Télécoms

Nokia accélère sa transformation en supprimant plus de 1200 postes en France

Par Julien Uguet, le 22 juin 2020

En rationalisant ses effectifs en France, avec 1 233 suppressions de postes, dont 402 sur le site de Lannion (Côtes-d’Armor), le géant des télécoms Nokia entend améliorer sa compétitivité et garantir sa performance à long terme.

Thierry Boisnon, président de Nokia en France.
Thierry Boisnon, président de Nokia en France. — Photo : @DR

Nouveau coup de semonce pour le site Nokia de Lannion (Côtes-d’Armor). Plus de 402 postes, sur les 800 que compte le site trégorrois, sont sur la sellette. En 2016, lors du rachat d’Alcatel-Lucent, l’État français avait imposé au géant finlandais des télécoms de maintenir et d’augmenter les emplois en R & D en France. Cet engagement pris auprès du ministre de l’économie de l’époque, Emmanuel Macron, s’est terminé… en juin 2020. Nokia avait toutefois, entre-temps, mené trois autres plans de sauvegarde l’emploi afin de restructurer l’entreprise sans toucher aux métiers stratégiques liés à la R & D. À Lannion, l’emploi avait été globalement maintenu avec uniquement 44 suppressions de poste.

Les filiales pas concernées

Dans un communiqué Nokia annonce aujourd’hui un projet de rationalisation de ses activités en France, mis en œuvre dans le cadre d’un programme mondial, dans un contexte de marché où la pression sur les coûts demeure très importante. Les deux sites français de Lannion et Paris-Saclay (Essonne) vont perdre, au total, 1 233 postes dans la R & D et les fonctions centrales. « L’objectif est d’accroître l’efficacité opérationnelle, d’améliorer la productivité et gagner en agilité en matière de R & D », précise le groupe qui emploie plus de 100 000 salariés dans le monde, dont 4 000 en France.

Les trois filiales françaises de Nokia – Radio Frequency Systems (RFS), Nokia Bell Labs France (NBLF) et Alcatel Submarine Networks (ASN) – demeurent en dehors du périmètre de ce projet. « Nokia continuera d’être un employeur important en France avec un ancrage solide au niveau de la R & D, des ventes et des services, ce qui nous permettra de développer et d’exécuter avec efficacité les projets de nos clients, déclare Thierry Boisnon, président de Nokia en France. L’Hexagone restera un pôle de R & D déterminant, principalement autour du développement des technologies 5G et de la transmission par faisceaux hertziens, ainsi que dans la recherche avancée avec Bell Labs, dont l’Internet des objets et la nouvelle génération de solutions de transport. »

Un site modernisé en 2018

La procédure d’information-consultation des instances représentatives du personnel devrait débuter les 6 et 7 juillet. Nokia annonce vouloir limiter l’impact social de ce projet de transformation en proposant un plan de départs volontaires lorsque cela sera possible et en offrant des solutions de reclassement adaptées à la situation personnelle de chacun des employés concernés. En 2018, après avoir vendu une partie de son site à Lannion Trégor Communauté, Nokia avait investi 30 millions d’euros dans la rénovation et la modernisation des laboratoires existants afin de tourner le site costarmoricain vers l’avenir autour de la 5G et de cyberdéfense.

Thierry Boisnon, président de Nokia en France.
Thierry Boisnon, président de Nokia en France. — Photo : @DR

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