Côtes-d'Armor

Environnement

Les nouvelles ambitions de Guyot Environnement

Par Julien Uguet, le 21 novembre 2019

Suite au rachat de la PME espagnole Hirumet, le groupe Guyot Environnement lance un plan d’investissement 2019-2022 de 5 millions d’euros par an sur ses sites en Finistère, Morbihan et Côtes-d’Armor, ainsi que les constructions en 2020 et 2021 de deux chaufferies biomasse en Bretagne.

Le principal site de Guyot environnement se trouve sur le port de Brest et fait 8 ha.
Le principal site de Guyot environnement se trouve sur le port de Brest et fait 8 ha. — Photo : © Isabelle Jaffré

Des investissements massifs, une diversification vers la production d’énergie en 2020, un rachat en Espagne… Le très discret groupe brestois Guyot Environnement (335 salariés, 182 M€ de CA consolidé) clame désormais ses ambitions haut et fort. Le groupe familial de valorisation de déchets, créé en 1983 par Michel Guyot, est depuis quelques années dirigé par un quatuor : Erwan et Giulia Guyot (deux des trois enfants de Michel) et Frédéric Jestin et Bertrand Le Floch, les deux gendres.
Cette stratégie proactive commence par un plan d’investissement sur les sept sites actuels du groupe, de Brest à Ploërmel en passant par Ploufragan. « Nous allons investir 5 M€ par an sur la période 2019-2022 », indique Erwan Guyot. À Quimper, 3 M€ vont être investis pour agrandir le site d’un 1 hectare et l’équiper d’une presse à balle pour le carton et le plastique.
Guyot souhaite également faire du site de Ploërmel, créé en 2011, un point d’appui pour se développer jusqu’à Vannes et Rennes. Le site va déménager sur un terrain de 3 hectares récemment acquis dans la zone du Bois Vert pour un investissement total de 3 M€.

Producteur d’énergie en 2020

À Poullaouen, le dernier né des sites démontre l’une des nouvelles ambitions de l’entreprise. Guyot Bois Énergie est une plateforme de préparation de bois énergie créée en 2017 par la famille Ropars. Elle permet de gérer 30 000 tonnes de biomasse et fournir l’ensemble des chaudières bois de l’Ouest breton.
Dès 2020, le groupe ira plus loin en devenant producteur d’énergie. Lauréat de l’appel à projets national Biomasse Chaleur Industrie Agriculture et Tertiaire (BCIAT) de l’Ademe, Guyot va créer deux chaufferies en Bretagne pour des clients industriels, en 2020 et 2021. Les investissements représentent 12 M€ pour la première qui alimentera une laiterie en vapeur, et 24 M€ pour la deuxième, qui consommera 32 000 tonnes de combustibles issus des déchets industriels, encombrants et véhicules hors d’usage.

Un pied au Pays basque espagnol

Depuis les années 2000, les dirigeants se sont aussi efforcés de résister aux grands groupes comme Veolia. « Nous avons fait une croissance externe par an en moyenne dans les années 2000 », rappelle Giulia Guyot. Des rachats d’entreprises familiales, à l’image de la leur, qui « préféraient être reprises par une entreprise qui leur ressemble plutôt que par un grand groupe », souligne Erwan Guyot.
Et c’est bien la même mécanique qui a été à l’œuvre dans le dernier rachat en date, beaucoup plus conséquent que les autres, cependant. Fin juin, Guyot Environnement a racheté la PME Hirumet (55 salariés, 80 M€ de CA), basée au Pays basque espagnol. Ce groupe familial est spécialisé, comme Guyot, dans la collecte et la valorisation des déchets et des matières, principalement les métaux. Pour Guyot, il s’agit d’un pari, pas si fou cependant. « Nous ne pouvions de toute façon plus grandir à l’Est, bloqué par les grands groupes. Cela n’aurait pas fait sens non plus de faire faire de la route aux déchets pour les ramener à Brest, là où se trouve notre broyeur. »

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition