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Interview Coronavirus - E-Loft : « En huit jours, les fonds du prêt garanti par l'Etat étaient versés par nos deux banques »

Entretien avec Philippe Roué, cogérant d'E-Loft

Propos recueillis par Julien Uguet - 28 avril 2020

Le constructeur de maisons modulaires en bois E-Loft, basé à Ploufragan (Côtes-d’Armor), a été l’une des premières entreprises du département à solliciter un prêt garanti d’État (PGE). Pour l’un de ses gérants, Philippe Roué, cette décision est une mesure de bon sens tant la situation économique est incertaine.

Philippe Roué, cogérant d'E-Loft à Ploufragan.
Philippe Roué, cogérant d'E-Loft à Ploufragan. — Photo : @DR

Pourquoi avoir sollicité auprès de vos deux partenaires bancaires un prêt garanti par l’État ?

Philippe Roué : Il nous est apparu de bon sens, avec mon associé Édouard Lefébure, de mettre en œuvre toutes les mesures proposées par l’État pour soutenir l’économie. Quand je vois toutes les solutions à disposition, qui sont certes perfectibles – mais personne n’a jamais vécu une crise pareille —, je suis heureux d’être installé en France. Au même titre que les reports de charges ou de prêts bancaires, le PGE est un outil adapté à l’urgence de nos situations. Ne pas s’en saisir aurait été une faute en tant que chef d’entreprise.

La mise en place du PGE s’est-elle bien déroulée ?

Philippe Roué : Nous avons sollicité nos deux partenaires historiques, le Crédit Agricole des Côtes-d’Armor et la Banque Populaire de l’Ouest. En moins de huit jours, les dossiers avaient été instruits et les fonds versés. Par prudence, nous avons fait la demande dans l’enveloppe maximum, à savoir 25 % de notre chiffre d’affaires (12 millions d’euros en 2019 soit 3 millions d’euros, NDLR) sans en débloquer la totalité. Cette option nous permet d’adapter nos besoins de trésorerie éventuelle au regard de la reprise de la facturation.

Car vous êtes partis de l’hypothèse la pire, à savoir zéro chiffre d’affaires sur trois mois…

Philippe Roué : Qui pouvait savoir dans les premiers jours d’avril où nous allions ? Personne. Nous avons choisi de positionner notre business model avec un chiffre d’affaires à zéro et nous avons réfléchi aux charges à couvrir sur un horizon à trois mois. Ce scénario du pire est celui que nous avons présenté aux banquiers en visioconférence et qu’ils ont validé sans exigence plus forte ou contraignante qu’un prêt traditionnel.

La période actuelle vous a même permis de faire entrer un nouveau partenaire bancaire et de lancer des investissements…

Philippe Roué : Nous discutions avec la Société Générale depuis l’année dernière et la banque a acté de son soutien en plein Covid-19. C’est une véritable marque de confiance pour l’entreprise et son concept inédit de maisons modulaires en bois. Tous ces soutiens nous ont permis d’accélérer des investissements actés mais accélérés par la mise en place des mesures sanitaires à l’usine. De deux lignes de production, nous passerons dans quelques jours à quatre lignes, en cours d’installation. C’était nécessaire pour mettre en adéquation distanciation sociale de notre centaine de salariés et conservation de notre productivité. Nous avons la chance d’avoir un carnet de commandes bien rempli, avec un prévisionnel de 200 maisons vendues en 2020 contre 130 en 2019, ce qui nous a permis d’étaler la production.

Philippe Roué, cogérant d'E-Loft à Ploufragan.
Philippe Roué, cogérant d'E-Loft à Ploufragan. — Photo : @DR

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