Côtes-d'Armor

Agroalimentaire

Point de vue De Bourbriac à Lescar, le mariage contrarié de Stalaven

Par Julien Uguet, le 06 juin 2019

Le projet de réorganisation des filiales alimentaires du groupe Euralis est en mesure de menacer le mariage, pourtant prometteur, de la coopérative avec Stalaven.

L'édito
L'édito — Photo : Le Journal des Entreprises

Fondateur du groupe Stalaven, Jean Stalaven était un visionnaire pragmatique. Une qualité qui avait permis au charcutier de Bourbriac de construire, en soixante-cinq ans, l’un des fleurons de l’agroalimentaire français, fort de 1 400 salariés pour 225 M€ de chiffre d’affaires en 2009. À cette période, en quête d’un partenaire pour donner une nouvelle dimension au traiteur costarmoricain, la famille Meuriot-Stalaven avait décidé d’unir son destin avec celui de la coopérative Euralis, basée à Lescar (Pyrénées-Atlantiques). Sur le papier, le mariage était séduisant. La lune de miel fut de courte durée.

Julien Uguet, journaliste et responsable d'édition Côtes-d'Armor au "Journal des Entreprises".
Julien Uguet, journaliste et responsable d'édition Côtes-d'Armor au "Journal des Entreprises". - Photo : Séverine Gervois Taquet Photographe

En opposition frontale avec leur nouvel actionnaire, Thierry et Franck Meuriot, petit-fils de Jean Stalaven, quittent rapidement le navire, entraînant dans leur sillage la majeure partie des cadres historiques de l’entreprise familiale. « Christian Pèes, le président d’Euralis, m’avait confié vouloir faire de son groupe et de Stalaven le "Veolia" de l’agroalimentaire, confirmera Thierry Meuriot dans une interview au Journal des Entreprises en 2018. Je pense qu’il a créé le "Titanic" de la filière. »

Confrontée à des pertes importantes, tutoyant 180 M€, Euralis est contrainte de revoir ses ambitions à la baisse. Au cours de la décennie 2009-2019, les fermetures d’usines et le plan de sauvegarde de l’emploi s’enchaînent. Le troisième PSE en cours est, cette fois, marqué par une réorganisation des filiales du groupe qui esquisse les contours d’un divorce potentiel avec Stalaven si les conditions le nécessitaient. Une option totalement exclue par la direction d’Euralis. Pourtant, malgré des investissements majeurs, de nature à le conforter, le navire amiral d’Yffiniac n’a jamais autant tangué, soixante-quinze ans après sa création...

 

L'édito
L'édito — Photo : Le Journal des Entreprises