Bretagne

Événementiel

Audiolite en pleine effervescence après deux ans de crise

Par Jean-Marc Le Droff, le 21 juin 2022

Basée à Guipavas (Finistère) et également implantée à Bruz, près de Rennes, l’entreprise Audiolite est un poids lourd de l’événementiel breton. Après quasiment six mois d’arrêt l’année dernière, son activité de location de matériel de sonorisation, d’éclairage et de vidéo repart sur les chapeaux de roues… Avec son lot de nouvelles contraintes et d’incertitudes.

Franck Fily (à gauche) et Sylvain Turpin, les deux associés à la tête de l’entreprise Audiolite, croulent sous les demandes après deux années perturbées par la crise sanitaire.
Franck Fily (à gauche) et Sylvain Turpin, les deux associés à la tête de l’entreprise Audiolite, croulent sous les demandes après deux années perturbées par la crise sanitaire. — Photo : Jean-Marc Le Droff

En temps normal, l’activité de l’entreprise Audiolite (14 salariés, 5 M€ de CA) se partage à parts égales entre la location et la vente-installation de matériel scénique dans tout l’ouest breton. Et si la partie location a été fortement impactée par la crise sanitaire en 2020 et 2021, Franck Fily et Sylvain Turpin, ses deux dirigeants, sont parvenus à limiter la casse en profitant de cette période pour gagner des parts de marché sur la partie vente.

Festivals, spectacles, événementiel d’entreprise… “Aujourd’hui l’activité de location est complètement relancée, et est même anormalement forte, car il y a un effet de rattrapage de tous les événements qui ont été reportés”, analyse Franck Fily. Une reprise qui s’accompagne de son lot de problèmes, dans un contexte de flambée des coûts et de manque de personnel. “Nous sommes passés d’un métier d’anticipation à un métier de réaction pour parer au plus urgent… Et on manque notamment de bras car de nombreux intermittents ont changé de voie depuis le début de la crise sanitaire, alors même qu’on croule sous le travail et qu’on n’a pas le temps d’en former de nouveaux”, explique celui qui a perdu une douzaine de collaborateurs sur un pool de 70 intermittents.

Difficultés d’approvisionnement

“À cela s’ajoute la hausse du prix de carburant, mais aussi de l’hébergement de nos salariés car suite à la fermeture des hôtels, le prix des locations sur Airbnb a lui aussi augmenté”. Autre problème : le coût du matériel, lui aussi en hausse de 10 à 15 % avec des délais de livraison qui, pour certains produits, sont passés de 4 à 40 semaines. “Certaines commandes passées en octobre 2021 n’ont toujours pas été livrées”, soupire le dirigeant. Même constat pour le renouvellement de sa flotte de 14 véhicules, essentiellement des fourgons et des poids lourds. “Nous sommes sur des délais d’un an, avec des prix qui ont parfois bondi de plus de 15 000 euros par rapport à il y a trois ans. On en est à regarder les véhicules d’occasion ou de location…”

Autant de contraintes qui pèsent sur les marges de l’entreprise. “En règle générale, nos clients de la partie événementielle comprennent que l’on répercute les hausses de coûts sur leur facture. Mais ça devient plus compliqué pour la partie vente, car comme dans le bâtiment, les chantiers ont parfois été signés il y a deux ou trois ans, avec des devis à 80 % de matériel et 20 % de main-d’œuvre". Pour autant, Franck Fily reste optimiste. “On était bien armés pour résister à la crise, et aujourd’hui la pandémie semble derrière nous, même s’il subsiste encore de nombreux effets secondaires”.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition