Gironde

Agroalimentaire

Le Petit Basque fait le pari du lait végétal et du bio

Par Anne Cesbron, le 27 septembre 2018

L'entreprise agroalimentaire Le Petit Basque a inauguré l'extension de son usine de Saint-Médard d'Eyrans, en Gironde. Cet investissement de 9 M€ fait suite au rachat de la PME en 2014 par le groupe finistérien Sill. Le spécialiste des desserts à base de lait de brebis dévoile sa stratégie : diversification vers les laits végétaux et croissance de la part de sa production bio.

La nouvelle ligne de production de l'usine Le Petit Basque à Saint-Médard-d'Eyrans, en Gironde.
Un investissement de 3 M€ a été consacré à la nouvelle ligne de production de l'usine Le Petit Basque à Saint-Médard-d'Eyrans (pour 9 M€ d'investissement total). — Photo : Anne Cesbron - Le JDE

Les desserts fabriqués à Saint-Médard-d’Eyrans ont de "basque" le nom des fondateurs de l’entreprise. L’histoire débute en 1950. La famille Alcachebury s’installe à Talence avec, dans ses besaces, la recette du caillé de brebis. Monsieur y organise la collecte du lait, quand madame fait du porte-à-porte pour confectionner ses yaourts directement dans les cuisines de ses riches clients. Une décennie passée, la fabrication se mécanise, la marque Le Petit Basque voit le jour et est apposée sur chaque pot conique en carton paraffiné. Trois repreneurs plus tard, ce sont aujourd’hui jusqu’à 10 000 unités qui sont conditionnées par heure, sept jours sur sept, soit 15 millions de tonnes de lait transformées par an.

Des capacités de production doublées

Les prémisses de ce succès, Denis, le petit-fils Alcachebury, aime à les conter à grand renfort de délicieuses anecdotes. Il y est question de courage, de savoir-faire et de traditions. Un cocktail de valeurs qui n’est pas sans déplaire à Gilles Falc'hun, PDG du groupe breton Sill (1 400 salariés, 450 M€ de CA), qui a racheté en 2014 Le Petit Basque (160 salariés, 56 M€ de CA). L’histoire de l'entreprise girondine est ancrée dans un territoire, un terroir ; c'est aussi le credo de Sill. « Nous avons décidé il y a dix ans d’investir dans des marques à forte identité régionale. Elles apportent de la visibilité et de la marge », décrit ainsi Gilles Falc'hun, évoquant les desserts Malo et le beurre Le Gall, autres marques stratégiques du groupe.

Pour Le Petit Basque, ce sont 9 M€ sur quatre ans qui ont ainsi été investis par Sill, avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine et le fonds européen agricole pour le développement rural. A la clé : 1 500 m2 entièrement réaménagés et une extension 1 000 m2 sur la zone industrielle La Prade, afin d’y moderniser les lignes de production et d’accueillir une nouvelle ligne de conditionnement. Ces investissements vont permettre de doubler la capacité de production des pots en carton, de traiter de nouveaux formats de pots en verre actuellement vendus par deux (et qui le seront prochainement par quatre, voire par six). De nouvelles recettes vont également être élaborées, telles que des mousses au chocolat. D’ores et déjà, l’implication du groupe dans la PME girondine porte ses fruits : Le Petit Basque a vu son chiffre d’affaires doubler en quatre ans (56 M € en 2017) et 47 nouveaux emplois ont été créés, portant les effectifs à 160 salariés. Une quinzaine de postes opérationnels sont actuellement à pourvoir.

Développer le lait végétal

Leader sur l’ultra frais en lait de brebis avec 58 % de parts de marché - marques de distributeurs comprises -, l’entreprise basée depuis 1995 à Saint-Médard d’Eyrans entend conserver sa place sur ce segment à forte croissance (+ 10 à 15 % par an). « Lors du rachat en mai 2014 nous sentions venir le développement des laits alternatifs. Nous recherchions la puissance d’un groupe familial pour nous aider », se souvient Hubert Martin, ancien dirigeant de l’entreprise, désormais directeur du site de Saint-Médard-d’Eyrans. « Aujourd’hui, nous sommes en mesure de suivre le marché du lait de brebis, tout en développant le végétal », poursuit-il.

Dans un premier temps, le transfert de la production des desserts "végétaux" conçus par les ateliers bretons de Sill a été engagé vers Saint-Médard-d’Eyrans. Dans la foulée, de nouvelles recettes ont été créées sur ce même site. La marque June est lancée en avril 2018, proposant des desserts à base de riz, de lait d’amande ou de lait de coco. « June n’en est qu’au démarrage, avec 18 000 tonnes produites en 2018. Avec cette marque, le Petit Basque va continuer à développer les laits végétaux », rappelle Gilles Falc'hun, qui n’exclut pas l’introduction du bio dans les prochaines recettes végétales Le Petit Basque.

Le bio en croissance

En effet, la diversification à l’œuvre concerne fortement la part du lait biologique. Sa croissance dépendra notamment des capacités nouvelles de collecte du lait. Aujourd’hui, sur 111 producteurs de lait de brebis sous contrat exclusif qui fournissent le Petit Basque, 40 sont certifiés bio, soit 25 % de la production.

Pour répondre aux attentes environnementales et éthiques grandissantes du consommateur, de nouvelles conversions en agriculture biologique sont en cours en Dordogne et en Aveyron, d’où est originaire 90 % du lait de brebis. Signe que le lait de brebis bio a trouvé son marché, une référence bio a été hissée à la deuxième place des produits les plus vendus deux ans seulement après sa commercialisation.

La nouvelle ligne de production de l'usine Le Petit Basque à Saint-Médard-d'Eyrans, en Gironde.
Un investissement de 3 M€ a été consacré à la nouvelle ligne de production de l'usine Le Petit Basque à Saint-Médard-d'Eyrans (pour 9 M€ d'investissement total). — Photo : Anne Cesbron - Le JDE

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