Finistère

Agroalimentaire

Comment la PME agroalimentaire Biobleud valorise 94 % de ses déchets

Par Isabelle Jaffré, le 13 juillet 2022

L’entreprise agroalimentaire finistérienne Biobleud donne ses chutes de pâtes à tarte ou à pizza à une ferme bio voisine, qui s'en sert pour nourrir ses cochons. Une action qui entre dans une démarche plus large de réduction des déchets.

Emmanuelle Jungblut et Jenovefa Talabardon, codirigeantes de la PME agroalimentaire Biobleud, entourent Xavier Le Goff, responsable d’exploitation.
Emmanuelle Jungblut et Jenovefa Talabardon, codirigeantes de la PME agroalimentaire Biobleud, entourent Xavier Le Goff, responsable d’exploitation. — Photo : Isabelle Jaffré

PME spécialisée dans la fabrication de pâtes à tarte ou à pizza bio prêtes à dérouler, Biobleud (35 salariés, 10,3 M€ de CA) affiche un taux de 94 % de déchets valorisés. "Nous y sommes parvenus progressivement", explique Emmanuelle Jungblut, codirigeante de Biobleud avec Jenovefa Talabardon. Créée en 1991 par Michel Talabaron, la société a toujours fabriqué des produits bio.

C’est donc naturellement qu’en 2019, les deux dirigeantes décident de réaliser un bilan carbone sur leur activité de 2018. "L’idée était d’avoir un point de départ afin de pouvoir mesurer les résultats de nos actions", décrit Emmanuelle Jungblut. L’entreprise installée à Ploudaniel (Finistère) identifie alors des pistes d’amélioration de son bilan carbone et notamment la valorisation des déchets. "Nous avons travaillé sur le gaspillage en sensibilisant nos équipes, en utilisant au mieux nos outils. Nous avons ensuite recyclé la matière en interne, fait attention à la consommation d’eau pour le nettoyage, etc.", détaille la dirigeante. Grâce à ces actions, Biobleud a atteint fin 2020 son objectif de moins de 3 % de pertes liées à la production.

Cercle vertueux

Pour valoriser les déchets organiques restants, Biobleud a commencé par les méthaniser.  "Mais ce n’était pas une solution parfaite car elle crée du gaz", explique Emmanuelle Jungblut. L’entreprise trouve alors une solution grâce à la ferme familiale de Vourc’h Vras, dont les cochons bénéficient d'une alimentation 100 % biologique dans une logique d'autonomie alimentaire. Les 30 truies et 400 porcs charcutiers sont nourris grâce aux 40 hectares de fourrages de différentes variétés cultivées par la ferme, désormais combinées aux déchets issus de fabrications agroalimentaires locales, dont les pâtes bio de Biobleud. "La ferme est à seulement 10 km d’ici. Nous entrons dans un véritable cercle vertueux car nos déchets ne brûlent pas mais servent de nourriture", appuie la cheffe d’entreprise.

En interne, le responsable d’exploitation de Biobleud, Xavier Le Goff, travaille aussi sur le projet pour organiser cette nouvelle filière de recyclage. L’éleveur passe ainsi une fois par semaine récupérer la matière entreposée dans les chambres froides de l’usine. "Car il faut respecter la réglementation de l’alimentation animale", souligne Emmanuelle Jungblut. Cerise sur le gâteau de ce cercle vertueux : la vente des saucisses et de la charcuterie de la ferme dans les paniers bio proposés aux salariés de Biobleud.

Des déchets aux mobilités

Sur la gestion des déchets, la PME travaille désormais auprès de ses fournisseurs pour diminuer les emballages, l’ayant déjà fait elle-même. "Un des enjeux majeurs reste le plastique. Pour l’instant, il n’y a pas d’alternative viable en agroalimentaire mais nous regardons de près ce qui se fait", poursuit la dirigeante.

Pour mesurer les effets de ses actions, Biobleud a mis en place un indicateur de coût complet, prenant en compte les coûts cachés (temps humain de production, énergie dépensée pour fabriquer, etc.). "Entre 2018 et 2020, nous avons baissé de 46 % notre coût complet des déchets", se félicite Emmanuelle Jungblut.

Depuis, l'entreprise a travaillé sur la biodiversité de 2020 à 2022, et depuis le début d'année, est passé au thème des mobilités. Avec les mêmes objectifs : diminuer le coût complet de sa production. "Réaliser un deuxième bilan carbone en externe est important. Nous réfléchissons aujourd'hui plutôt à faire faire une analyse du cycle de vies des produits", confie la chef d'entreprise.

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