Réseaux économiques

Upia-Medef 22 : « J’en appelle au bon sens lors des contrôles réalisés sur le télétravail »

Par Jean Doméon, le 12 novembre 2020

Par la voix de son président Franck Perrin-Morel, l’Upia-Medef 22, syndicat patronal des Côtes-d’Armor, appelle l’administration à faire preuve de bon sens lors des contrôles de mise en place du télétravail en cette période de confinement.

Franck Perrin-Morel, président de l'Upia-Medef 22.
Franck Perrin-Morel, président de l'Upia-Medef 22. — Photo : @DR

Quel regard portez-vous sur ce second confinement ?

Nous comprenons et partageons les vives inquiétudes sur la situation sanitaire. Rien ne serait pire que d’avoir l’un de ses proches qui serait durement atteint par ce virus. Toutefois, nous sommes tout aussi inquiets de l’état économique de notre pays et de notre territoire. En la matière, il n’y a pas de hiérarchie à notre sens, puisque de cette situation économique dépendent les activités et les emplois. Sans travail, sans ressources, nous sommes tous condamnés au cercle vicieux de l’endettement.

Le soutien de l’État n’est-il pas suffisant ?

L’État soutient de manière considérable les activités en difficulté et nous reconnaissons l’ampleur des dispositifs mis en œuvre ainsi que la qualité du dialogue instauré à cette occasion avec l’ensemble des représentants de l’administration. Néanmoins, le fonctionnement sous assistance ne peut durer qu’un temps et nombre d’entreprises peinent à reprendre un niveau d’activité normal alors qu’elles devront procéder sous peu aux remboursements des prêts et reports accordés.

Nous ne pouvons pas poursuivre un mouvement alterné de confinement et de déconfinement, au gré des vagues successives de cette pandémie. Dans cette logique, nous ne partageons pas du tout la considération selon laquelle certaines activités seraient essentielles tandis que d’autres ne le seraient pas. Cessons d’opposer les uns aux autres !

Appelez-vous à la réouverture des commerces de proximité ?

Nous ne pouvons qu’être solidaires des commerçants frappés par une mesure de fermeture et nous appelons à leur réouverture au plus vite, avec un protocole sanitaire renforcé notamment en termes de jauge d’accueil. Le conseil scientifique a affirmé qu’une majorité des contaminations a lieu dans la sphère privée, c’est pourquoi, il est nécessaire de ne pas pénaliser davantage les entreprises, leurs salariés et leurs clients. Autoriser tout le monde à acheter et à vendre relève de l’intérêt général.

Montez-vous également au créneau sur la question du télétravail ?

Le télétravail obligatoire pour tous les postes supposés "télétravaillables" nous apparaît très contestable. Si certains souhaitent le pratiquer, nombre de collaborateurs ont mal vécu la période passée et ne veulent surtout pas la revivre. Ils ne disposent pas d’un lieu permettant de travailler chez eux dans de bonnes conditions et peuvent vivre mal l’absence de lien social. Enfin, avec cette question, on réactive le clivage entre cols bleus travaillant sur site et cols blancs, souvent mieux rémunérés et pouvant se mettre à l’abri. C’est regrettable, car ce n’est pas la réalité.

Aussi, l’Upia-Medef 22 plaide en faveur d’un télétravail partiel ou « dosé », organisé dans le cadre du dialogue social d’entreprise. Nous appelons à la modération responsable et au bon sens lors des contrôles qui vont être réalisés sous peu.

Franck Perrin-Morel, président de l'Upia-Medef 22.
Franck Perrin-Morel, président de l'Upia-Medef 22. — Photo : @DR

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