Côtes-d'Armor

Agriculture

Porc Armor Évolution cultive son particularisme

Par Julien Uguet, le 27 juin 2019

Dans un marché concurrentiel, Porc Armor Évolution, troisième groupement porcin français dont le siège est à Loudéac (Côtes-d'Armor), a choisi le service aux éleveurs pour convaincre les nouvelles générations de le rejoindre.

André Bloc'h, dirigeant de la coopérative d'éleveurs porcins Porc Armor Evolution, basée à Loudéac
André Bloc'h dirige Porc Armor Evolution, troisième groupement porcin de France avec 1,9 million de porcs commercialisés en 2018. — Photo : @DR

Issue de la double fusion, en 2009 et en 2012, des groupements Porc Ouest et l’Armorique, puis de Cofipor, Porc Armor Évolution est un acteur atypique dans l’univers porcin. Par sa taille (1,9 million de porcs commercialisés pour 270 millions d’euros de chiffre d’affaires), la coopérative a su conserver une taille humaine qu’elle cultive comme une force dans un univers de plus en plus concurrentiel.

« Tout en rayonnant sur 15 départements du grand Ouest, nous avons fait le choix de jouer la carte de la proximité avec nos 600 éleveurs, précise André Bloc’h, directeur de Porc Armor Évolution, présidée par Philippe Lecornué, éleveur dans la Sarthe. Lors de chaque fusion, nous avons converti les ex-sièges de Châteaulin (Finistère) et d’Étrelles (Ille-et-Vilaine) en antennes qui agissent en véritable complémentarité avec le siège social de Loudéac. »

Des abattoirs partenaires

Exigeante, cette organisation permet à la coopérative de déployer son projet d’entreprise construit au service de ses adhérents. « Notre premier métier, qui a construit l’ADN de Porc Armor Évolution, est un travail important au niveau commercial et technique. Cela nous a amenés à prendre des parts dans l’abattoir Aberra, mais aussi à nouer un partenariat avec l'abattoir Bernard. Nous offrons des solutions multiples à nos éleveurs dans une logique constante de recherche de valeur ajoutée. »

De nouvelles démarches, comme un contrat avec Herta, ont permis au groupement costarmoricain d’aller vers toujours plus de segmentation. « La culture de niche est dans notre esprit depuis toujours. C’est essentiel pour convaincre des éleveurs de nous rejoindre. Ils sont de plus en plus nombreux car, tout en les accompagnant, nous leur assurons de conserver leur autonomie. Pour preuve, en 2010, nous produisons 1,5 million de porcs. Neuf ans plus tard, c’est 400 000 de plus. »

Un rôle d’accompagnateur

Second métier de Porc Armor Évolution, son pôle « environnement-bâtiment » qui concentre les compétences permettant aux éleveurs de réussir la transmission de leur élevage. « C’est un travail précieux car il a nécessité la mise en place, en interne, de compétences pointues. Nous intervenons sur les problématiques de mise en relation, de négociations avec les banques, de mise aux normes et de modernisation, etc. » La coopérative développe également la formation de ses « chefs d’entreprise » avec des montées en compétences en termes de gestion, de management, de biosécurité. « Il faut former les générations de demain qui n’ont rien à voir avec celles d’hier. L’enjeu est immense sur ce terrain-là également. »

Enfin, Porc Armor Évolution garde un œil très attentif sur les métiers de la pharmacie avec un suivi sanitaire intégré. « Ces partenariats avec les vétérinaires nous permettent de proposer et de déployer rapidement des nouvelles solutions, notamment pour réduire les antibiotiques, ajoute André Bloc’h. Nous avons fait le choix du service aux éleveurs. C’est le véritable créneau du groupement. »

André Bloc'h, dirigeant de la coopérative d'éleveurs porcins Porc Armor Evolution, basée à Loudéac
André Bloc'h dirige Porc Armor Evolution, troisième groupement porcin de France avec 1,9 million de porcs commercialisés en 2018. — Photo : @DR

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