Côtes-d'Armor

Biotech

Antofénol valorise le bois des vignes

Par Julien Uguet, le 15 juillet 2019

L'entreprise Antofénol a déménagé de Montpellier à Plestan, dans les Côtes-d'Armor, pour développer industriellement son process de valorisation des bois taillés de vigne. Elle a levé 1 million d'euros et vient d'installer une nouvelle ligne de production de conservateurs naturels de vin.

Dans le laboratoire de la société Antofénol dans les Côtes d'Armor
La nouvelle ligne d'Antofénol à Plestan (Côtes-d'Armor) permettra de produire 10 kg de conservateurs naturels de vin par jour issus de bois de taille pour le marché des cosmétiques. — Photo : @DR

La créatrice

Fanny Rolet, 30 ans, est diplômée d’un master en biotechnologie, biotraçabilité et biodiversité décroché à l’université des sciences et technologies de Montpellier. Elle a complété son cursus scientifique par un second master en management et administration des entreprises. Originaire d’Avignon, Fanny Rolet a fondé la SAS Antofénol en 2014 avec le soutien de l’université de Montpellier.

Le concept

Antofénol est spécialisée dans la valorisation des bois de taille afin d’en extraire des conservateurs naturels de vin, dont les polyphénols possèdent des propriétés antifongiques et antioxydantes. « Nous avons breveté un process unique qui mêle, en une étape, les technologies micro-onde, ultrason, vide et brassage. Notre objectif a été de proposer sur le marché des molécules naturelles extraites sans solvant. » En transposant le système de défense naturel de la vigne sur les fruits et légumes, Antofénol est présenté comme une réponse aux pertes après récoltes dues aux moisissures, ainsi qu’à celui du retraitement des déchets. Elle a baptisé sa première molécule active Antoférine.

Les perspectives

En attendant de bénéficier de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) de son Antoférine, qui n’interviendra pas avant 2024-2025, Antofénol s’est développé dans les cosmétiques. « Les AMM sont plus faciles à décrocher et nos produits rentrent dans la composition de crèmes de soin par exemple. » La dernière levée de fonds d’un million d’euros, réalisée en 2019, s’est notamment effectuée auprès d'un industriel parisien des cosmétiques. « Des business angels ont également réaffirmé leur soutien », fait savoir Fanny Rolet, qui conserve les commandes de l’entreprise avec 64 % du capital.

La dirigeante, récemment installée à Plestan, confie avoir trouvé en Côtes-d’Armor un écosystème unique, comparé à Montpellier. « Le soutien à l’innovation et l’envie d’entreprendre sont importants. Il y a une vraie culture de la prise de risque, de la mise en réseau, etc. J’ai facilement trouvé ce bâtiment de 1 000 m² sur lequel 1,2 million d’euros a été investi pour le mettre aux normes, en échange d’un engagement de location de 9 ans. Je compte bien m’installer durablement dans le département. »

La nouvelle ligne devrait à terme permettre à Antofénol de produire 10 kg d’Antoférine par jour. « Le plan d’investissement à horizon 2025 prévoit déjà de nouvelles levées de fonds afin d’atteindre, via de nouveaux équipements, une tonne par jour. C’est ambitieux mais le marché, en France et à l’export, est immense. » En 2018, la PME et ses 7 salariés ont réalisé un chiffre d’affaires de 180 000 euros. Une performance déjà dépassée au premier semestre 2019.

Dans le laboratoire de la société Antofénol dans les Côtes d'Armor
La nouvelle ligne d'Antofénol à Plestan (Côtes-d'Armor) permettra de produire 10 kg de conservateurs naturels de vin par jour issus de bois de taille pour le marché des cosmétiques. — Photo : @DR

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Recevez chaque vendredi le Débrief, l'essentiel de l'actualité économique de votre région.