Saint-Brieuc

Commerce

Commerces vides en ville : Saint-Brieuc s'enfonce

Par Julien Uguet, le 06 avril 2015

Pour la cinquième année consécutive, Saint-Brieuc enregistre une nouvelle hausse, de 11 %, du nombre de ses commerces vides. 149 cellules sont actuellement inoccupées soit plus d'un quart de l'offre commerciale de la ville.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Avec 149 cellules vacantes comptabilisées en mars 2015, soit 15 de plus sur un an, le centre-ville de Saint-Brieuc affiche un taux de mitage commercial aussi historique que catastrophique. Voilà le principal enseignement de la cinquième édition du baromètre « Commerce à Saint-Brieuc », publié en exclusivité par Le Journal des Entreprises des Côtes-d'Armor et dont l'objectif est de mesurer le dynamisme de la préfecture départementale.

De 89 à 149 commerces vides en seulement cinq ans

Avec désormais plus d'une cellule sur quatre vide (25,3 % soit 3 points de plus sur un an), le commerce briochin confirme sa perte de vitesse entamée depuis 2011. Le taux de mitage était à l'époque de 15,1 %, un niveau déjà relativement élevé. Loin d'être un scoop, ces chiffres permettent de quantifier le mal qui ronge le centre-ville en sortant des simples impressions.

En effet, au-delà du nombre de cellules, c'est la progression sur cinq ans, une courte période en matière économique, qui fait froid dans le dos et sur laquelle personne, ni élus ni commerçants, ne semble avoir de prise : 89 magasins vides en 2011, 95 en 2012, 108 en 2013, 134 en 2014 et enfin 149 cette année.

Les cafés et restaurants rentrent dans le dur

Plus de 10 950 m² de murs commerciaux sont actuellement inoccupés, soit l'équivalent du centre commercial Les Champs. Tous les secteurs restent concernés même si celui des cafés, hôtels et restaurants connaît une inflation sans précédent : 30 cellules contre 22 en 2014, soit près de 20 % de l'offre commerciale vacante. Après avoir été en partie épargnés depuis 2008, les restaurants sont rentrés dans le dur au deuxième semestre 2014.

Si certains sont repartis de l'avant (reprise de la brasserie des Champs, plan de continuation pour les Bains, etc.), d'autres ont eu moins de chance : Victor (ex-Barreau), l'Épicerie, Folies Café, La Croissanterie, etc. La crise traversée par le secteur est d'ailleurs structurelle puisque même des établissements implantés en périphérie, comme le Bendinat (placé en redressement judiciaire en février 2015), souffrent.

Près de 50 % des cellules sont dans l'hyper-centre

Les quatre grandes zones qui composent l'aire étudiée par notre baromètre, calquée sur le périmètre Fisac de la ville de Saint-Brieuc, offre également des disparités criantes. Longtemps pointé du doigt comme le vilain petit canard, le bas de la ville, autour de la rue des Trois-Frères-Le-Goff, est revenu à des niveaux identiques à 2011 (32 cellules vides). À côté de cela, l'hyper-centre, construit autour des artères piétonnes de Saint Guillaume et de Charbonnerie, affiche la progression la plus spectaculaire : 30 commerces vides en 2011... 69 quatre ans plus tard ! Derrière, le quartier de Gouédic, porté par la rue du même nom, continue d'offrir une entrée de ville calamiteuse, et celui de la gare espère que l'arrivée du train à grande vitesse à l'horizon 2017 lui permettra de se relancer.

Une dynamique collective à instaurer

Une fois ce constat réalisé, reste aujourd'hui à s'engager dans une démarche de relance globale. Dans une situation de crise, la tentation de l'affrontement direct est forte. En témoigne le récent recours de l'union du commerce de Saint-Brieuc contre l'autorisation accordée au groupe Carrefour d'agrandir, de six cellules commerciales supplémentaires, sa galerie marchande. Au lieu de reporter la faute sur d'autres, il faut déjà « balayer devant sa porte » diront certains.

Dans cette logique, Le Journal des Entreprises propose six pistes pour alimenter la réflexion. Au même titre que des initiatives privées, comme le bail précaire dit « à l'américaine », proposé par le Crédit Agricole des Côtes-d'Armor sur ses trois cellules du centre-ville, la réponse au mal du commerce briochin ne peut être que rapide et collective. Sinon, l'an prochain, fort à parier qu'une dizaine de commerces supplémentaires viendra s'ajouter au bataillon inoccupé de 2015.

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