Gironde

Réseaux économiques

Les sociétés de la CCI Bordeaux Gironde perturbées par la crise

Par Anne Cesbron, le 25 septembre 2020

Report des chantiers de l'aéroport, menaces sur la navette Air France, événementiel en berne... la CCI Bordeaux Gironde revient sur les turbulences qui secouent ses filiales depuis les premiers jours de la crise sanitaire. Le classement de la Gironde en zone d’alerte renforcée ne devrait rien arranger.

Pour Patrick Seguin, les chefs d'entreprise ont besoin " d'écoute, d'expertise, d'accompagnement personnalisé. Pour certains il s'agit aussi d'envisager de changer de métier".
Au rang des rares notes d'espoir, à propos du plan d'investissements pour l'aéroport, Patrick Seguin se félicite : « Nous avons sanctuarisé les 169 millions prévus en décembre dernier ». — Photo : JDE

Alors que la Gironde, placée en zone d’alerte renforcée, doit mettre en place de nouvelles mesures sanitaires, Patrick Seguin fait part de sa stupéfaction, regrettant l’absence de concertation. « Le Premier ministre nous avait pourtant dit que les décisions seraient prises depuis les territoires, auprès des préfets », s’étrangle le président de la CCI Bordeaux Gironde. Au sujet des restrictions « encore floues, tombées de Paris » qui frappent les bars et restaurants, Patrick Seguin l’assure : les professionnels de la filière « sont fous furieux », notamment ceux regroupés sous la bannière du collectif "Resto Ensemble" du chef Philippe Etchebest. « On avait cru comprendre qu’il valait mieux que les gens se rendent dans des structures qui respectaient les règles sanitaires », poursuit-il, las, redoutant par ailleurs des réactions vives de la rue.

Un atterrissage à environ - 30 millions d’euros

C’est dans ce contexte, « sans grande visibilité », que la Chambre consulaire a présenté les premiers indicateurs quant à l’état de ses différentes filiales. Deuxième actionnaire de l’aéroport de Bordeaux, la CCI prépare ses comptes au regard des chiffres mirifiques de 2019 : « Nous allons finir l’année avec environ 3 millions de voyageurs contre 7,5 millions. Nous redescendons au niveau de 2007, celui des débuts de la Société aéroportuaire ». Pourtant, en conseil de surveillance du 16 septembre, « et c’est une note d’espoir, nous avons gravé dans le marbre les 169 millions d’investissements prévus dès décembre dernier ». Le chantier du parking silo, en lieu et place des loueurs de voitures, ne sera certes pas lancé. En revanche, les investissements liés à l’environnement (traitement des eaux, panneaux solaires…) devraient rapidement être transformés, les appels d’offres sont d’ores et déjà publiés. L’agrandissement du terminal Billi attendra que le trafic reprenne. Actuellement, une soixantaine de vols quotidiens sont programmés contre plus de 200 avant la crise. « Après une très bonne année 2019 et plus de 10 millions de résultat, nous serons entre - 28 et - 32 millions d’euros », annonce Patrick Seguin qui souhaiterait savoir « si l’État, actionnaire majoritaire, dispose d’un plan pour l’aéroport si la société était en cessation d’activité ».

Un autre sujet inquiète quant aux perspectives du tarmac, celui lié à l’avenir de la navette Air France dont la suppression a été annoncée dans le cadre du plan de sauvetage de la compagnie nationale. « J’ai demandé qu’une réunion de travail soit organisée d’ici fin novembre », explique le président souhaitant que soient maintenus trois vols le matin et trois le soir en semaine entre Bordeaux Mérignac et Orly.

Événementiel : des annulations en trombe

Les cieux ne sont pas plus favorables sur le segment de l’événementiel. La société dédiée " Bordeaux Palais de la Bourse" qui a organisé 327 manifestations payantes en 2019, n’en compte que 23 cette année. « Les annulations se succèdent. C’est une structure de plus que l’on gère qui va être en négatif, comme l’aéroport et Vinexpo », souffle Patrick Seguin.

L’occasion d’évoquer les vins et spiritueux, les salons en visio-conférence à développer, les dégustations à distance, et l’édition bordelaise à reconfigurer sous forme d’un salon d’affaires. Alors, si le ciel s’éclaircit, si les risques sanitaires s’éloignent, il faudra à la CCI Bordeaux-Gironde s’atteler à la création d’une "semaine mondiale du vin à Bordeaux". Un grand événement annuel en trois temps distincts qui proposerait une convention BtoB, un salon et la Fête du vin. Alors si et seulement si…

Pour Patrick Seguin, les chefs d'entreprise ont besoin " d'écoute, d'expertise, d'accompagnement personnalisé. Pour certains il s'agit aussi d'envisager de changer de métier".
Au rang des rares notes d'espoir, à propos du plan d'investissements pour l'aéroport, Patrick Seguin se félicite : « Nous avons sanctuarisé les 169 millions prévus en décembre dernier ». — Photo : JDE

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail