Industrie

Laïta : Les sites de Créhen et Yffiniac bien servis

Par Isabelle Jaffré, le 06 juin 2014

Agroalimentaire La coopérative laitière Laïta, basée à Brest, va investir 80 millions d'euros sur deux ans. Les Côtes-d'Armor cumuleront la majeure partie de cette enveloppe sur les sites de Créhen et Yffiniac.
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« Il n'y a pas que des suppressions d'emplois dans l'agroalimentaire breton », défend Christian Couilleau, le directeur général de la coopérative laitière Laïta. Et pour cause, son entreprise vient d'annoncer un investissement exceptionnel de 80 millions d'euros sur deux ans qui seront injectés sur différents sites de la coopérative. Un montant qui s'ajoute au programme de 40 millions d'euros par an de l'entreprise. 100 emplois directs vont être créés. Le plus gros montant, 54 millions d'euros, concerne Créhen qui va se voir équipé d'une nouvelle tour de séchage mixte d'ici fin 2016 : « le totem de Laïta pour le futur », déclare le président de la coopérative, Dominique Chargé. Il est aussi prévu un atelier de boîtage pour le lait infantile et d'un complexe de déminéralisation de lactosérum.




+15 % de capacité

Un deuxième de ces complexes sera installé à Landerneau pour une production dès 2015. Le site finistérien va bénéficier de 18 millions d'euros d'investissement. « Nous allons aussi investir 1 million d'euros à Ploudaniel, 4 millions d'euros à Ancenis et 3 millions d'euros à Yffiniac. Les huit tours existantes vont également être rénovées. ». Au total, d'ici 2017, Laïta comptera entre 12.000 m² et 15.000 m² de surfaces supplémentaires. L'objectif des dirigeants de Laïta est de produire 30.000 tonnes de plus de poudres infantiles en boîtes et poudres de lait premium par an, 7.500 tonnes de lactosérum déminéralisé et de procéder au « cracking » (filtration du lait) de 230.000 litres de lait supplémentaires par jour. Laïta veut gagner 15 % de capacité supplémentaires de traitement du lait et produire de plus en plus ces produits à haute valeur ajoutée.




Marchés en Asie

Cet investissement doit permettre à Laïta de viser de nouveaux marchés existants sur la qualité et la sécurité des aliments, en France, en Europe, et à l'international. En 2013, la coopérative qui réalise 60 % de son chiffre d'affaires (1,2 milliard d'euros) en France. L'Europe représente 22 % et les pays tiers, le reste. Mais ce sont bien ces derniers que les dirigeants de Laïta visent : 80 % des 30.000 tonnes de poudres de lait infantile leur sont destinées. En Chine, où les scandales sanitaires se sont multipliés, la sécurité alimentaire européenne alliée à l'image de la France, font que ces produits sont très demandés. La coopérative brestoise n'est évidemment pas seule à s'être engouffrée dans la brèche. Le géant Synutra compte installer un site à Carhaix. Mais les dirigeants de Laïta se disent sereins : « l'émulation est bonne pour le marché. » Avec une demande sur ces produits soutenue aussi dans toute l'Asie du Nord, du Sud-Est, en Afrique et en Russie, les perspectives sont de toute façon bonnes. Le lait infantile n'est, de plus, pas le seul produit concerné par les investissements. Le but est aussi de développer d'autres ingrédients laitiers secs, un axe stratégique pour faire face, « à la volatilité des marchés ». « Les poudres de lait fermentées, ingrédients très aromatiques entrent dans la fabrication de produits finis tels que les crèmes glacées, les sauces, les fourrages chocolatés et pâtissiers. On les vend à l'industrie agroalimentaire. »




Augmentation de capital

Au final, l'obj

ectif affiché de Laïta est d'améliorer sa rentabilité même si l'entreprise reste toujours discrète sur le sujet dans un marché très concurrentiel. « Pour poursuivre notre route, nous devons continuer de muscler nos deux jambes : le beurre/fromages (Paysan Breton, NDLR) d'une part et ingrédients secs d'autre part. La condition pour gagner la course à la valeur. » La coopérative se prépare ainsi à la fin des quotas laitiers, prévus pour avril 2015. « Cela va entraîner des changements majeurs dans la gestion de nos 3.750 exploitations. Nous voulons garantir à nos exploitants la meilleure valorisation de leur lait. » Pour le moment tout va bien pour la coopérative Laïta, créée il y a cinq ans du regroupement des activités laitières des coopératives Even, Terrena et Triskalia. Elle prépare d'ailleurs une augmentation de capital de 20 millions d'euros. Les trois associés garderaient les mêmes proportions, respectivement 50,7 %, 31,01 % et 18,42 %. Elle a aussi pu emprunter à ses banques 30 millions d'euros pour financer cet investissement de 80 millions d'euros. « Et nous avons fait réaliser un test de résistance à l'entreprise avec différents scénarios de parité euro/dollar, de volatilité, etc. Tout s'est bien déroulé. »

Laïta



(Gouesnou) Président : D. Chargé Dg : C. Couilleau 2.400 salariés Chiffre d'affaires 2013 : 1,2 milliard d'euros 02 98 42 54 25

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