Côtes-d'Armor

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Interview Coronavirus - BricoNett Propreté : « Je rouvre l’entreprise car mes concurrents prennent nos clients »

Entretien avec Maxime Redouté, dirigeant de BricoNett Propreté

Propos recueillis par Julien Uguet - 20 mars 2020

Face à la crise du coronavirus, l'entreprise de nettoyage BricoNett Propreté, basée à Plérin (Côtes-d'Armor), avait stoppé toutes ses activités, à l’exception d’un service minimum pour ses clients indispensables à la vie de la Nation. Deux jours plus tard, Maxime Redouté, dirigeant de la PME de 80 salariés, a été contraint de rouvrir ses portes face à une concurrence exacerbée. 

Maxime Redouté, dirigeant de BricoNett Propreté à Plérin.
Maxime Redouté, dirigeant de BricoNett Propreté à Plérin. — Photo : Julien Uguet / Le Journal des Entreprises

Le Journal des Entreprises : Vous avez pris le parti de fermer votre entreprise de nettoyage BricoNett Propreté le 17 mars à midi avant de la rouvrir le 19 mars. Pour quelles raisons ?

Maxime Redouté : Mardi midi, je suis parti du principe qu'il était de notre responsabilité, en tant qu’employeur, de montrer l’exemple et, dans le contexte actuel, et de mettre nos salariés en sécurité. J’avais pris la décision de fermer l'entreprise pour cette raison principale. Je le voyais comme un rôle citoyen. Et puis le 19 mars, face au flou devant nous, notamment en matière de prise en charge du chômage partiel, j'ai rappelé tous mes salariés et mes clients. J'ai constaté que si je n'intervenais pas chez eux, ce sont mes concurrents qui le faisaient. Quelle solidarité !

Pourtant, cette réouverture totale s'organise autour d'une activité partielle ?

Maxime Redouté : Effectivement, mon activité reprend mais 70 % de mon parc client est toujours fermé. J'avais pourtant pris le parti de conserver un service minimum pour s’occuper des contrats d’entretien des sites clients indispensables à la vie de la nation, comme les supermarchés. Nous avions aussi conservé un service sur la gestion des containers d’ordures ménagères dans les copropriétés que nous nettoyons, en espérant que le service de collecte ne soit pas stoppé.

Comment avez-vous organisé l’entreprise ?

Maxime Redouté : A l'heure actuelle, je n'ai pas suffisamment de masques et de combinaisons pour mes agents qui tournent dans plusieurs résidences et entreprises par jour. Toutefois, nous sommes partis du principe que tous les salariés seront payés à la fin du mois de mars, chômage partiel ou pas. Pour y parvenir, en accord avec la banque, nous avons fait bloquer l’ensemble de nos prélèvements, sachant qu’il réside une incertitude sur le fait que nos clients puissent nous régler les prestations déjà réalisées. C’est nécessaire pour conserver une trésorerie minimum pour verser les salariés. À date, nous avons environ deux mois de trésorerie devant nous.

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