Côtes-d'Armor

Agroalimentaire

Interview Julien Le Calvez : " Ce nouvel investissement va permettre à Vitalac d'aller vers de nouveaux marchés "

Entretien avec Julien Le Calvez, DG de Vitalac

Propos recueillis par Néréa Brouard - 09 juin 2021

Spécialisée dans la santé et la nutrition animale, Vitalac, à Carnoët dans les Côtes-d’Armor, compte parmi les entreprises lauréates du plan gouvernemental France relance. Julien Le Calvez, son directeur général dévoile comment il investit pour moderniser son entreprise.

Julien Le Calvez, directeur général de Vitalac.
Julien Le Calvez, directeur général de Vitalac. — Photo : Vitalac

Comment avez-vous accueilli le fait d’être retenu pour être épaulé par le plan de relance ?

Julien Le Calvez : Fort positivement, forcément. C’est une forme de reconnaissance pour l’entreprise, son dynamisme en centre Bretagne et sa dimension internationale. Nous n’avons jamais trop sollicité d’aides mais comme nous avons un plan d’investissement important, c’était une opportunité à saisir. L’aide octroyée, 450 000 €, représente à peu près 10 % de cet investissement, avec lequel nous souhaitons améliorer notre productivité et nous apporter de la compétitivité en changeant des machines, en agrandissant les bureaux… Nous avons déjà investi 8,5 millions il y a quatre ans et demi dans l’outil pour du stockage et une unité de production liquide, au top maintenant.

Quels projets allez-vous pouvoir concrétiser ?

Julien Le Calvez : Ils vont s’articuler autour de nos différentes activités. Nous intervenons pour 35 % de notre activité, en direct auprès de 1 500 éleveurs bovins, porcins et autres, dans toute la Bretagne. Nous avons également une branche de distributeurs revendeurs hors région et travaillons à l’export à un peu plus de 50 %.

L’enjeu, pour nous, est de continuer à gagner des parts de marché sur un secteur, l’alimentation animale, plutôt mature en France. Nous allons renforcer la partie administration et l’équipe sur le terrain pour les élevages, recruter pour des marchés stratégiques à l’export et structurer notre filiale en Côte d’Ivoire. Je n’ai pas encore une idée précise de l’effectif que cela va représenter, mais il a déjà augmenté de 33 % ces cinq dernières années. Nous comptons aujourd’hui 120 employés au sein d’une entreprise familiale fondée, il y a 32 ans, par mon père qui en est toujours le PDG. Nous sommes hybrides. Avec une dimension internationale tout en restant proches de l’humain, de nos équipes, des éleveurs pour qui nous travaillons.

Votre activité a-t-elle été impactée par la pandémie ?

Julien Le Calvez : Pour la première fois en 2020, nous avons dépassé les 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Il était de 44,5 millions en 2018. Une fois passé le choc de l’annonce de confinement, nous nous sommes mobilisés en l’espace de trois jours suite à des demandes de gel hydroalcoolique. Nous avons décidé d’utiliser notre unité liquide de produits nutrition et en avons produit près de 600 000 litres. Ça a contribué à l’évolution importante du chiffre d’affaires tout en faisant 8 % de croissance sur la nutrition animale cette même année. Cette expérience a, en outre, encore plus fédéré les équipes qui se sont toutes mises en mode projet.

Comment envisagez-vous l’avenir ?

Julien Le Calvez : Nous avons des contacts à l’export mais leur confirmation et les commandes ne tomberont que lorsque nous pourrons faire notre métier à l’étranger. Et le deuxième effet Covid sur lequel nous restons vigilants, et qui crée de l’incertitude, c’est l’explosion du coût des matières premières ainsi que la complexité du marché des transports. Depuis deux ans, de par notre connaissance des acides organiques métabolisables et de la maîtrise sanitaire et bactériologique, nous avons par ailleurs développé une nouvelle filiale : Vitalac biotech. Elle propose une expertise sur la gestion des problématiques de pathogènes en industrie agroalimentaire. Sur le même modèle que nos interventions en élevage, nous réalisons des audits HACCP (Système d’analyse des risques et de maîtrise des points critiques) pour des préconisations. C’est une activité qui commence à prendre de l’ampleur avec de nouveaux marchés.

Julien Le Calvez, directeur général de Vitalac.
Julien Le Calvez, directeur général de Vitalac. — Photo : Vitalac

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail