistère, le secteur du BTP fait bloc pour ne pas reprendre l'activité tant que la sécurité des salariés ne sera pas assurée. — Photo : EJ Yao on Unsplash

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