Côtes-d'Armor

Agroalimentaire

La montée en puissance du site Laïta de Créhen se poursuit

Par Matthieu Leman, le 21 juin 2022

Le site Laïta de Créhen ne cesse de grandir. Une troisième ligne de production va être mise en service à la fin de l’année prochaine. Le laboratoire a obtenu l’accréditation pour le référentiel Iso 17 025, qui va lui permettre d’étendre son activité à d’autres sociétés. Depuis 2017, les effectifs ont augmenté de 50 %, accompagnant deux programmes d’investissement de 100 millions d’euros au total.

La gamme Madame Loïk, de la marque Paysan Breton, est née à Créhen, où elle est toujours produite.
La gamme Madame Loïk, de la marque Paysan Breton, est née à Créhen, où elle est toujours produite. — Photo : Emmanuel Pain/Even

Le constat ferait saliver nombre de chefs d’entreprise. "La part de marché de Madame Loïk ne cesse d’augmenter, la gamme est tendance et fonctionne bien. On vend plus qu’on ne produit !" Cette affirmation de Gilles Lerouvillois, directeur du site, explique la montée en puissance de l’usine Laïta (1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2021, 3 150 salariés) de Créhen, qui bénéficie depuis 2020 d’un programme d’investissement de 25 millions d’euros sur trois ans.

Ce cycle s’achèvera à la fin de l’année 2023, avec la création d’une troisième ligne de production au sein de la fromagerie. L’extension dédiée à la production et qui comprendra une ligne de conditionnement ajoutera alors 1 500 m² aux 8 000 m² existants. Ces travaux viennent après la construction de deux bâtiments consacrés à la maintenance et à des bureaux.

2 000 analyses par jour

Mais ce qui mobilise surtout Gilles Lerouvillois en ce début juin 2022 est l’accréditation reçue pour le référentiel Iso 17 025 que vient d’obtenir le laboratoire du site un mois plus tôt. Mis en service en 2017, dans le cadre d’un autre programme d’investissement de 80 millions d’euros qui comprenait également la création d’une tour infantile dédiée à la production de poudres de lait, ce labo de 1 100 m² réalise 2 000 analyses par jour. Soit 90 % des échantillons du site de Créhen mais aussi des prélèvements effectués sur d’autres sites Laïta (il y en a sept en Bretagne, dont Yffiniac et Lanfains dans les Côtes-d’Armor).

Aurélie Lepetit est la responsable des laboratoires costarmoricains de Laïta.
Aurélie Lepetit est la responsable des laboratoires costarmoricains de Laïta. - Photo : Matthieu Leman

"Ce projet d’accréditation Iso 17 025 par le Cofrac a été lancé en 2020", explique Aurélie Lepetit, responsable des laboratoires Laïta dans les Côtes-d’Armor. "Son obtention est une reconnaissance et un gage de qualité et de garantie des résultats." Elle facilitera également les ventes à l’international car l’accréditation est exigée pour pénétrer certains marchés à l’export.

L’entreprise a beaucoup investi dans cet équipement qui bénéficie des technologies les plus récentes (certains appareils valent plusieurs milliers d’euros) et utilise des méthodes comme la chromatographie gazeuse et liquide, la spectrométrie ou le désormais bien connu PCR. 70 salariés y travaillent à vérifier la conformité nutritionnelle et le respect de la sécurité alimentaire. "Ce gage de crédibilité nous permettra de devenir prestataire pour d’autres entreprises, ce qui peut être un levier quand la production est fluctuante", poursuit la Costarmoricaine. Délivrée pour la partie physico-chimie du laboratoire, l’accréditation pourrait être étendue au secteur micro-biologie. Un audit en ce sens est prévu en février 2023. Chaque site Laïta possède son laboratoire, pour des questions de proximité, de rapidité et donc de coût.

Le laboratoire du site Laïta de Créhen a obtenu le référentiel Iso 17 025.
Le laboratoire du site Laïta de Créhen a obtenu le référentiel Iso 17 025. - Photo : Matthieu Leman

Berceau de la gamme Madame Loïk

375 millions de litres de lait passent chaque année par l’unité de production de Créhen. Le site, berceau de la gamme Madame Loïk de la marque Paysan Breton, produit dans sa fromagerie industrielle le fromage à tartiner vendu sous cette marque (un tiers de la production), le fromage à pâte fraîche destiné à la restauration hors domicile et utilisé comme matière première pour l’industrie agroalimentaire (un tiers de la production) et celui destiné à la GMS, sous marque distributeur (dernier tiers). Soit 15 000 tonnes de produits frais par an. La tour infantile, qui fabrique 8 000 tonnes de poudres de lait infantile premium, 4 000 tonnes de poudres de lait, et la tour de séchage qui voit passer 15 000 tonnes de poudres de lait et de lactosérum ainsi que 5 500 tonnes de poudres de caséine et caséinate (des protéines issues du lait) complètent la production du site, dont le nombre de salariés ne cesse de grossir.

"Pas un long fleuve tranquille"

"Nous avons augmenté les effectifs de 50 % en cinq ans", confirme Sylvaine Mary, DRH de Laïta pour ses activités costarmoricaines. 600 collaborateurs travaillent à Créhen et 800 au total sur les trois sites costarmoricains. Et ce n’est pas fini. "35 postes en CDI et CDD sont ouverts, dont 25 sur le site de Créhen, et 24 contrats d’alternance. Ces postes se trouvent dans les unités de production mais aussi au laboratoire et dans les fonctions supports. "Comme dans les autres métiers de l’industrie, nous avons du mal à recruter", reprend la dirigeante. "Mais, même si ce n’est pas un long fleuve tranquille, nous arrivons à le faire. Il faut accepter dorénavant que le profil du candidat ne soit pas totalement en adéquation avec le poste et qu’il faille le former." L’entreprise consacre l’équivalent de 3 % de sa masse salariale en formation.

Entreprise coopérative laitière basée à Brest, Laïta possède quatre grands marchés : les produits de grande consommation, la nutrition santé, les ingrédients laitiers et les aliments jeunes mammifères. Filiale du groupe finistérien Even (2,3 milliards d’euros en 2023, 6 200 salariés), elle exporte 30 % de ses produits, proportion qui passe à deux-tiers pour ceux fabriqués à Créhen, grâce notamment aux poudres de lait.

375 millions de litres de lait, venant de 367 exploitants, sont transformés chaque année sur le site Laïta de Créhen.
375 millions de litres de lait, venant de 367 exploitants, sont transformés chaque année sur le site Laïta de Créhen. - Photo : Photo : Emmanuel PAIN / EVEN

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