Finistère

Biotech

Algaia s'attaque au marché de l'agriculture innovante

Par Isabelle Jaffré, le 25 juin 2018

Algaia, société spécialisée dans les extraits d'algues et basée à Paris, dans le Finistère et en Normandie, vient de lever 4 millions d'euros. L'entreprise en a déjà investi 5 millions pour se développer au-delà des cosmétiques - son marché traditionnel - et s'attaque désormais à l'agriculture.

Le bâtiment de stockage de l'usine Algaia de Lannilis, dans le Finistère.
Le bâtiment de stockage de l'usine Algaia de Lannilis, dans le Finistère. — Photo : © Isabelle Jaffré - Le Journal des entreprises

Un an et demi après le rachat de l’usine Cargill de Lannilis (Finistère), Algaia, spécialisée dans les ingrédients issus d'extraits d’algues marines, vient de terminer un nouveau tour de table. Quatre millions d’euros vont être injectés dans l’entreprise par l’actionnaire principal, le groupe israélien Maabarot Products. Cette levée de fonds va servir à supporter la future expansion de l’usine bretonne d’alginates et du centre d’innovation situé à Saint-Lô (Manche).

Mais les détails concernant les futurs projets restent pour l’instant secrets. « Il est trop tôt pour en parler, nous sommes sur un marché très concurrentiel », explique Fabrice Bohin, le PDG. Une chose est sûre, Algaia avance vite. Avant ce tour de table, 5 millions d’euros ont déjà été investis en 2017 et 2018. À Lannilis, ces investissements ont permis à l’usine, qui emploie aujourd’hui 77 personnes, de faire peau neuve : équipements modernisés, réorganisation des bâtiments, station d’épuration, etc. Mais surtout de lancer des innovations sur le marché.

De la cosmétique à l'AgTech

La nouvelle ligne de production qui vient d’être installée est l'aboutissement de trois ans dans recherche. « Nous allons pouvoir produire des extraits d’algues à la fois solides, sous forme de poudre, et liquide, avec d’autres molécules. Nous sommes la seule société au monde à pouvoir le faire simultanément », indique le dirigeant.

Algaia va ainsi élargir son offre à de nouveaux marchés. « Nous travaillons principalement pour la cosmétique. Mais nous nous attaquons désormais au secteur de l’AgTech (technologies innovantes appliquées à l'agriculture, NDLR) grâce à ces extraits d’algues liquides », indique Fabrice Bohin. L’objectif pour la société est de se différencier au maximum avec des produits de spécialité, « sans concurrencer nos clients, qui assurent d’autres transformations ensuite », précise-t-il. Algaia travaille déjà avec les industriels de l'agroalimentaire. Fin 2017, elle lançait par exemple un nouvel extrait d'algues : la Satialgine DVA, pour les desserts.

Pilote industriel à Saint-Lô

Fabrice Bohin, PDG d'Algaia.
Fabrice Bohin, PDG d'Algaia. - Photo : © Isabelle Jaffré - Le Journal des entreprises

C’est à Saint-Lô que l’entreprise conçoit ses futurs produits, grâce à un site-pilote industriel ouvert fin 2016. « C’est une mini-usine qui sert à développer les technologies du futur. Une partie des cinq millions d’euros y ont été investis », explique le dirigeant. Douze personnes y travaillent.

Algaia est aujourd'hui en forte croissance : elle compte 95 salariés et 17 postes ont été créés rien qu’en 2017. Son chiffre d’affaires atteint 15 millions d’euros, dont 90 % sont réalisés à l’export dans plus de 40 pays. Elle devrait même atteindre les 18 à 19 M€ de CA en 2018. L'entreprise cherche aussi des opportunités de croissance externe, surtout en Bretagne. « C'est là que se concentrent les ressources en algues. »

Le bâtiment de stockage de l'usine Algaia de Lannilis, dans le Finistère.
Le bâtiment de stockage de l'usine Algaia de Lannilis, dans le Finistère. — Photo : © Isabelle Jaffré - Le Journal des entreprises

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