Bordeaux

Numérique

Le pourboire comme unique source de revenu pour HelloAsso

Par Anne Cesbron, le 01 octobre 2019

Proposant gratuitement des services en ligne aux associations, HelloAsso se rémunère uniquement au pourboire. Un modèle qui est en train de faire ses preuves et qui ouvre de belles perspectives de croissance à la PME bordelaise. 

Léa Thomassin, directrice générale, (en photo) a fondé Hello Asso, plateforme de paiements pour les associations, aux côtés d'Ismaël Le Mouël à Paris. A Bordeaux depuis , l'entreprise a pris ses quartiers béglais au sein de la Cité numérique en septembre 2019.
Léa Thomassin, directrice générale, (en photo, debout) a cofondé HelloAsso, plateforme de paiements pour les associations à Paris. A Bordeaux depuis 2013, l'entreprise a pris ses quartiers béglais au sein de la Cité numérique en septembre 2019. — Photo : Anne Cesbron

Le béton au sol est marqué des traces récentes du déménagement. Des câbles courent encore au plafond. L’entreprise HelloAsso vient de fêter ses dix années d’existence et son installation au sein de la Cité numérique à Bègles. Après avoir grandi dans les espaces partagés de Darwin, cette nouvelle étape est l’occasion de passer de 400 à 1 200 mètres carrés de plateaux et de bureaux rien qu’à elle. « Nous vivons une période exaltante, mais aussi assez déstabilisante. Nous avons accueilli 35 nouveaux collaborateurs ces douze derniers mois », confie Léa Thomassin, directrice générale et cofondatrice de HelloAsso aux côtés d’Ismaël Le Mouël. L’entreprise a ainsi vu ses effectifs passer de 15 à 70 salariés ces deux dernières années. Cette croissance s’explique par la multiplication des services en ligne que propose gratuitement la PME bordelaise aux associations : billetterie et boutique en ligne ainsi que des outils permettant de recueillir des adhésions, de collecter de dons ou de mener des campagnes de financement participatif.

Un premier échec

Ce panel de services s’est constitué bien après les premiers pas parisiens de l’entreprise en 2009. « Nous avons connu trois années de traversée du désert. Notre projet initial était de développer une signature solidaire des e-mails. Cela a été un échec commercial. En revanche, nous avons identifié un manque flagrant de solutions de paiement en ligne pour les associations, confrontées par ailleurs aux commissions exorbitantes des banques et acteurs classiques », se souvient Léa Thomassin. En 2012, un premier module de paiement pour collecter des dons est alors imaginé et proposé gratuitement. L’accueil est immédiat, en six mois 300 associations s’inscrivent. Un repositionnement stratégique s’impose alors, la décision de s’installer à Bordeaux est prise en 2013. L’équipe quitte La Ruche, coworking parisien dédié à l’innovation sociale, pour poser ses PC à Darwin, les trois associés d’HelloAsso étant originaires de Bordeaux, de Toulouse et du Pays basque.

Deux millions de pourboires

Le choix d’un modèle gratuit pour les associations est alors définitivement arrêté. Toute somme récoltée via les outils de paiement d’HelloAsso est ainsi intégralement reversée à l’association, sans frais ni commissions. Comment donc l’entreprise se finance-t-elle ? « Une personne sur deux fait le choix de laisser un pourboire à la plateforme au moment de son paiement. C’est notre unique source de revenu », rappelle Léa Thomassin. En moyenne, l’utilisateur verse 1,80 euro par transaction. Un montant qui reste stable ces dernières années. Le volume des sommes collectées, lui, double chaque année. De 30 millions d’euros en 2017, il est passé à 60 millions en 2018 et sera de 120 millions en 2019, porté par les 5 000 nouvelles associations qui frappent chaque mois à la porte de HelloAsso pour s’y inscrire.

Viralité des dons

Fini le temps où seules les grosses ONG peuvent procéder à des campagnes de collecte, armées de moyens humains et logistiques colossaux. Fini le temps également où l’engagement s’inscrit dans une démarche individuelle, voire pudique par l’envoi d’un chèque une fois par an… « Le digital a tellement apporté au secteur associatif en termes de professionnalisation et en démocratisant la collecte de fonds, permettant aux plus petites structures d’y prétendre », assure Léa Thomassin. Ce séisme numérique s’est accompagné d’une révolution des mentalités, avec les réseaux sociaux comme caisse de résonance. « Hier, on ne prenait pas son chèque en photo pour communiquer sur son don. Aujourd’hui chaque individu est en mesure d’induire une dynamique de viralité. Mais attention, le marché du crowdfunding stagne. C’est sur nos autres verticales que nous progressons », insiste la dirigeante.

La billetterie et la gestion des adhésions représentent aujourd’hui 70 % de l’activité de l’entreprise pour un chiffre d’affaires prévu en 2019 de 3,5 millions d’euros, contre 2,4 en 2018. « On doit atteindre l’équilibre en 2020. Nous accompagnons 82 000 associations sur les 1,3 million que compte la France. Il nous reste beaucoup de travail à réaliser ». Pour ce faire, HelloAsso veut capitaliser sur la confiance acquise dans le secteur et sur ses quatre antennes ouvertes en 2018, à Nantes, Lille, Lyon et Montpellier, au plus près des besoins locaux. 

Léa Thomassin, directrice générale, (en photo) a fondé Hello Asso, plateforme de paiements pour les associations, aux côtés d'Ismaël Le Mouël à Paris. A Bordeaux depuis , l'entreprise a pris ses quartiers béglais au sein de la Cité numérique en septembre 2019.
Léa Thomassin, directrice générale, (en photo, debout) a cofondé HelloAsso, plateforme de paiements pour les associations à Paris. A Bordeaux depuis 2013, l'entreprise a pris ses quartiers béglais au sein de la Cité numérique en septembre 2019. — Photo : Anne Cesbron

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