Industrie

Gelec Energy croule sous les demandes de groupes électrogènes

Par Matthieu Leman, le 23 septembre 2022

Gelec Energy, qui prépare, paramètre et met en option les groupes électrogènes fabriqués en Chine qu’elle commercialise, fait face à une "ruée" sur ces produits totalement inédite. Avec 450 groupes en stock et des pièces détachées accumulées pour contrer la hausse des prix, la filiale du groupe 2AST fait face avec sérénité à ce coup d’accélérateur.

Eric Lemoine, directeur de Gelec Energy, gère avec sérénité la "ruée" sur ses groupes électrogènes.
Eric Lemoine, directeur de Gelec Energy, gère avec sérénité la "ruée" sur ses groupes électrogènes. — Photo : Matthieu Leman

Le chiffre exact restera secret "par souci de discrétion pour nos concurrents" mais Gelec Energy (7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021, 25 salariés), qui commercialise et paramètre à Plérin (Côtes-d’Armor) des groupes électrogènes, bénéficie d’une activité inédite par son ampleur et sa soudaine accélération. "Nous n’avons rien connu de comparable dans notre histoire", confirme Eric Lemoine, directeur de la filiale marseillaise (Bouches-du-Rhône) de 2AST. "Depuis début août, nous assistons à une ruée sur les groupes électrogènes. Les ventes ont explosé."

450 groupes électrogènes d’avance

Le dirigeant costarmoricain gère avec sérénité cette frénésie due aux risques annoncés de pénurie d’électricité pour cet hiver. Son entreprise était prête à répondre à une telle demande. "Contrairement à nos concurrents qui sont des multinationales qui fonctionnent à flux tendus, nous avions toujours un stock de 450 groupes d’avance sur l’ensemble de notre gamme pour répondre à la demande", souligne Eric Lemoine. Ce stock a tendance à "fondre" mais il permet de proposer des délais de livraison encore proches : semaine 43 (24 au 30 octobre) pour les machines de 9 à 1 000 KVA (kilowatts Ampère), qui sont fabriquées en Chine puis préparées, paramétrées, testées et mises en option à Plérin. Et début décembre pour les groupes de plus de 1 000 KVA, qui sont fabriqués dans une autre usine du groupe, près de Dreux (Eure-et-Loir).

L’autre gage de sérénité pour le directeur vient du stock de matières premières (métal, boîtier électronique, pièces de moteur…), qui était à un niveau élevé avant la ruée. "Pour contrer la hausse des prix, nous avions commandé de grandes quantités en 2021." Conséquence, l’entreprise a de quoi voir venir. "Nous sommes capables de répondre jusqu’au mois de février 2023. Après, nous pourrions éventuellement rencontrer des problèmes de disponibilité de pièces électroniques." Deux ouvriers supplémentaires sont venus renforcer l’équipe à l’atelier, un troisième pourrait venir, "mais les mécaniciens se font rares sur le marché", assure le dirigeant.

Les grandes surfaces et les éleveurs en force

Quel est le profil de ces entreprises, dispatchées sur toute la France, qui se ruent ainsi sur les groupes électrogènes ? "90 % de ces entreprises, installées partout en France qui se ruent sur les groupes électrogènes "s’équipent car elles ont peur de coupures de courant cet hiver, notamment celles qui possèdent des chambres froides ou des machines outils. Enedis a prévenu les entreprises qu’il pourrait les appeler 24 heures ou 48 heures avant pour les prévenir des coupures", affirme Eric Lemoine. Les groupes électrogènes Gelec Energy disposent de réservoirs intégrés qui peuvent leur permettre de fonctionner jusqu’à 48 heures sans être rechargés. D’autres clients "pourraient se servir des machines pour lisser la hausse des prix de l’énergie, suppose le dirigeant. Ils pourraient être tentés de faire tourner les groupes quelques heures pendant les pics." Les machines fonctionnent au fioul mais ont le potentiel pour fonctionner à de l’huile végétale, "avec la nécessité de réaliser juste un petit réglage. C’est possible en Europe sauf en France et en Belgique…", regrette le dirigeant.

Au niveau national, plus de la moitié des clients de Gelec Energy travaillent dans l’industrie. Les grandes et moyennes surfaces, qui représentent habituellement 20 % de l’ensemble, sont particulièrement actives en ce moment. "Le réseau U s’équipe beaucoup, par exemple." Le domaine agricole fait le forcing également, représentant jusqu’à 40 % des clients bretons, principalement des éleveurs.

Côté coût, le dirigeant de Gelec Energy l’assure : "nous avons gardé nos prix. En revanche, il n’y a plus de négociation." Au-delà de ce coup d’accélérateur, le groupe 2AST (24 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021, 140 salariés), présidé par Armand Alexanian bénéficiera des contrats de maintenance signés lors des ventes du matériel. Il possède dix agences en France, qui commercialisent également, installent et réparent les groupes préparés à Plérin, dont le prix moyen s’élève à 20 000 euros.

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