Maac Hydraulic : Les vérins de Paimpol à l'export

Par Julien Uguet, le 05 juin 2009

À Paimpol, l'entreprise Maac Hydraulic a décidé d'accélérer son développement à l'international pour limiter les effets de la crise qui touche actuellement le secteur industriel. Une stratégie audacieuse, que les dirigeants espèrent rapidement payante, pour ce spécialiste des vérins hydrauliques sur-mesure.
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

L'histoire de Maac Hydraulic a débuté juste après la 2e guerre mondiale, du côté de Guingamp. À l'époque, l'activité de l'entreprise, fondée par Jacques Agiman, est centrée sur tous les matériels d'automation et les processus dits cybernétiques! «L'anecdote veut que ce soit en testant par hasard un système de vérins sur un lit, pour faire remonter le sommier au niveau de la tête et des pieds, que Maac se soit lancée sur ce créneau des vérins aéronautiques puis hydrauliques, précise Jean-François Bory, P-dg de la structure depuis septembre2007. C'est rapidement devenu une véritable spécialité.» Le succès commercial est au rendez-vous et Maac connaît pendant plus de 30 ans une croissance exponentielle. Le groupe, dont le siège a été transféré à Neuilly Sur Seine, compte alors quatre sites industriels à Houilles, Guingamp, Paimpol et Vitrolles. Le chiffre d'affaires est à l'époque de 32millions de francs (5M€) pour 220 salariés.




Vente en appartement

Las! Des difficultés de trésorerie contraignent le groupe à déposer le bilan en 1982. Une location-gérance confiée à Albert Speurt est mise en place pour tenter de redresser l'entreprise. Malgré des investissements industriels conséquents et une réorganisation de ses activités, Maac ne parvient pas à sortir la tête de l'eau. La société est liquidée en décembre1990. S'ensuit une vente en appartement des activités du groupe créé 40 ans auparavant par Jacques Agiman. Alain Martineau, homme d'affaires parisien, rachète le site de Paimpol. Le siège social est transféré à Suresnes (92). Toujours malmenée, Maac ne devra son salut qu'à l'obtention d'un marché public militaire d'envergure en 1992: la fabrication de la manoeuvre du gouvernail et du système antiroulis du porte-avions Charles de Gaulle. «Le savoir-faire de l'entreprise a été pleinement mis en lumière.» L'équilibre financier est atteint en 1996 permettant à Maac d'investir massivement dans une modernisation de ses outils de production. Les machines à commandes numériques font alors leur entrée dans les 8.000m² du site de production. Fin 2006, la société compte 24 salariés et réalise un chiffre d'affaires de 2,4M€.




Cap sur l'export

Courant 2007, Jean-François Bory, associé au fonds d'investissement Bretagne Participations, prend les commandes de Maac Hydraulic. «Alain Martineau cherchait à vendre car son équipe commerciale partait en retraite. Mon ami Alain Brisat, qui dispose d'un véritable bagage au niveau commercial et export, a accepté de m'accompagner dans cette aventure. Le potentiel de Maac est là. À nous de savoir pleinement l'exploiter et le mettre en valeur. J'ai été frappé, en arrivant dans l'entreprise, par la formidable implication et la volonté de tous les salariés.» Jean-François Bory et son équipe ébauchent un plan de marché à l'horizon 2010. Augmenter la part des exportations en est la priorité nº1. «Nos vérins sont présents partout dans le monde. Que ce soit dans un port en Chine ou dans une cimenterie en Turquie. L'idée est de s'appuyer sur cette notoriété pour vendre en direct davantage de nos produits.» La diversification des compétences est aussi dans les cartons. «L'objectif est d'être capable de répondre à des projets plus globaux pour que la valeur ajoutée reste dans l'entreprise. C'est un travail de longue haleine mais nous l'espérons payant à moyen terme.

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