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Conseil

Cayambe, l’anti-licorne qui conseille les entreprises depuis un petit port breton

Par Isabelle Jaffré, le 11 juillet 2018

La société de conseil à l'international Cayambe, implantée près de Morlaix (Finistère), prépare une levée de fonds de 5 à 6 millions d'euros. Elle affiche des objectifs ambitieux grâce à un nouveau modèle de mission innovant, applicable à tous les secteurs.

« Nous allons industrialiser et massifier le système », détaille François Kerdoncuff, dirigeant de la société de conseil finistérienne Cayambe. — Photo : © Isabelle Jaffré - Le Journal des entreprises

Travailler avec les plus grands groupes depuis le petit port du Dourduff, près de Morlaix (Finistère), c’est possible. C’est ce que prouve Cayambe, société de conseil à l'international dirigée par François Kerdoncuff. « J’ai travaillé dans des start-up avant de partir faire de la planification pour le développement pendant six ans au Congo Brazzaville et en Haïti et de rejoindre un groupe parisien de conseil. J’ai toujours eu envie d’entreprendre, mais j’avais besoin de comprendre comment ça fonctionnait avant de me lancer », explique le gérant de Cayambe.

Car François Kerdoncuff a une ambition : créer un nouveau modèle de missions de conseil aux opérations d’ingénierie à l’étranger. Fini les experts salariés de l’entreprise, le savoir-faire de Cayambe, c’est d’aller trouver les bons experts pour chaque mission et de coordonner ce groupe créé spécifiquement. « Par exemple, pour travailler sur un projet de mine au Niger, nous allons prendre un spécialiste géographique du pays, un autre de ce type de mine ailleurs dans le monde, un expert de l’environnement, de l’ingénierie, etc. C’est un process générique qui peut être déployé dans n’importe quel secteur. Nous travaillons toujours de la même manière », note François Kerdoncuff.

125 projets dans 30 pays

De deux personnes lors de sa création en 2012, Cayambe est passé à 12 salariés aujourd'hui. « Nous allons doucement : nous terminons actuellement la phase 1, celle de validation du modèle. » Pour se lancer, le dirigeant a choisi deux marchés, et pas au hasard : « L’éducation - pour son aspect public et social -, et le secteur pétrole gaz mines et énergies, très productif. Deux marchés très différents pour démontrer l’efficacité de notre méthode dans toutes les circonstances. »

Cayambe a notamment réalisé mission en Mauritanie de conception de la politique de responsabilité sociale et environnementale (RSE) pour une entreprise minière. - Photo : © Cayambe

Depuis environ six ans, Cayambe a mené à bien plus de 125 projets dans 30 pays avec 825 experts : « Un contrat avec la Banque mondiale au Niger pour aider le gouvernement à mieux négocier avec les opérateurs miniers et pétroliers, du conseil auprès de Total pour son choix d'un système de contrôle électrique en Ouganda. Avec l’Unicef, en Tunisie, nous avons aidé le gouvernement à mieux calibrer sa politique éducative, etc. », détaille le gérant.

Industrialiser le modèle

Place désormais à la deuxième phase. L’objectif est d’accélérer sur le développement de l’entreprise avec l’ambition d’atteindre plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires et une centaine de salariés d’ici à cinq ans. Curieux quand on sait que pour sa première année, Cayambe a réalisé 100 000 euros de chiffres d’affaires, seulement 700 000 en 2017 et sera entre 1,5 et 1,7 million d’euros en 2018… mais avec un bilan toujours à l’équilibre.

« On est l’anti-licorne, s’amuse à dire François Kerdoncuff. Ces cinq dernières années, nous étions en test sur notre capacité à engranger des contrats et délivrer un haut niveau de conseil. » Son modèle validé, l’entreprise peut maintenant penser à conquérir d’autres marchés.

« Nous allons industrialiser et massifier le système. Nous avons de quoi faire : l’agriculture, l’aérien… On était d’ailleurs un peu frustré quand on voyait passer des appels d’offres dans ces domaines car on savait qu’on avait des choses à proposer ! » Sans parler du côté local dans l’agroalimentaire ou encore la politique de la mer. « Nous allons enfin pouvoir faire appel à des experts bretons dans ces domaines de compétences », sourit le dirigeant, attaché au local et notamment à son siège social du port du Dourduff, à Plouezoc’h.

Levée de fonds en cours

Entreprise en partie "libérée", Cayambe réunit des profils de salariés très différents : « Nous n’avons pas d’experts maisons mais des coordinateurs, des gens qui savent aller dénicher les bonnes personnes, tenir des délais. On peut faire ça de n’importe où, c’est notre force. Nous allons pouvoir installer des unités comme celle de Plouezoc’h partout dans le monde en embauchant des locaux. »

Et pour financer tout cela, Cayambe prépare une importante levée de fonds d’ici la fin de l’année. « Notre budget de développement à 5 ans est de 7 à 8 millions. On cherche à lever 5 à 6 millions en private equity. Des prêts bancaires complètent nos besoins », détaille François Kerdoncuff. Car avant d’aller se présenter aux fonds d’investissement, la société s’est préparée en se dotant d’un « advisory board », un conseil consultatif, d’anciens membres de gouvernement étrangers, des spécialistes du marché, du conseil, etc. « Les retours sont très bons, même si notre stratégie surprend car ce n’est pas le modèle habituel. »

Le marché du conseil et ses 30 à 40 % de marge devraient finir de convaincre les investisseurs de miser sur la petite firme bretonne.

« Nous allons industrialiser et massifier le système », détaille François Kerdoncuff, dirigeant de la société de conseil finistérienne Cayambe. — Photo : © Isabelle Jaffré - Le Journal des entreprises

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