Bordeaux

Commerce

Portée par Carrefour, So.bio accélère son développement

Par Anne Cesbron, le 30 septembre 2021

La société So.bio, réseau de magasins bio, ambitionne de doubler ses points de vente, et passer de 51 à 90 en 2022. Depuis Canéjan, siège de l’enseigne rachetée par le groupe Carrefour en 2019, son développement s’appuie sur l’ouverture de magasins intégrés, le rachat de points de vente existants et la croissance du nombre de ses franchisés.

Benoit Soury, président de So.bio, directeur du marché bio chez Carrefour. 
Benoit Soury, président de So.bio, directeur du marché bio chez Carrefour.  — Photo : DR

Bien manger, sain, frais, bio et local… Martelé par le plan stratégique 2022 du géant de la grande distribution, le mantra du groupe Carrefour semble tout droit éclos des préceptes natifs de la société girondine So.bio. Créée en 2005 par Nathalie et Jean-Marc Lachat, l’enseigne a ouvert ses premiers magasins au Haillan puis à Pessac. L’ambition des fondateurs consistait alors à rendre la bio accessible au plus grand nombre à travers un modèle de distribution proposant, saison après saison, des produits de qualité à prix modéré.

Carrefour pour tuteur

En avril 2019, l’entreprise et ses huit points de vente répartis entre la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie rejoignaient le sillon bio du groupe Carrefour, devenant ainsi une filiale de l’enseigne. Le siège de So.bio (43 M€ de chiffre d'affaires en 2019 avant le rachat par Carrefour) migrait de Pessac à Canéjan. Deux ans plus tard, la société dirigée par Thierry Castillo exploite, dans toutes la France, 51 magasins, dont trois parisiens. Seize franchises ont participé à cette fulgurante et discrète poussée, qui se traduit dans le même temps par des surfaces de vente passées de 5 000 à 25 500 m2. Dans le contexte troublé que l’on sait, l’année 2020 a vu l’ouverture de 19 nouveaux magasins.

So.bio exploite l’enseigne Bio C’Bon

Au-delà de la croissance organique et du lancement du réseau de franchises, le développement de la société girondine a été complété par des rachats. Ainsi, fin 2020 étaient glanées l’occitane Bioazur et ses cinq magasins à Albi, Castres et Revel ainsi que le réseau Bio C’Bon, devenu concurrent. Avec l’acquisition de ce concurrent, la société So.bio exploite désormais deux enseignes : So.bio pour des magasins de périphérie de ville, entre 500 et 800 m2 de surface de vente, et Bio C’Bon fort de ses 103 points de vente de 200 à 300 m2 en centre-ville. Dans le panier de la société, on trouve à ce jour près de 150 magasins dont 130 succursales, 16 franchises en So.bio, et trois franchises en Bio C’Bon. "Nous restons bien sûr attentifs à d’autres opportunités d’acquisitions, cela fait partie de la stratégie d’entreprise de grandir par la création en franchises ou de magasins intégrés, les options de rachat constituant une deuxième opportunité. Il en existe une troisième, c’est l’affiliation de magasins existants qui portent d’autres enseignes ou qui sont indépendants et qui font le choix de rejoindre So.bio dans le cadre d’un contrat de franchise", détaille Benoit Soury, directeur du marché bio chez Carrefour et président de So.bio. Des affiliations de ce type seraient en cours de signature pour des sites qui restent pour l’heure confidentiels, mais se trouvent "globalement sur la façade ouest de la France", concède le monsieur bio du groupe Carrefour.

Pour exploiter ces enseignes et les 130 points de vente de la société, un millier de collaborateurs forment désormais les rangs de So.bio, dont une centaine rattachée au siège social de Canéjan. Les 900 autres salariés sont répartis dans les magasins exploités en intégré. "Quarante magasins supplémentaires vont venir enrichir le parc dans les 18 mois qui viennent", annonce Benoit Soury. Ces ouvertures le seront pour moitié en franchises.

Nouvelles terres à défricher

"Aidée par l’expertise de Carrefour, la société accélère pour renforcer la présence de So.bio et Bio C’Bon partout en France. Bien présents sur les régions bordelaises et toulousaines, nos actes de renforts ont principalement concerné les régions parisienne et Rhône-Alpes", rappelle Benoit Soury. "Notre développement se fait plutôt par opportunités et est lié aux porteurs de projets en franchises. On ne vient pas avec une idée préconçue pour être absolument à tel endroit, selon ce que nous dirait un master plan. C’est aussi une particularité de l’enseigne, la qualité des rencontres et des tandems à mettre en œuvre avec les porteurs de projets. Les dernières ouvertures le prouvent, nous nous sommes implantés en Savoie à Saint-Jean-de-Maurienne, et en Vendée à Challans". Les nouvelles terres à défricher le seront fortement dans le Sud-Est et dans le Centre de la France.

Creuser le sillon du développement

Se présentant avec la casquette de leader du bio en France, le groupe coté Carrefour avance dans ses données publiques un chiffre d’affaires de 2,7 milliards d’euros pour le segment bio en 2020, fort d’une croissance de plus de 15 %. "Notre objectif est de dépasser les quatre milliards en 2022. Et So.bio représente une part significative dans cette croissance compte tenu du développement de son réseau ", cède Benoit Soury.

"Carrefour a racheté So.bio et ne lui a donné qu’une seule ambition c’est de gagner en taille. Carrefour joue un rôle d’actionnaire, mais n’a pas pour volonté d’interférer dans la stratégie de développement, d’animation de réseau, mise en œuvre par So.bio", poursuit-il, assurant que le siège social demeurerait quant à lui bien planté en terres Canéjanaises.

Benoit Soury, président de So.bio, directeur du marché bio chez Carrefour. 
Benoit Soury, président de So.bio, directeur du marché bio chez Carrefour.  — Photo : DR

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