Brest

Environnement

Comment la start-up Ecotree veut reboiser la France

Par Isabelle Jaffré, le 18 juin 2018

Ecotree, start-up brestoise qui propose d’investir dans des arbres, annonce une première levée de fonds de 1,2 million d'euros et l’entrée à son capital de West Web Valley. Tout en continuant l’acquisition et la création de massifs forestiers en France et en Europe, Ecotree souhaite initier une nouvelle phase de croissance, à la fois commerciale et technologique.

Ecotree est née de l'idée d'une bande d'amis : combiner développement durable et développement économique. De gauche à droite : Vianney de la Brosse, Théophane Le Méné, Baudouin Vercken et Erwan Le Méné.
Ecotree est née de l'idée d'une bande d'amis : combiner développement durable et développement économique. De gauche à droite : Vianney de la Brosse, Théophane Le Méné, Baudouin Vercken et Erwan Le Méné. — Photo : © EcoTree

Lancé en 2016 par un groupe d’amis, Ecotree vient de passer un cap avec une levée de fonds d’1,2 M€. La start-up brestoise, qui propose d’investir dans les arbres, intègre ainsi le fonds breton West Web Valley. De quoi accélérer son développement avec le recrutement de 4 à 5 personnes pour arriver à 12 salariés d’ici septembre, « des commerciaux principalement », précise Erwan Le Méné, le président et financier de la bande.

Avec son frère Théophane Le Méné (DG), Baudouin Vercken (stratégie de vente), Vianney de la Brosse (stratégie forestière) et Alban Wintrebert (développeur), ils ont eu l’idée d’Ecotree à partir d’un principe : si le développement durable n’est pas valorisé, cela ne marchera jamais. « Aujourd’hui, le système est très punitif. On avait la conviction que le développement durable peut être au cœur du développement économique », ajoute le dirigeant.

Retour sur investissement dans 25 ans ! 

C’est donc au reboisement des forêts française qu’Ecotree s’attaque. « Il était déjà possible d’investir dans des forêts, mais c’était assez peu transparent. Notre système l’est entièrement ». La start-up a investi dans 200 hectares de forêts, en France et principalement en Bretagne. Grâce à un système de géolocalisation leurs clients savent exactement dans quel arbre ils ont investi et un compteur de CO2 absorbé leur permet de connaître leur impact positif sur l’environnement.

Erwan Le Méné, président d'Ecotree.
Erwan Le Méné, président d'Ecotree. - Photo : © Isabelle Jaffré - Le Journal des entreprises

Ecotree s’adresse aux particuliers (environ 7  000 clients) et aux entreprises. Une quarantaine de grands groupes comme Aviva ou des PME comme Salaün Holidays, leur ont fait confiance. « C’est important pour nous ! Les grands comptes vont nous permettre d’accélérer notre développement », poursuit Erwan Le Méné. La difficulté est de les convaincre d’investir quand le retour sur investissement financier (le produit de la coupe), tombera, au plus tôt, dans 25 ans ! « C’est surtout un achat d’actif ! Cela n’impacte pas le compte de résultat mais cela entre à l’actif du bilan, c’est une démarche RSE et c’est traçable. Et c’est Ecotree qui s’occupe de l’entretien de la forêt », indique le dirigeant.

Problématiques juridique et foncière

En 2017, Ecotree a réalisé 500 000 € de CA et espère atteindre un million en 2018. Mais pour valider son modèle juridique, la start-up avait besoin d’un feu vert de l’Autorité des Marché Financiers (AMF), arrivé un peu tardivement. « Il fallait que l’on obtienne une certification comme intermédiaire en biens divers. C’était un gros dossier à monter », explique Erwan Le Méné.

Face à une problématique également foncière, les dirigeants d’Ecotree réfléchissent à l’extension de leurs forêts, au-delà d’en créer de nouvelles. Ils espèrent en effet gérer 500 hectares d’ici 2020. « Nous prenons contact avec des groupements forestiers et des propriétaires en leur proposant de nettoyer et entretenir leur forêt contre une cession partielle de leur droit de coupe. Beaucoup de terrains sont aujourd’hui à l’abandon. Or, l’entretien est une obligation légale. »

À terme, les cofondateurs aimeraient aussi se développer à l’export, en Europe. « On s’intéresse à la Scandinavie qui a déjà une sensibilité forte sur le développement durable. Mais nous allons d’abord nous stabiliser sur la France. On a déjà pas mal de gros dossiers avec des grands comptes en cour », précise Erwan Le Méné.

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