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Télécoms

Ekinops : « L’entrée en bourse a changé le regard des investisseurs et des clients »

Par Julien Uguet, le 02 juillet 2018

L’équipementier télécoms Ekinops, basé à Lannion, a choisi d'entrer en bourse en 2013 pour asseoir son développement.

François-Xavier Ollivier, cofondateur de l'équipementier télécoms Ekinops, à Lannion.
François-Xavier Ollivier a cofondé l'équipementier télécoms Ekinops à Lannion en 2003. — Photo : Ekinops

Équipementier télécoms, fondé à Lannion en 2003, Ekinops est spécialisée dans le transport optique de données. Positionnée sur un marché mondial de plus de 15 milliards de dollars, la société est en concurrence frontale avec des géants du secteur comme les chinois Huawei et ZTE, le suédois Ericsson ou le finlandais Nokia.

Consciente de ses atouts (innovation, réactivité) mais aussi de ses faiblesses (taille critique limitée), la PME bretonne a longtemps couru après la recherche de fonds pour porter sa croissance. « Les premières années, j’ai passé mon temps à Paris à convaincre des investisseurs de nous accompagner, confirme François-Xavier Ollivier, cofondateur d’Ekinops avec Jean-Luc Pamart. C’était un travail long, fastidieux mais toutefois guidé par cet objectif clair dès le début : celui de devenir un acteur majeur du secteur fort d’un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros à l’horizon 2020. »

Des prises de risque de plus en plus importantes

Avec plus de 30 millions d’euros levés en 10 ans, Ekinops décide, en 2013, de se lancer en bourse sur le marché Euronext. « La vie de l’entreprise a toujours été faite de rupture et cette cotation en fait partie, ajoute François-Xavier Ollivier. En 2005, nous avons choisi de doter la société d’un PDG, Didier Brédy, plus chevronné commercialement que les deux fondateurs, au profil davantage technologique. L’année suivante, nous faisions évoluer, à la demande de nos clients, notre organisation en passant du statut de sous-traitant à celui d’intégrateur de solutions complètes. Tous ces choix stratégiques demandaient des prises de risque, managériales mais aussi financières, toujours plus importantes. »

La bourse a financé le rachat d’un concurrent plus gros

Si les débuts en bourse se révèlent timides, servant davantage à financer les efforts de recherche et de développement, Ekinops va brutalement accélérer son calendrier en 2017. « Nous avons ainsi fait appel aux marchés pour dégager les fonds nécessaires au rachat de notre concurrent OneAccess. À notre grande surprise, la demande a été telle que nous avons pu lever deux fois la somme visée. Clairement, la cotation a permis de changer le regard des investisseurs sur l’entreprise et son potentiel. »

La transaction de 58 millions d’euros permet à Ekinops, qui affichait 16 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2016 pour 86 salariés, de se muer en un petit groupe fort de 440 personnes, dont 200 en France, pour 76,3 millions d’euros de chiffre d’affaires. « OneAccess renforce également notre présence en Asie alors qu’Ekinops était plutôt implantée en Europe, aux États-Unis et en Afrique. Cette acquisition va également nous permettre de mieux répondre aux demandes globales de nos clients. »

Longtemps fermées, les portes d’Orange se sont ainsi ouvertes au regard de la taille critique atteinte. « En 2009, un refus nous avait été gentiment formulé car nous n’affichions pas 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Huit ans plus tard, on nous regarde différemment. »

François-Xavier Ollivier, cofondateur de l'équipementier télécoms Ekinops, à Lannion.
François-Xavier Ollivier a cofondé l'équipementier télécoms Ekinops à Lannion en 2003. — Photo : Ekinops

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