Libourne : Le réveil économique a sonné

Par Yann Buanec, le 27 mars 2017

Fini la rivalité avec Bordeaux. Libourne souhaite profiter du rayonnement de la capitale régionale pour attirer les entreprises, et lance de nombreux projets d'équipements ou d'infrastructures pour impulser une nouvelle dynamique.
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

Les temps changent. Il y a quelques années encore, Libourne se construisait en opposition à Bordeaux. La méfiance était de mise vis-à-vis de la puissante capitale régionale, aussi bien à la Mairie qu'à la CCI. Désormais, c'est en partenaire de Bordeaux que Libourne souhaite apparaître. Philippe Buisson, le maire et président de la Cali (Communauté d'agglomération du Libournais) y est pour beaucoup (Lire ci-contre). Marc Prikazsky, vice-président de la CCI Bordeaux-Gironde, également. Aux manettes depuis 3 ans, Philippe Buisson a construit son projet autour de quatre priorités : réhabilitation du centre-ville, transformation des berges, capitalisation sur l'identité viticole et mise en valeur du patrimoine historique. Le nombre de touristes augmente, or selon Philippe Buisson, « la capacité hôtelière de la ville est insuffisante ». Le projet de réhabilitation de l'Esog doit apporter une solution à cette carence. La Financière Vauban souhaite investir 40 millions d'euros sur place, pour ouvrir un complexe hôtelier et un petit palais des congrès (Voir ci-dessous).




Une pépinière d'entreprises en centre-ville

L'Esog devrait également accueillir une pépinière d'entreprises. « Notre objectif est de proposer 2.000 m² aux entreprises, déclare Philippe Buisson. Bordeaux attire les entreprises mais propose des prix de loyers assez élevés. Libourne peut être une solution pour les sociétés en émergence ». La future structure sera pilotée par la Cali. Viendra-t-elle compléter ou concurrencer la pépinière de la CCI basée à Libourne ? « De plus en plus de personnes se lancent dans l'entrepreneuriat, mieux vaut avoir trop de services à leur offrir que pas assez, considère Marc Prikazsky. La pépinière de la CCI affiche complet et doit être refaite. Je vais discuter avec le président de la Cali pour voir si nous avons des choses à faire ensemble. Dans un contexte où les moyens se raréfient, il faut toujours réfléchir aux solutions les plus intelligentes ».




Développer l'aérodrome

Du côté de la CCI, on réclame également le développement d'infrastructures. Et les projets ne manquent pas : le contournement de Bordeaux par l'Est est remis à l'ordre du jour (Voir ci-contre), la gare sera desservie par la LGV à partir du 2 juillet, et l'aérodrome doit connaître de nombreux investissements. « Je me suis rendu cumpte à l'occasion de mes voyages à l'étranger qu'un aérodrome a un réel intérêt, spécifiquement quand une métropole équipée d'un grand aéroport est située à côté, explique Marc Prikazsky. Mais encore faut-il que l'infrastructure dispose des équipements adéquats ». Or l'aérodrome de Libourne ne dispose pas à ce jour des installations nécessaire à l'accueil d'avions d'affaires. « Nous enregistrons 3.000 atterrissages par, plutôt en avion de tourisme, explique Jérôme Mériot, directeur. Nous disposerons d'un balisage pour les atterrissages tardifs à partir du mois d'avril. Et nous étudions la possibilité de disposer d'une station Jet A1 (carburant pour aviation d'affaires, NDLR) et d'un guidage GPS ».




Zones d'activités

Si le projet est accueilli avec bienveillance par Philippe Buisson, celui-ci ne mettra pas un euro sur table. Et pour cause, l'aérodrome est situé sur la Communauté de communes voisine, celle du Grand Saint-Emilionnais. C'est donc avec cette collectivité qu'un financement est à l'étude, ainsi qu'un projet de zone d'activités. Trois thématiques pourraient être retenues : l'économie circulaire, la viticulture et l'aéronautique (des discussions sont en cours avec Aerocampus).




7,6 ha aux Dagueys pour les entreprises

Sur le territoire de la Cali, c'est la zone d'activités des Dagueys qui devrait être agrandie. 7,6 ha seront viabilisés à côté du futur centre nautique pour accueillir neuf ou dix entreprises. 7 ha privés ont également été identifiés aux Pradasses. En parallèle, une 2e phase de 5ha verra le jour prochainement à Saint-Denis-de-Pile.



Yann Buanec

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