Finistère

Industrie

Castel : en route vers l'usine 4.0

Par Pierre Gicquel, le 11 janvier 2018

Le spécialiste des systèmes de gestion du vrac, installé à Landivisiau depuis 1932, a su traverser les époques et maintenir le cap. La PME qui compte aujourd'hui 62 salariés, vise une croissance de 50% de son chiffre d'affaires d'ici à 2022, en misant sur la numérisation de l'ensemble de sa chaîne de production.

Bientôt, les robots soudeurs et chaudronniers prendront leur place dans l'atelier, sans pour autant remplacer les hommes. — Photo : Pierre Gicquel

Fondée en 1932, la société familiale Castel de Landivisiau a su traverser les années en s’adaptant aux évolutions de l’économie locale. Trois générations et 85 ans plus tard, le spécialiste des systèmes de gestion du vrac (stockage céréalier, silos, trémies, convoyeurs à bandes) arrive à une nouvelle étape importante de son histoire, en misant sur la numérisation de sa chaîne de production.

Bruno Madec a succédé à son père à la tête de l'entreprise à la fin des années 1990.
Bruno Madec a succédé à son père à la tête de l'entreprise à la fin des années 1990. - Photo : Pierre Gicquel

85 ans d'histoire

« Mon grand-père maternel, menuisier à son compte, réparait les moulins de la région. C'est là qu'il a commencé à travailler autour du broyage de céréales » se souvient Bruno Madec. La petite entreprise se tournera aussi vers l’activité bois, « d’où le castor comme emblème de la société », puis accompagnera l’essor des coopératives agricoles dès le début des années 1960. Reprise par son père en 1969, l’entreprise se concentrera sur l’équipement des élevages jusqu’au milieu des années 1980, « en restant sous le seuil des 50 salariés ».

Photo : Pierre Gicquel

Port de Brest : le déclic

« En1987, le président de la CCI de Brest de l'époque, Maurice Hartereau, nous a persuadé que l'on pouvait viser plus grand ». Pari réussi en obtenant le marché du tapis à quai du terminal céréalier du port. L’élément déclencheur pour se tourner dès lors vers le gros tonnage. « Cela a levé une barrière et nous a prouvé que nous étions capables de relever des défis plus grands que nous. Comme il y a trois ans, où nous assurions un marché de 5,5 millions d'euros au port de Rouen, en même temps qu'un marché de 3,3 millions d'euros près de Rennes… Aujourd'hui on trouve du matériel Castel dans tous les ports français ! »

« Aujourd'hui on trouve du matériel Castel dans tous les ports français ! »


En 1991, l'entreprise prend place sur son site actuel de Landivisiau de 5 500m². Commence alors la conquête commerciale dans le granulat et le traitement des déchets Castel ira jusqu'à compter une centaine de salariés. Bruno Madec arrive alors dans l'entreprise par la petite porte : « J'ai fait tous les métiers dans cette entreprise, avec l'idée d'être le plus polyvalent possible. J'ai par la suite obtenu un diplôme d'ingénieur en aéronautique.» Les années 2000 verront un changement du marché agricole, avec plus de chantiers de taille moyenne au sein même des exploitations. Castel opte alors pour la sous-traitance, notamment en soudure et chaudronnerie et passe à 62 salariés. « En induit, Castel représente toujours une centaine d'emplois sur le territoire. Aujourd’hui, l'agricole c'est 30% de notre activité, contre 70% dans l'industrie. Mais il suffit d'un gros chantier pour changer cet équilibre. »

On retrouve les équipements Castel sur trois continents.
On retrouve les équipements Castel sur trois continents. - Photo : Pierre Gicquel

Le qualitatif pour tirer son épingle du jeu

La dernière décennie a apporté une concurrence mondialisée. Castel a pourtant su tirer son épingle du jeu à l’international : « Les années 2010 ont ouvert l'ère de l'export. Nous avons beaucoup œuvré pour l'équipement des ports en Afrique, pour le broyage dans les Pays de l'Est mais aussi décroché un contrat pour le traitement des déchets en Australie ! Même si la Chine propose du matériel 30 à 40% moins cher, nous travaillons clairement un cran au-dessus sur le plan qualitatif.»
Cette phase s’est accompagnée d’une diversification, avec une part croissante de chantiers dans le domaine de la carrière et du minéral. « Nous avons d'ailleurs de gros projets dans ce domaine en Bretagne pour 2019, car le BTP reprend de la vigueur. Par contre, le traitement des déchets connaît une baisse d'investissement. »

« Nous allons repenser toute notre gamme de produits pour aller vers l’usine 4.0»

Le site actuel de 5 500 m²  est utilisé depuis 1991. 600 000 € ont été investis pour sa modernisation.
Le site actuel de 5 500 m² est utilisé depuis 1991. 600 000 € ont été investis pour sa modernisation. - Photo : Pierre Gicquel

« Vers l'usine 4.0 »


« Les gros projets arrivent ! » sourit Bruno Madec, en annonçant la prochaine évolution de son entreprise, qu'il souhaite tourner vers l'innovation. « Nous allons repenser toute notre gamme de produits pour aller vers l’usine 4.0. Que ce soit en termes de coût de fabrication et d'entretien, d’objets connectés : on va aller vers les écoles d'ingénieurs en leur demandant de se lâcher ! »
Du côté de la chaîne de fabrication, là aussi il y a du changement : « Nous allons numériser l'ensemble de la production, de la prise de cote sur le terrain avec un scanner numérique au dessin industriel, en passant par l'achat de robots en soudure et chaudronnerie. »
Cela veut-il dire que des emplois seront supprimés ? « Absolument pas, ce gain de confort est apprécié par les salariés et ils pourront se concentrer sur d'autres tâches valorisantes. Par contre en terme d'embauches futures, cela veut dire que nous ciblerons plus de personnes dans le bureau d'études et le commercial ».

Photo : Pierre Gicquel

Objectif 15 M€ de CA en 2022


Un investissement global de 600 000 euros en machines qui permet à Bruno Madec de viser une augmentation de 50% du chiffre d'affaires de Castel d'ici 2022, pour atteindre 15 millions d'euros. « C'est un pari ambitieux mais c'est comme cela que l'on motive les équipes !

Bientôt, les robots soudeurs et chaudronniers prendront leur place dans l'atelier, sans pour autant remplacer les hommes. — Photo : Pierre Gicquel

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