Dolmen : Cousu-main et breton!

Par la rédaction, le 02 avril 2010

Créée en 1922 à Guingamp, l'entreprise de confection de vêtements de travail et sportswear Dolmen continue à défendre sa fabrication bretonne. Tout en maintenant ses emplois. Bénédicte Hascoët
Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

C'est en 1922 qu'Émile Julienne, vendeur de tissu en gros dans le centre-ville de Guingamp, crée une manufacture de vêtements. «Depuis 1840, notre famille avait un commerce de vente de crin et cheveux et tissu au mètre», explique Sylvie Le Merrer, actuelle dirigeante de la société et petite-fille d'Émile Julienne. L'entreprise familiale se spécialise dans la conception et la fabrication de vêtements de travail. En 1937, elle devient la SARL Dolmen, dont le gérant est Guy Julienne, l'un des fils du créateur. Il occupera la direction jusqu'à son décès en 1971. C'est un de ses cousins, actionnaire de la désormais SA, qui le remplace.




Développement vers le sportswear

L'arrivée de Bruno Mabin, gendre de Guy Julienne, en 1975 marque une nouvelle étape dans la vie de Dolmen avec la naissance, un an plus tard, de la marque West Men. L'entreprise guingampaise met le pied dans le prêt-à-porter masculin avec des collections sportswear. «Jusque-là, nous ne faisions que des vêtements de travail à destination des entreprises industrielles, des pêcheurs, de l'armée, etc.» L'activité sportswear représente actuellement 20% du chiffre d'affaires (2,4M€ en 2009). Deux nouvelles collections sortent chaque année pour ces deux marques. La création des modèles est collective. «Chacun donne des idées et notre modéliste réalise le nouveau modèle.» Avec une ?contrainte? quant au choix des tissus. «Nous travaillons toujours des tissus assez épais adaptés aux spécificités techniques de nos machines.»




Les soeurs Julienne aux commandes

Les locaux du centre-ville, rue du Maréchal Joffre, devenus trop exigus, sont abandonnés en 1987 pour un nouveau bâtiment de 2.500m² dans la Z.A. Rucaër à Pabu. Un an plus tard, Bruno Mabin décède accidentellement. C'est son épouse Béatrice qui prend sa suite, rejointe quelques mois plus tard par sa soeur, Sylvie Le Merrer, qui devient directrice adjointe. Elles passent à la coupe automatique des pièces de vêtements en 1999. Et si les métiers évoluent, l'effectif se maintient à une cinquantaine de salariés, «comme à la fin des années 60».




Faire face à la concurrence étrangère

Les deux soeurs lancent, ensemble, S'Capade, une marque de prêt-à-porter féminin en 2004. «À l'époque, nous vendions moins de prêt-à-porter masculin. Nous perdions également des marchés avec de grosses entreprises comme Guy Degrenne ou les Eaux Cristalline. Il était nécessaire de trouver de nouveaux débouchés.» Car la concurrence est rude avec l'apparition de vêtements très bon marché, fabriqués... ailleurs qu'en France. Béatrice Maubin et Sylvie Le Merrer s'intéressent au négoce (actuellement 30% du CA), avec des produits finis sous la marque Terre de granit (pulls, sous-vêtements, parkas, etc.) dès 2003. Aujourd'hui, la part du vêtement de travail représente 50% du CA avec des clients implantés dans le grand ouest, de la Normandie à la Vendée. Dolmen vend auprès des entreprises, des coopératives agricoles et maritimes, des camions-magasins, des magasins indépendants, des collectivités. Et même «si l'année 2009 a été difficile», les entreprises bretonnes continuent à «jouer le jeu de la fabrication locale.» Ainsi 70% de l'activité est réalisée en Bretagne et 34% pour les seules Côtes-d'Armor. Depuis 2008, Sylvie Le Merrer est seule à la tête de l'entreprise familiale (sa soeur est présidente de la SAS). Engagée dans une démarche de développement durable, elle continue à se battre pour le maintien des emplois.

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