Finistère

Industrie

Castel met le cap sur l’entreprise 4.0 et le marché bio

Par Jonathan Konitz, le 06 novembre 2020

L’entreprise Castel de Landivisiau, spécialisée dans la conception de systèmes de traitement et de manutention du vrac, a des projets plein les cartons. Parmi ceux-ci, accompagner la transformation du secteur agricole vers l’usine 4.0 et le marché du bio.

L'entreprise industrielle Castel veut commencer sa transition numérique sans pour autant remplacer les hommes.
L'entreprise industrielle Castel veut commencer sa transition numérique sans pour autant remplacer les hommes. — Photo : Pierre Gicquel

La feuille de route de Castel (70 salariés, 10 M€ de CA) est tracée pour les années à venir. Bruno Madec, dirigeant de l’entreprise spécialisée dans la conception de systèmes de traitement et de manutention du vrac, aimerait d’ici « un horizon de 5 à 10 ans » bâtir la version 4.0 de son entreprise. Un projet centré sur le numérique, de la prise de cote sur le terrain à la production, en passant par le dessin industriel. « L’entreprise 4.0, pour moi, c’est une entreprise dont les chaînes de production sont communicantes avec l’extérieur. Exemple : un client aurait une taule à faire découper par une machine laser, il enverrait une demande sur notre système d’information et la machine serait capable de lui proposer une date de réalisation au regard des plans de production. »

Réaliste, Bruno Madec reconnaît qu’il s’agit là de la « version ultime, l’aboutissement » du projet. « Tout le monde parle du 4.0, mais on en est loin ! Aujourd’hui, 95 % du parc machine en France n’est pas capable de faire du 2.0. Pour la prise de cote, nous disposons déjà d’un scanner-laser 3D qui peut numériser un environnement de travail et le transformer en plan exploitable par nos systèmes de dessins. »

Automatiser les tâches pénibles

En amorce de l’usine 4.0, Castel va investir dans une découpeuse laser, et un centre d’usinage, deux machines qui peuvent communiquer avec les logiciels du département conception. Coût : 650 000 euros. Un investissement absorbé par l’aide de 1,6 million d’euros versée par l’État dans le cadre de l’aide à la trésorerie des entreprises fragilisées par l’épidémie de Covid-19. « Une bouffée d’oxygène bienvenue. Sans ça, nous aurions dû décaler notre investissement. Ça permet d’améliorer l’outil de travail, la productivité et la rentabilité, donc de garder un fleuron finistérien d’attaque », analyse le chef d’entreprise.

« L’étape suivante, c’est la robotisation de certaines tâches inintéressantes pour les salariés, poursuit Bruno Madec, comme la soudure. » Pas question de licenciements à l’avenir, mais une main-d’œuvre plus qualifiée. « La conduite de ligne robotisée est un métier qui n’existe pas encore chez nous. » L’usine 4.0 devrait aussi lorgner vers le confort des salariés, avec une série de capteurs pour mesurer une batterie de paramètres (luminosité, humidité, qualité de l’air, etc.). « On peut aussi améliorer la gestion de l’énergie. » L’idée d’écrans tactiles, disséminés dans l’entreprise et comprenant des tutos de gestes techniques à destination des nouveaux salariés, trotte aussi dans la tête de Bruno Madec.

Accompagner le bio

Côté marché, la transformation du secteur agricole, de plus en plus tourné vers le bio et les circuits courts, représente aussi une opportunité que Castel compte saisir. Les débuts sont prometteurs, les clients essentiellement Bretons. « Il s’agit d’une adaptation de notre matériel existant à cette nouvelle demande ». Bruno Madec poursuit : « le bio impose des circuits autonomes. Il faut réfléchir plus petit et plus nombreux, par exemple pour les silos de stockage. » Un boum que le chef d’entreprise impute à une prise de conscience du « mieux manger » de la part des consommateurs qui s’est révélé en pleine période de confinement. Mais il est encore trop tôt pour chiffrer des prévisions de croissance.

L'entreprise industrielle Castel veut commencer sa transition numérique sans pour autant remplacer les hommes.
L'entreprise industrielle Castel veut commencer sa transition numérique sans pour autant remplacer les hommes. — Photo : Pierre Gicquel

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