Côtes-d'Armor

Énergie

EXCLUSIF : NewWind : la start-up financée par Arnaud Montebourg en pleine tempête

Par Julien Uguet, le 21 décembre 2016

Mise sous les projecteurs par Arnaud Montebourg, un temps président de son conseil de surveillance, la start-up costarmoricaine NewWind, conceptrice de l’Arbre à vent, a été placée en redressement judiciaire le 14 décembre 2016 par le tribunal de commerce de Saint-Brieuc.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Mauvaise nouvelle pour le candidat à la primaire de la gauche Arnaud Montebourg. La start-up NewWind à Trégueux (Côtes-d’Armor), dont il avait présidé le conseil de surveillance entre octobre 2015 et octobre 2016, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Saint-Brieuc le 14 décembre dernier. L’ex-ministre du redressement productif avait pourtant fait de la PME bretonne, conceptrice de l’Arbre à Vent, l’un des emblèmes du renouveau industriel français, y investissant même 56 000 euros à titre personnel.

Une quarantaine de commandes en cours

Fondée par Jérôme Michaud-Larivière, NewWind portait un concept de mini-éoliennes en forme de feuilles, baptisées Aeroleaf, sensibles au moindre courant d’air et capables en tournant sur elles-mêmes de produire de l’électricité sans nécessité de grand vent. Une quarantaine d’arbres avait été commandée, mais faute d’une trésorerie suffisante couplée à des charges fixes en R&D de plus en plus importantes, la société n’a pas réussi à financer l’étape de production. « Cette nouvelle arrive au mauvais moment car nous étions en pleine levée de fonds de 5 millions d’euros, précise Jérôme Michaud-Larivière, président du conseil de surveillance de NewWind. Nous avons certainement perdu du temps en focalisant notre concept uniquement sur la production d’électricité. Mais l’Arbre à vent c’est plus que cela. C’est un objet connecté design au service de la transition énergétique urbaine. »

Besoin de 1,25 million d'euros à court terme

Pour sauver les 13 emplois en jeu, trois scénarios s’offrent aujourd’hui à NewWind. Le premier, et le plus long, reste la levée de fonds auprès de nouveaux investisseurs mieux ciblés. « Sur le court terme, le besoin en financement afin de lancer la production est de 1,25 million d’euros. » Depuis quatre ans, la PME costarmoricaine est déjà parvenue à lever 2,4 millions d’euros, preuve de son intérêt, lui permettant ainsi de couvrir un passif en constante augmentation (résultat net de – 1,7 million d’euros en 2015 pour un chiffre d’affaires de 205 000 euros).

Un partenariat avec Derichebourg

La seconde option réside dans un apport en industrie réalisée via le partenaire installateur de l’Arbre à vent, le groupe Derichebourg « L’idée est de pouvoir leur confier au-delà du contrat de maintenance et de la pose, l’exploitation via un contrat de leasing. Je suis en contact direct avec eux et j’espère que nous pourrons arriver à une solution pérenne très rapidement. » Enfin, la reprise, totale ou partielle, par un industriel du secteur de l’énergie n’est pas exclue par Jérôme Michaud-Larivière. « L’administrateur nous accompagne pour identifier des partenaires. Cela m’amènera sûrement à perdre la majorité au capital, actuellement de 52 %, mais je me battrai pour cette technologie unique et innovante au monde. »

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