Urbanisme commercial : Stop aux implantations et aux extensions

Par Orianne Esvan, le 07 janvier 2011

L'agglomération bordelaise est suréquipée en surfaces commerciales. La Cub souhaite donc adopter une charte qui fixe les règles pour les années à venir. Stabilisation des grands pôles commerciaux et développement des commerces de proximité sont les maîtres-mots.
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises


Toulouse 1.088m², Nantes, 1.051m², Bordeaux 1.207m² pour 1.000 habitants. La densité commerciale de l'agglomération bordelaise est largement supérieure à celle de villes comparables. La Cub compte ainsi huit grands pôles commerciaux dont quatre (Bordeaux-Lac, Mérignac Soleil, Rives d'Arcins et Mériadeck) réalisent 50% du chiffre d'affaires commercial qui s'élève à 4,7Md€ par an.




Une agglomération suréquipée

Ces cinq dernières années, plus de 182.000m² commerciaux ont été acceptés sur la Cub, soit 20% du parc actuel. Et ce n'est pas près de s'arrêter puisque selon une étude menée par la CCI de Bordeaux, 15 projets pour un total de 160.000m² sont d'ores et déjà acceptés en CDAC et sept autres pourraient être autorisés à moyen terme pour une surface d'environ 200.000m². «Nous sommes clairement suréquipées en surfaces commerciales et nous devons stopper cette course à l'échalote du toujours plus», explique Vincent Feltesse, le président de la Cub qui a décidé d'agir. Les services de la Cub planchent ainsi depuis près d'un an, en partenariat avec les communes, la CCI et la Chambre de métiers, sur une charte de l'urbanisme commercial. De ce point de vue, l'agglomération bordelaise est en retard puisque des villes comme Lyon, Rennes ou Nantes possèdent ce type de charte depuis longtemps. Mais à Bordeaux, un consensus a toujours été difficile à trouver. Le moratoire établi en 2005 qui visait à empêcher toute implantation de plus de 20.000m², n'a eu que des effets limités sur le nombre de projets acceptés en CDEC puis CDAC.




Réforme du droit de l'urbanisme commercial

«Aujourd'hui, les choses ont changé car il existe une réelle volonté politique d'agir», précise un des responsables du dossier à la Cub. Mais il existe surtout une fenêtre de tir légale. En effet une proposition de loi relative à l'urbanisme commercial, élaborée par Patrick Ollier, prévoit de réformer le droit de l'urbanisme commercial en l'intégrant dans le code de l'urbanisme. Les règles fixées par la charte seraient donc à terme inscrites dans le plan local d'urbanisme des communes ce qui rendrait les choses plus contraignantes. Si cette charte est adoptée comme prévu le 21janvier en conseil de Cub, elle fixera donc les règles d'urbanisme commercial de demain.





Que dit cette charte? Trois points clés sont à retenir. Premièrement, le ?gel? ou tout du moins la ?stabilisation? des grands pôles déjà existants. En clair, il n'y aurait plus d'augmentation de surfaces (hypermarchés ou galeries marchandes) au-delà des projets déjà autorisés. Des extensions pourraient être acceptées seulement si elles contribuent à moderniser un point de vente vieillissant. Ne pourraient se créer que des concepts innovants qui apportent une valeur ajoutée au consommateur. Lors de la présentation de la charte aux commerçants le 3décembre, c'est ce point qui a fait polémique, certains goûtant peu le mot gel et arguant qu'il ne faudrait pas empêcher les entreprises de se développer (lire ci-contre). Deuxième point clé: maîtriser le développement des centres commerciaux intermédiaires surtout sur la rive gauche. Pour finir: renforcer le commerce de centre-ville et les petits centres commerciaux de proximité avec possibilité de création de nouveaux pôles dans des nouveaux quartiers comme Ginko, Euratlantique ou Bassins à flot.




Trouver un équilibre

«Le modèle des grands centres commerciaux consommateurs de mètres carrés qui font la part belle au tout voiture est obsolète, explique un responsable du dossier à la Cub. Désormais nous devons penser le développement du commerce dans une logique d'aménagement du territoire. À l'avenir, il faut mutualiser les fonctions et créer de la ville en faisant cohabiter harmonieusement l'habitat, le commerce et les bureaux.La Cub n'a aucune volonté de stigmatisation des centres commerciaux. Elle veut simplement trouver un équilibre.»

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