Finistère

Agroalimentaire

Bretagne Viandes veut se faire une place dans les rayons

Par Isabelle Jaffré, le 24 avril 2017

Reprise en 2012 par Thomas Doreau, la PME quimpéroise Bretagne Viandes, après cinq millions d'euros d'investissement pour moderniser l'abattoir et les ateliers de découpe et hachage, lance sa propre marque, régionale, de viande hachée en grande surface.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

« L'idée n'est pas de concurrencer Bigard ! Mais entre ce leader et les MDD, il y a une place à prendre dans les rayons avec une marque régionale », estime Thomas Doreau, P-dg de Bretagne Viandes. La PME de 165 salariés et 70 millions d'euros de chiffre d'affaires, vient de lancer ses produits de viandes hachées sous sa marque propre : « Bretagne Viandes ».

Une marque comme activité complémentaire

Précédemment, l'entreprise fournissait les boucheries de GMS en carcasses et muscles sous vide uniquement. « On s'est dit que c'était dommage de ne pas avoir de visibilité au niveau régional. Nous sommes une entreprise qui créé de l'emploi local, avec de la viande locale. 98 % des vaches qui rentrent - toutes sur pieds ! - sont bretonnes. Le reste vient des régions limitrophes. Or c'est une demande des consommateurs actuellement. D'où l'idée de lancer cette gamme de viande hachée surgelée. On ne va pas être révolutionnaire sur le marché », explique le dirigeant.

Quatre produits sont déjà dans les rayons : des steaks hachés pur boeuf, de la viande hachée par sachet en vrac sous divers conditionnements. Un cinquième, du veau égrainé en vrac, arrivera prochainement. Bretagne Viandes a négocié en direct avec quelques magasins : Leclerc, Carrefour, Système U. Pas question d'aller chercher un référencement national. « On reste une goutte d'eau face à des industriels comme Bigard. On vise 200 à 300 tonnes commercialisées par an, contre une dizaine de milliers de tonnes de leur côté. On a reçu un bon accueil. »

5 millions d'euros investis depuis 2012

Pour la première année, le poids de cette nouvelle activité devrait rester anecdotique, 1 % du chiffre d'affaires environ. « À terme, on espère 3 à 5 % mais ça restera une activité complémentaire, ajoute Thomas Doreau. C'est aussi un moyen de donner une image plus moderne, plus innovante de la société. C'est une valeur ajoutée. » La modernité de Bretagne Viandes est quelque chose qui compte pour le P-dg, qui en a pris les rênes en 2012. Depuis, plus de cinq millions d'euros ont été investis. « On a racheté le site voisin. On est d'ailleurs en train de faire les travaux pour le relier. On a créé l'atelier boucherie et hachage. Au total, un investissement de 2,5 millions d'euros », résume le P-dg. Cette année, de nouveaux investissements sont en cours. « On étend l'atelier découpe en multipliant par trois la surface. On fait actuellement 5.500 tonnes par an, l'objectif est d'arriver à 8.000 tonnes par an. »

Un investissement d'1,5 million d'euros. En fin d'année, ce sera au tour de l'abattoir de faire peau neuve : un million d'euros pour une nouvelle unité de ressuage (séchage d'une carcasse après l'abattage). Actuellement, Bretagne Viandes créé aussi une nouvelle station de prétraitement des eaux usées de l'abattoir pour 300.000 euros. « Il s'agit de renouveler la station existante datant de 1998, date d'inauguration de l'abattoir, qui est devenue sous dimensionnée », ajoute le patron.

Moins d'export, plus de régional

Entre 2012 et 2016, les volumes traités ont légèrement augmenté, passant de 13 500 à 14 500 tonnes. « Le chiffre d'affaires aussi est en légère hausse. On faisait 68 millions d'euros en 2015, 72 en 2015, 70 en 2016 (75 pour le groupe). Quant au résultat, il est autour d'1 %. On ne fait pas beaucoup de marge dans la viande. » La création de la marque Bretagne Viandes marque aussi un changement de la stratégie export de l'entreprise, qui représentait 30 % en 2015. « On était dans une impasse face à la concurrence. Surtout depuis la fermeture de la Russie. On a vu arriver sur les marchés italien ou grec des concurrents des pays de l'Est. » Résultat : -20 % de la part export en 2016 qui tombe à 24 %.

Même chose, vraisemblablement, en 2017. « On vise 20 % et on se concentre sur le local et le régional. On fait 40 % de notre chiffre en région. Après, on applique la technique de l'escargot, on s'étend de proche en proche. Et ça nous évite de subir l'export ! », conclut Thomas Doreau.

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