Côtes-d'Armor

Biens de consommation

Literie Michel : L'entreprise veille depuis 50 ans sur votre sommeil

Par Bénédicte Hascoët, le 05 octobre 2012

Le fabricant et distributeur Literie Michel fête ses 50 ans cette année. La PME familiale a su traverser la crise en développant de nouvelles gammes sur de nouveaux marchés.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

« On passe un tiers de sa vie au lit, aime à rappeler Jean-Louis Michel, le dirigeant de Literie Michel. Pourtant, la literie n'est jamais un achat plaisir. Le client veut quelque chose de pas cher, qui dure longtemps et qui offre une bonne qualité de sommeil ! » Face à un marché de la literie « sinistré », l'entreprise d'Yffiniac (Côtes-d'Armor) a choisi une voie originale : elle est mono-fabricant et mono-distributeur et innove sans cesse.

40 recrutements en 15 ans

L'aventure de Literie Michel démarre en 1962 dans le centre-ville de Saint-Brieuc, avec Adrien Michel, fabricant de matelas en laine. Il est rejoint au début des années 1980 par son fils Jean-Louis, tapissier de son état. En 1987, les deux hommes décident de quitter le centre-ville briochin pour installer le site de production et le magasin dans la zone artisanale de Langueux.

« À l'époque, nous étions 7 ou 8, se souvient l'actuel dirigeant. Aujourd'hui, le groupe compte 50 salariés. » Au fil du temps, l'idée de devenir mono-distributeur fait son chemin. « J'ai souhaité maîtriser ma distribution. » En 1995, un magasin est ouvert à Saint-Malo, suivi de deux nouvelles implantations à Lannion en 1997, puis Morlaix en 1998. La société se développe et se retrouve rapidement à l'étroit dans ses locaux de Langueux. En 2000, elle emménage zone de l'Écluse à Yffiniac.

Un développement croissant grâce à l'innovation

Le groupe, qui fête ses 50 ans cette année, affiche un chiffre d'affaires 2011 à 8 millions d'euros et une progression annuelle à deux chiffres depuis 2007. Son secret ? « L'innovation. Nous déposons régulièrement des brevets à l'INPI. » Parmi les innovations récentes, la plate-bande air qui permet de ventiler le matelas, le box lattes, en 2012, un sommier rehaussé avec des pieds en retrait ou encore le tissu en bois pour les sommiers depuis le printemps dernier.

« Ce n'est pas parce que l'on est une petite entreprise que l'on ne doit pas innover. »

« Ce n'est pas parce que l'on est une petite entreprise que l'on ne doit pas innover, insiste Jean-Louis Michel. Nous améliorons d'ailleurs en permanence nos gammes existantes. » Autre force de la PME bretonne, elle est présente sur toutes les technologies de fabrication de la literie, mousse, latex, coton, etc. « Nous travaillons des matériaux nobles comme la soie ou le coton organique issu de l'agriculture biologique. Et tous nos fournisseurs sont européens, allemands pour les tissus, belges pour le latex, espagnols pour les lattes, etc. »

20 % du chiffre d'affaires se fait à paris

Avec une capacité de production journalière comprise entre 100 et 110 matelas, l'entreprise est positionnée sur le créneau des particuliers, avec une clientèle essentiellement régionale. « Nous n'avons pas l'outil de production adapté aux collectivités, même si parfois elles nous consultent pour des conseils. » 20 % du chiffre d'affaires se fait toutefois en région parisienne. « Ce sont des gens qui ont une maison secondaire en Bretagne et qui souhaitent équiper leur résidence principale avec nos produits de literie. » Les accessoires de literie (housses, taies, etc.) représentent également 20 % du chiffre d'affaires.

Une réaction dynamique face à la crise

Lorsque la crise frappe en 2008, Literie Michel réagit en développant deux nouvelles collections: "Ma première literie" en entrée de gamme et "Nature et Végétal" sur le très haut de gamme. Elle développe en parallèle la fabrication de têtes de lit, un nouveau marché sur lequel elle n'était, jusqu'en 2011, pas présente.

« La crise nous a obligés à nous bouger, nous avons su être réactifs. Depuis 2009, nous avons ouvert trois nouveaux magasins à Vannes, Brest et Lorient. Nos prochaines échéances sont Rennes et Nantes en 2013-2014. Chaque ouverture s'accompagne de deux recrutements en production et à 4 à 5 personnes en boutique. » Et pas question de vendre sur Internet ! « Il faut essayer un matelas, c'est quelque chose de personnel. Un produit qui convient à votre collègue ne vous conviendra pas forcément à vous... »

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises