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Témoignage CEPI : "J’ai fait de la sécurité routière une priorité de l’entreprise"

Par Isabelle Jaffré, le 24 novembre 2022

En reprenant CEPI (centre européen de peinture industrielle) en 2015, Jean-Michel Pinel décide de s’attaquer au problème des excès de vitesse et des comportements dangereux des salariés sur la route vers ou en revenant de chantier. Pour cela, il a mis en place une tolérance zéro mais aussi des aménagements du travail permettant aux salariés d’être plus sereins.

Jean-Michel Pinel a repris CEPI en 2015.
Jean-Michel Pinel a repris CEPI en 2015. — Photo : Isabelle Jaffré

Jean-Michel Pinel a repris l’entreprise CEPI (centre européen de peinture industrielle, 10 salariés, 1,7 M€ de CA en 2022) à Briec en 2015. L’ancienne carrosserie fondée par Dominique Simon s’est déjà transformée en PME industrielle spécialisée dans les cloisons adaptées aux environnements de recherche scientifique.

Travailler sur les habitudes

"Dans les années 90, Dominique Simon avait été contacté par un laboratoire pharmaceutique puis par un fabricant de panneaux sandwich pour de la réparation. Il était ainsi passé de l’automobile au bâtiment. En 2009, CEPI a breveté sa peinture pour panneau sandwich qui permet de résister aux nettoyages imposés dans les laboratoires et salles blanches notamment", rappelle Jean-Michel Pinel. CEPI, de par son savoir-faire unique, est donc appelé sur des chantiers partout en France.

Ancien de chez Air Liquide pendant 20 ans, le repreneur se retrouve donc à gérer une PME (14 salariés, 900K€ de CA en 2016). Mais loin de se contenter du local, celle-ci rayonne au plan national avec des salariés qui accumulent les kilomètres et pour certains, les contraventions. "Dès le début, j’ai voulu travailler sur ce comportement fait d’habitudes, explique Jean-Michel Pinel. Nous avions des compliments des clients sur les salariés par rapport aux respects des contraintes dans les environnements très réglementés des laboratoires. Le respect des procédures, des contraintes imposées par le client fait partie de nos gênes. Il fallait aussi appliquer cela à la sécurité routière."

Pour changer la culture d’entreprise sur la route, le dirigeant a donc mis en place "une tolérance zéro concernant le téléphone au volant et les excès de vitesse. Il a fallu faire changer les mentalités pour faire baisser le nombre de procès verbaux. En 2015, nous en avions eu 32 pour excès de vitesse en six mois. Le dernier remonte maintenant à 2021 !", se réjouit le directeur de CEPI. Les véhicules sont aussi équipés d’outils permettant des analyses de conduite. "J’ai eu une seule fois un avertissement à donner sur le temps de roulage."

Volonté de la direction

"Pour que cela fonctionne, il faut une démarche globale, précise Jean-Michel Pinel. J’investis régulièrement dans des véhicules utilitaires neufs qui coûtent 40 000 euros au lieu de 20 000 euros en achetant d’occasion. J’ai également réintégré les temps de trajets à 100 % dans le temps de travail. Pas question de partir à 2 heures du matin pour Orléans et d'enchaîner une journée de 8 heures ! Nous pouvons nous le permettre car nous sommes sur un marché de niche, même s’il faut l’expliquer à nos clients. Nous avons aussi ouvert un bureau à Lyon pour limiter les kilomètres. Et les déplacements sont mieux préparés en amont pour davantage de sérénité"

En 2022, CEPI a remporté un prix "Les Pros ont du talent" organisé par le ministère de l’Intérieur. "C’est une fierté et une reconnaissance des efforts faits par tous dans l’entreprise. Et il a d'abord fallu un engagement porté par la direction générale pour la santé des salariés. C’est un argument à faire valoir auprès de nos clients et prospects qui sont de plus en plus sensibles à la responsabilité sociétale des entreprises."

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