Attractivité

L'association de chefs d'entreprise AICB veut de nouveau aider à créer 250 emplois dans le Centre Bretagne

Par Julien Uguet, le 11 mars 2020

Fondée par quatre chefs d'entreprise, l’Association Investir en Centre Bretagne a facilité la création de 250 emplois pour compenser le départ de la plate-forme d'Intermarché de Rostrenen. Elle compte faire aussi bien d'ici à 2022, assure son président Jean-Luc Gilot (Matavicol et Ets Marcel Gilot). 

Jean-Luc Gilot, président de l'AICB.
Jean-Luc Gilot, président de l'AICB. — Photo : @DR

Pouvez-vous nous rappeler les racines de la création de l’Association Investir en Centre Bretagne ?

L’AICB est née en mars 2015, au lendemain de l’annonce brutale du transfert de la base logistique Intermarché de Rostrenen, dans les Côtes-d’Armor. Avec mes collègues chefs d’entreprise, Tony Madic (Intermarché), Jérôme Lejard (Lucia Environnement) et Rozenn Cornec, on a décidé de mettre tout en œuvre pour pallier la perte des 192 emplois programmée dans les trois ans à venir. On ne pouvait pas rester les bras ballants car c’était la mort annoncée de tout un territoire. La dynamique est allée au-delà de nos espérances puisque nous avons contribué à la création de 250 emplois via l’installation de groupes comme Breizh PR et Distrivert mais aussi de nombreuses TPE/PME. Fort de ses résultats, il n’était pas question de laisser retomber la dynamique d’autant que de nombreux projets sont dans les cartons. On s’est donc donné un nouveau challenge : celui de faciliter la création ou la reprise d’entreprises avec 250 emplois supplémentaires à la clé d’ici fin 2022.

Comment expliquez-vous cette réussite ?

Clairement, notre audace collective de se dire que notre territoire méritait mieux que l’image qu’on lui donnait avec le départ d’Intermarché. Après, c’est aussi cette collaboration public/privé avec les élus locaux qui a bien fonctionné. Soyons honnêtes, au départ, on nous a regardés avec beaucoup de circonspection mais rapidement, en prouvant qu’aucun de nous quatre ne tirait la couverture à lui, et que les projets se concrétisaient, les élus ont pleinement soutenu l’AICB. Ils ont notamment été de vrais facilitateurs au niveau administratif afin de ne pas faire traîner les instructions. Enfin, et je pense que c’est le socle même de notre réussite, les porteurs de projet ont apprécié de parler à leurs pairs, des chefs d’entreprise qui comprennent leurs problèmes, qui n’ont rien à leur vendre si ce n’est les atouts d’un territoire, etc.

Comment 4 patrons de PME peuvent agir pour créer 250 emplois sur leur territoire ?

Nous avons beaucoup travaillé pour nous muer en ambassadeur de Rostrenen et du Centre Bretagne en menant des actions de lobbying et cultiver un bouche à oreille payant. Le fait d’être à quatre s’est effectué de manière naturelle et a permis, gros avantage, de maîtriser la confidentialité des dossiers jusqu’à leur concrétisation. On a évité les effets d’annonce et cela a été apprécié. Toutefois, nous n’étions pas vraiment seuls. L’AICB s’est entourée de partenaires locaux experts dans certains domaines que nous ne maîtrisions pas. Nous avons également eu la chance de bénéficier de l’accord de la préfecture pour piloter la cellule de reclassement née du départ d’Intermarché. Cette mission n’a pas été confiée à un cabinet extérieur mais à l’AICB qui a pu recruter un permanent, Rozenn Cornec, pour suivre au quotidien les dossiers des salariés à reclasser et des entreprises à accompagner. Cette mission se poursuit encore quelques mois et nous arbitrerons ensuite dans quelle mesure ce poste peut être pérennisé financièrement.

Jean-Luc Gilot, président de l'AICB.
Jean-Luc Gilot, président de l'AICB. — Photo : @DR

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