Bretagne

Santé

Boiron : une croissance à dose non homéopathique

Par Jean-Marc Le Droff, le 20 mai 2016

Installé dans la Cité du Ponant depuis 1985, l'antenne brestoise des laboratoires Boiron affiche une belle santé. Chaque jour, elle livre ses médicaments homéopathiques dans près de 550 pharmacies finistériennes, mais aussi morbihannaises et costarmoricaines. Une activité soutenue qui lui permet d'afficher un chiffre d'affaires qui frôle les 10 millions d'euros, en croissance de près de 8% cette année.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

« Quand je suis arrivée au Relecq-Kerhuon, en 1985, on était seulement huit salariés dans 300m²», se souvient Lydia Villefeu, pharmacienne et directrice de Boiron Brest. En 2000, l'établissement emménage dans un bâtiment de 600m² dans la zone de Kergaradec, où il emploie aujourd'hui 27 salariés (dont 78% de femmes) pour un chiffre d'affaires de près de 10 millions d'euros, en croissance de 7,7% cette année.

15% de rentabilité

Le groupe affiche lui aussi de belles performances avec près de 640 millions d'euros de CA au niveau mondial, dont près de la moitié en France, où il compte une trentaine d'établissements.« Nous n'avons pas de concurrent majeurs en France, mais dès qu'on sort de l'Hexagone, il y en a une foultitude », précise Jean-François Lurol, directeur relations extérieures d'un groupe dont le siège est basé à Lyon où il dispose par ailleurs de deux sites de production qui s'ajoutent à ceux de Tours et de Marne la Vallée. La rentabilité est elle aussi au rendez-vous, avec une moyenne nationale de l'ordre de 15%. 

Accords d'entreprise spécifiques

Boiron n'a-t-il jamais envisagé de délocaliser sa production? « Ce n'est pas notre politique, car fabriquer en France est un gage de très haute qualité et, avec plus de 3000 employés, nous avons un rôle sociétal à jouer», argumente Jean-François Lurol, qui fait valoir une trentaine d'accords sociaux spécifiques à l'entreprise: diminution progressive du temps de travail, - à salaire constant-, à l'approche du départ en retraite ou encore possibilité de temps choisi à des moments clés de la vie du salarié. Et côté approvisionnement, on joue aussi la carte française : « Mises à part certaines plantes exotiques, la majorité de nos récoltants sont français et respectent une charte de qualité drastique qui prend en compte des critères environnementaux et de préservation de la flore», souligne Lydia Villefeu.

Agrandissement en vue ?

« Le site de Brest se situe dans la moyenne de nos établissements français», reprend Jean-François Lurol. Mais le climat breton amène tout de même ses spécificités pour l'approvisionnement : « le temps humide facilite l'apparition de maladies ORL plus spécifiques, et certaines espèces végétales entraînent des allergies qu'on retrouve moins ailleurs», analyse ainsi Lydia Villefeu. Et si l'antenne brestoise des laboratoires Boiron se fait relativement discrète dans la Cité du Ponant, elle n'en demeure pas moins la plateforme logistique du groupe pour toute la pointe bretonne, livrant deux fois par jour 550 officines du Finistère et d'une partie des Côtes d'Armor et du Morbihan. « Nous disposons également d'un petit laboratoire pour réaliser des préparations sur-mesure», précise Lydia Villefeu qui, avec une telle croissance, n'exclue pas la possibilité de s'agrandir dans les années à venir. 

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