Culture

Festival Art Rock : une édition limitée mais indispensable pour l'organisateur Wild Rose

Par Matthieu Leman, le 08 septembre 2021

Wild Rose, l’organisateur d’Art Rock, a passé sans encombre la crise sanitaire, grâce à une réduction drastique de ses coûts. L’édition 2021, allégée, était néanmoins indispensable pour l’association de six salariés et importante pour l’agglomération briochine, qui capte la majorité des retombées économiques de l’événement.

Carol Meyer, directrice de Wild Rose, l’association organisatrice du festival briochin Art Rock.
Carol Meyer, directrice de Wild Rose, l’association organisatrice du festival briochin Art Rock. — Photo : Gwendal Le Flem

Carol Meyer le dit sans sourdine : "il fallait une édition 2021 du festival Art Rock coûte que coûte." La directrice de Wild Rose, qui organise l’événement pluriculturel qui se déroule à Saint-Brieuc du 1er au 12 septembre 2021, n’est pas loin du quoiqu’il en coûte du président de la République. Le gouvernement de ce dernier n’est d’ailleurs pas étranger à la tenue de cette "édition limitée" (40 événements au lieu de 70 habituellement, des jauges réduites à 1 000 personnes, étalement sur deux week-ends). "Si la ministre de la Culture n’avait pas annoncé cet hiver que l’État prendrait en charge 75 % du déficit des festivals, nous n’y serions pas allés", concède la jeune femme. Car la présente édition risque d’être déficitaire. "Mais ça ne sera pas catastrophique car les risques sont limités." Le budget a notamment été réduit à 850 000 euros contre 2,8 millions d’euros pour une édition pré-pandémie. "Nous avons rogné sur tout."

Un flux économique de six millions d’euros

Wild Rose, association loi 1901 qui compte six salariés, a fait le dos rond pour passer la crise sanitaire. "Nos assurances ne couvraient pas le Covid", confie la Costarmoricaine. 20 % des dépenses avaient déjà été engagées pour l’édition prévue en mai 2020, finalement annulée. "Nous avons bénéficié du maintien des subventions, procédé à une stricte réduction de nos dépenses et nos mécènes les plus solides ont tenu : ça nous a permis d’équilibrer et de nous en sortir."

Mais une nouvelle année sans festival aurait été de trop. Et dommageable. D’abord pour les 80 000 festivaliers qui assistent habituellement à la manifestation (plus 20 000 participants au festival off). Mais aussi pour l’économie locale. Art Rock, c’est donc normalement un budget de 2,8 millions d’euros, dont 62 % dépensés dans le département, selon le festival. Il se partage entre dépenses artistiques (30 %), techniques (30 %), frais de fonctionnement (30 %) et communication. Les recettes proviennent de la billetterie et buvette (44 %), des mécènes et sponsors (33 %) et des subventions (23 %). L’événement génère également 1,8 million d’euros dépensés par le public et 2,5 millions d’euros de retombées économiques. Au total, Wild Rose évalue à six millions d’euros les flux économiques induits par le festival dans l’agglomération de Saint-Brieuc.

Chaque édition normale du festival fait appel à 136 fournisseurs, dont 64 % se situent dans l’agglomération de Saint-Brieuc, et 127 prestataires (éclairagiste, décorateurs, sécurité, aménagement des sites, location des scènes…), dont 43 % de locaux. Enfin, le club entreprises compte 80 mécènes et une trentaine de sponsors.

Carol Meyer, directrice de Wild Rose, l’association organisatrice du festival briochin Art Rock.
Carol Meyer, directrice de Wild Rose, l’association organisatrice du festival briochin Art Rock. — Photo : Gwendal Le Flem

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