Bordeaux

Infrastructure

Le mécénat fait rayonner la Cité du Vin

Par Astrid Gouzik, le 03 avril 2018

Pour son exploitation, la fondation pour la culture et les civilisations du vins de Bordeaux s'appuie sur les dons des entreprises pour équilibrer son budget. Lors de la phase de construction, le mécénat avait déjà permis de financer 19 % du projet. 

La Cité du vin, à Bordeaux
Le mécénat par des entreprises privées est un pilier du modèle économique de la Cité du vin de Bordeaux : il permet de financer 9 % de son budget total. — Photo : Anaka/La Cité du Vin/XTU architects

N’importe quel aficionado vous le dira. Déguster un grand cru classé au bout de deux ans, c’est prendre le risque de ne pas l’apprécier à son apogée. Mais ses arômes, même trop verts, laissent imaginer tout le potentiel du nectar. Il en est de même pour la Cité du Vin de Bordeaux, qui soufflera ses deux bougies en juin. Trop tôt pour en tirer des conclusions sur la solidité du modèle mais suffisant pour affirmer que la cuvée 2017 est réussie. Les objectifs sont atteints : « Nous avons enregistré 450 000 visiteurs en 2017, nous en espérions 430 000 », se satisfait Géraldine Clerc, directrice du mécénat à la Cité du Vin. Et heureusement, puisque le modèle économique de la fondation repose à 70 % sur les recettes de la billetterie. 9 % du budget total est apporté par les ventes de la boutique du musée, environ 7 % par la privatisation d’espaces et 4 % par la concession des espaces de restauration. Outre ses recettes propres, la Cité du Vin équilibre son budget grâce aux dons privés issus du mécénat, un pilier de son modèle économique. Il permet de financer 9 % de son budget total.

Rayonnement du territoire

Lors de la phase de construction, 80 entreprises mécènes avaient déjà apporté près d'un cinquième des 81 millions d’euros qu’a coûté l’édifice. Parmi elles, beaucoup de négociants et de châteaux bordelais comme le Château Cos d’Estournel ou les vignobles Bernard Magrez. Et aujourd’hui encore, pour faire vivre le musée et sa centaine de salariés, le musée compte sur les dons des entreprises. Des domaines viticoles toujours, mais aussi des banques, des sociétés de services, des promoteurs immobiliers… Finalement ce monument qu’Alain Juppé rêvait en emblème de la ville n’est pas réservé aux seuls châteaux. « Les entreprises locales sont fières de contribuer au rayonnement du territoire et de soutenir la Cité. Mais nous avons aussi réussi à attirer des mécènes implantés ailleurs en France, ou à l’étranger. Un mécène américain nous a soutenus dès l’étape de la construction », raconte Géraldine Clerc.

Distingué par le National Geographic

Un don généreux et philanthrope ? Certes, mais il n’est pas sans intérêt pour l’entreprise. « La Cité est reconnue fondation d’utilité publique. Il existe donc une disposition fiscale qui permet aux mécènes, quand ils donnent 100 euros, de bénéficier de 60 euros de crédit d’impôt », explique-t-elle. Par ailleurs, la Cité leur octroie une contrepartie équivalant à environ 20 % de leur don. Elles peuvent ainsi privatiser un espace pour un séminaire ou bénéficier de billets d’entrée pour leurs salariés. « Tout type d’entreprise peut décider de soutenir la fondation en faisant un don entre 5 000 et 50 000 euros ». Si la fondation compte autant sur le mécénat, c’est aussi parce qu’elle ne reçoit aucun financement public. « Pour un établissement culturel, c’est très rare », appuie Géraldine Clerc. Mais il n’y a pas qu’au niveau du financement que la Cité du Vin a su se distinguer de ses homologues. Fin 2017, elle a été classée 7e meilleur musée du monde par le magazine National Geographic.

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