Michel Ohayon : Le boss de l'immobilier

Par Orianne Esvan, le 05 novembre 2010

Propriétaire du Regent Grand Hôtel, à la tête d'une fortune estimée à 450M€, le Bordelais Michel Ohayon dirige un groupe d'immobilier commercial présent dans huit pays. Ses prochains défis: mener à bien les travaux de l'Auditorium de Bordeaux et diversifier ses investissements.
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Michel Ohayon est un homme très occupé, toujours entre deux avions et jamais très loin de son Iphone même s'il avoue être «nul en nouvelles technologies». Pourtant lorsqu'on le sollicite pour une longue interview afin de dresser son portrait, la 82e fortune de France au classement 2010 du magazine Challenge, donne sans difficulté un rendez-vous dans la semaine au Regent Grand Hôtel de Bordeaux, bien sûr. «Cet hôtel est une très grande fierté» dit-il. Et pour cause, Michel Ohayon qui en est le propriétaire, y a consacré 9ans de sa vie et 60M€ pour en faire un palace unique au coeur de Bordeaux. «Ce n'est pas le projet de ma vie car tant que je serai en vie justement, et que j'aurai cette capacité à rêver, à imaginer, je m'en servirai pour faire des choses. Mais c'est vrai que j'y suis très attaché. Je sais qu'on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais moi, je voudrais bien que tout le monde l'aime car cet hôtel est un message d'amour!»




Un commerçant dans l'âme

Amour, passion, plaisir, des mots qui viennent souvent à la bouche de ce bouillonnant homme d'affaire bientôt cinquantenaire, qui a bâti sa fortune en faisant des affaires dans l'immobilier commercial au début des années 90. Son groupe Financière immobilière bordelaise est présent dans une trentaine de villes dans le monde à travers une vingtaine de SCI. Toujours plein de projets même s'il se défend d'être un bourreau de travail - on a du mal à y croire-, Michel Ohayon passe d'une idée à une autre toutes les secondes. Alors quand on lui demande simplement de se présenter, il doit s'arrêter quelques minutes. «Je suis un fils de marchands de tissu, né au début des années 60 à Casablanca, que ses parents rêvaient médecin mais qui est finalement un commerçant dans l'âme.J'ai toujours eu la bosse du business qui est pour moi la plus belle aventure moderne.» Une aventure qu'il avait d'ailleurs débutée sur les traces de ses parents en ouvrant une boutique Daniel Hechter à Mériadeck en 1984 avant de finalement opter pour l'investissement immobilier.




«J'ai le cuir bien tanné»

Sans oublier Bordeaux, Michel Ohayon vit à Paris depuis 4 ans, «Paris est un accélérateur de business. Et puis en province, on est facilement sous les feux de la rampe et des critiques. À Paris, on est plus noyé dans la masse. J'ai le cuir bien tanné mais je n'oublie pas les quolibets.» De qui parle Michel Ohayon? L'intéressé sourit mais ne répondra pas à la question. Aurait-il des difficultés à accepter la critique? «Je veux bien accepter la critique mais pour moi ce qui compte, c'est le résultat final. Quel grand groupe se serait lancé dans ce projet?» Allusion au chantier de l'Auditorium qui vient de reprendre après plusieurs mois d'arrêt (voir ci-contre) «Ce qui est sûr, c'est que la prochaine fois, je ferai plus facile!» Et plus facile ce n'est pas forcément en France. «Le marché de l'investissement est mondial désormais et le problème en France, ce sont les lourdeurs administratives!» À la question: «En quoi croyez-vous?» Michel Ohayon répond: «Je crois en Dieu. Je ne sais pas comment font ceux qui n'y croient pas parce que si je n'y croyais pas, je mènerai une vie sans foi ni loi, je serai un bandit comme Al Capone! Croire induit un certain comportement, une certaine retenue, une pudeur que je pense avoir.»

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