Santé

La Coop des Masques mise sur l’inclusion et la solidarité

Par Julien Uguet, le 08 octobre 2020

Portée par une société coopérative d’intérêt collectif, la Coop des Masques veut contribuer à l’indépendance sanitaire bretonne en produisant des marques au juste prix qui favorisent l’insertion sociale et le développement de l’écosystème local.

Patrick Guilleminot, directeur général de La Coop des Masques.
Patrick Guilleminot, directeur général de La Coop des Masques. — Photo : @DR

Alors que le projet d’usine de masques porté par le groupe suisse M3 Sanitrade vient de rentrer dans le concret, avec le début des travaux d’aménagement du site Genesis Baie d’Armor à Ploufragan, celui porté par la Scic La Coop des Masques passe aussi la vitesse supérieure. Le million d’euros nécessaire pour sécuriser les capitaux propres de la coopérative étant désormais réunis, les achats d’équipements et le recrutement de personnel s’est accéléré. L’usine de fabrication de masques chirurgicaux et FFP2, qui s’installe dans les ex-locaux d’Alcatel à Grâces, doit être opérationnelle en décembre 2020. « N’opposons pas les deux démarches car elles ne sont pas concurrentes, précise Patrick Guilleminot, directeur général de La Coop des Masques. M3 Sanitrade porte un concept de volumes, multiproduits pour le marché mondial. De notre côté, nous revendiquons un statut d’acteur local et solidaire au service de l’indépendance sanitaire de la Bretagne. »

Des équipements français

Ce préalable acté, les cinq collèges de sociétaires de la Scic (salariés, collectivités, usagers, citoyens et partenaires) ont décliné un projet industriel qui fait la part belle au made in France. « Pour être honnête, nous avons dû solliciter des équipementiers étrangers car personne d’autre ne nous répondait, ajoute Patrick Guilleminot. L’entreprise Cera Engineering, basée dans la Loire, est finalement revenue nous voir et nous lui avons commandé deux lignes de production qui produiront 45 millions d’unités par an. » Naturellement, La Coop des Masques a également sourcé des fournisseurs français pour les barrettes, les élastiques et le meltbown, le tissu filtrant. « Seul le meltbown spécifique aux FFP2 viendra d’Israël et la machine qui permettra, dès avril 2020, de produire notre propre tissu filtrant sera achetée en Italie. »

Acteur d’inclusion sociale

Sur le volet humain, La Coop des Masques a également souhaité que les valeurs portées par une Scic se retrouvent dans sa politique de recrutement de la trentaine de collaborateurs attendue. « Nous multiplions les réunions d’information avec Pôle Emploi, Cap Emploi et les Missions Locales pour recruter des personnes éloignées du monde du travail, confirme Patrick Guilleminot. Certes, nous avons une obligation de résultat mais notre statut d’entreprise rattachée à l’économie sociale et solidaire nous confère des responsabilités en matière d’inclusion dans l’emploi. »

Des entreprises actionnaires engagées

Portée par un investissement global, qui atteindra à terme 7 millions d’euros, La Coop des Masques espère que la mise en service de l’usine accélérera l’entrée au capital de nouveaux actionnaires. « La Fédération des Hôpitaux de France, Médecin du Monde ou l’Adapei 35 font partie des structures médico-sociales qui nous accompagnent, cite Patrick Guilleminot. Mais nos valeurs parlent aussi à des nombreuses entreprises privées. Je pense à Niji à Rennes ou aux établissements Le Saint à Guipavas. Ils ont compris, qu’avec La Coop des Masques, ils auraient accès à des produits vendus au juste prix, fabriqués localement, disponibles immédiatement et porté par un acteur durablement installé sur le territoire. »

Patrick Guilleminot, directeur général de La Coop des Masques.
Patrick Guilleminot, directeur général de La Coop des Masques. — Photo : @DR

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