Saint-Brieuc

Commerce

Enquête Un commerce sur trois fermé en centre-ville de Saint-Brieuc en 2017

Par Julien Uguet, le 03 mars 2017

Avec 189 magasins vides en 2017, Saint-Brieuc confirme son statut de centre-ville à part dans le paysage national de la vacance commerciale. Avec un taux de mitage de 32,1 %, la préfecture des Côtes-d'Armor s'enfonce dans un marasme durable.

Photo : Julien Uguet / Journal des entreprises

Les années se suivent et se ressemblent pour le commerce du centre-ville de Saint-Brieuc. Avec 189 cellules vides en 2017, la préfecture des Côtes-d'Armor poursuit sa spirale négative qui l'a amené, en six ans, à enregistrer la fermeture de 100 magasins supplémentaires (89 cellules vides en 2011).

Pas du bashing...

Les résultats de la septième édition du baromètre « Commerce à Saint-Brieuc* » sont, une nouvelle fois, malheureusement, cruels. Publié en exclusivité par Le Journal des Entreprises des Côtes-d'Armor, ce panorama se veut le reflet exhaustif du dynamisme commercial briochin actuel. Non, les chiffres ne sont pas faussés, comme peuvent le laisser entendre certains détracteurs. Ils sont la photographie précise d'un parc en perte de repères depuis plusieurs années.

...mais la juste réalité

Et non, la publication de ces chiffres ne contribue pas au « Saint-Brieuc bashing ». Certes, comme l'avance très justement le service communication de la mairie de Saint-Brieuc, plus de 40 pas-de-porte ont trouvé preneurs en 2016. Mais, sur la même période, 49 boutiques ont baissé leur rideau. Et ce chiffre, il ne faut surtout pas en faire état. Circulez il n'y a rien à voir !

En six ans, le taux de mitage du centre-ville de Saint-Brieuc, est ainsi passé de 15,1 % en 2011 à 32,1 % en 2017. Certes, sur un an, la progression n'a concerné que 9 unités, soit une hausse de 5 %, là où les progressions annuelles oscillaient entre 15 % et 25 % par le passé. Certains y verront les prémices du retournement mais à vrai dire, quand on a touché autant le fond, difficile de creuser plus bas.

Le miroir LGV

Aucune rue n'est épargnée par cette crise structurelle. On recense 21 pas-de-porte vides dans les deux principales artères commerçantes que sont la rue Saint Guillaume et la rue Charbonnerie. Sur l'ensemble du pavé piétonnier du coeur de ville, ce chiffre atteint même 49, sans compter les nombreuses cellules en quête de repreneurs dans le centre commercial Les Champs. La situation est tout aussi préoccupante rue de la gare, l'axe principal qui reliera le coeur de ville à la LGV à compter du 2 juillet 2017. Plus de 10 boutiques y sont actuellement fermées. Pas facile, face à ce panorama visuel peu reluisant, de « vendre » l'attractivité de Saint-Brieuc quand la première image à la descente des quais est actuellement constituée de magasins vides, pour la plupart dans un profond état de délabrement.

Un parc délabré

Car c'est bien là l'un des points noirs du commerce briochin. En l'absence de rotation commerciale depuis six ans, le parc se détériore à vitesse grand V. Vitrines recouvertes d'affiches, enseignes taguées, intérieurs de boutiques sales, etc. Difficile avec de tels arguments de séduire des investisseurs ou des porteurs de projets. Il n'y a qu'a se promener dans les rues Houvenagle et Maréchal Foch (19 cellules vides), la rue de Gouédic (13 cellules vides) ou celle des Trois-Frères-Le-Goff (10 cellules vides) pour constater l'état avancé de détérioration de nombreuses devantures.

Un plan d'actions en projet

La requalification urbaine en cours, portée par le maire Bruno Joncour, est certes nécessaire sur le long terme, mais elle ne contribue pas à changer, sur le court terme, la réalité du commerce briochin. Pire, elle risque de le fragiliser davantage dans les nombreux secteurs en travaux. Un nouveau plan d'actions, construit autour du fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce, est en cours d'élaboration. Un dossier dont les contours sont encore en construction et qui, selon les orientations prises, mettra dans tous les cas du temps à porter ses fruits.

* Relevés effectués du 17 au 20 février 2017.

Photo : Julien Uguet / Journal des entreprises

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